Les corps de 24 personnes, dont 11 mineurs et six étrangers, ont pu être identifiés après l'incendie mortel d'un bar à Crans-Montana en Suisse.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 10:17 | mis à jour aujourd'hui à 12:42 - Temps de lecture :

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Les corps de 24 personnes parmi lesquels 11 mineurs et six étrangers ont pu être identifiés après l'incendie meurtrier en Suisse d'un bar de Crans-Montana la nuit de la Saint-Sylvestre, qui a fait 40 morts et 119 blessés, a annoncé ce dimanche la police cantonale du Valais. Outre les huit Suisses précédemment identifiés, les autorités cantonales ont annoncé l'identification de 10 autres Suisses (quatre femmes et six hommes) âgés de 14 à 31 ans, de deux Italiens de 16 ans, d'un Français de 39 ans, d'un ressortissant ayant la double nationalité italienne et émiratie de 16 ans, d'un Roumain de 18 ans, et d'un Turc âgé de 18 ans.

À ce jour, l'identité de 11 mineurs a pu être établie. Vendredi, la police avait annoncé avoir formellement identifié 113 des 119 blessés. Parmi eux se trouvent 71 Suisses, 14 Français (16 selon le ministère français des Affaires étrangères samedi), 11 Italiens, quatre Serbes, mais aussi un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais. Plusieurs patients grands brûlés ont été transférés dans des hôpitaux en France, en Belgique, en Allemagne et en Italie.

Les hommages se multiplient devant le bar incendié. Photo Sipa / Antonio Calanni

Les hommages se multiplient devant le bar incendié. Photo Sipa / Antonio Calanni

Une messe très suivie dans la station

La station alpine de Crans-Montana célebrait ce dimanche la mémoire des 40 morts lors d'une messe. La messe dominicale à l'intention des victimes a été suivie d'une marche silencieuse à laquelle ont participé plusieurs centaines de personnes dans Crans-Montana, jusqu'à la chapelle ardente installée à proximité du lieu du drame. « Les objectifs des médias du monde entier sont braqués sur notre station. Merci à eux de solliciter la compassion dont les familles des victimes blessées ou défuntes ont tellement besoin », a déclaré pendant l'office Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion. « Parmi les victimes, beaucoup étaient apprentis, collégiens collégiennes, étudiants », a rappelé le pasteur Gilles Cavin, représentant l'Eglise réformée de Suisse. Dans une église bondée, il a souligné que « nous sommes ici pour dire que face à l'indicible, face à la brutalité de la mort et à la souffrance nous ne voulons pas détourner le regard. Nous sommes ici pour dire notre compassion, notre proximité ».

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L'église, située à 300 mètres du bar, était pleine à craquer bien avant le début de la messe, retransmise sur un écran géant à l'extérieur. Malgré des températures descendant jusqu'à -9 °C, des centaines de personnes se tenaient dehors, certaines des bouquets de fleurs à la main, d'autres une simple rose rouge. Des secouristes en uniforme ont marché ensemble vers l'église, leurs casques à la main.

L'enquête se poursuit

Selon les premiers éléments et témoignages, des bougies incandescentes, fixées sur des bouteilles de champagne placées trop près du plafond du sous-sol du bar Le Constellation, seraient à l'origine du drame qui s'est déroulé la nuit de nouvel an. Les autorités suisses ont ouvert une enquête pénale contre les deux gérants français du bar, accusés d'« homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence ». Avant d'envisager un éventuel procès, cette enquête devra établir la responsabilité de ce couple, Jacques et Jessica Moretti, et portera sur les travaux effectués au sein de l'établissement, les matériaux utilisés, les autorisations d'exploiter et les mesures de sécurité.

L'enquête se penchera également sur la pose au plafond de la mousse acoustique qui s'est très rapidement embrasée. Elle déterminera si ce matériau insonorisant était conforme aux normes et s'il est à l'origine de la catastrophe. La question de la praticabilité de la sortie de secours est également posée par des témoignages. Mais les autorités n'ont rien dit à ce sujet pour l'instant. Le président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a assuré de son côté à la radio-télévision publique suisse RTS qu'il n'y avait eu aucun laxisme de la part de sa commune.

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