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«Stranger Things: The Rightside Up», imparfait, frustrant mais attachant

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On espérait une finale à la Six Feet Under (comprendre : parfaite) tout en craignant qu’elle ne soit à la Lost (comprendre : décevante). On se retrouve plutôt entre le meilleur et le pire avec Stranger Things: The Rightside Up (Le monde à l’endroit), mis en ligne pendant le réveillon du jour de l’An, sur Netflix où les fans se sont précipités. Résultat : quelques heures plus tard, ça se déchire sur les médias sociaux, à savoir si c’était génial et désastreux (comprendre : un cas de figure à la Bye-Bye).

Que dire de cet immensément attendu épisode 8 de la cinquième et dernière saison de la série phénomène sans en divulgâcher les moments clés ? Que les jumeaux Matt et Ross Duffer, scénaristes et réalisateurs de cette finale, ont choisi la voie de The Lord of the Rings / Le seigneur des anneaux plutôt que celle de Game of Thrones / Le trône de fer. Et que la chanson Heroes de David Bowie, qui clôt l’épisode et la série, est tout simplement parfaite. Pour ses paroles (We can beat them for ever and ever / Oh, we can be heroes just for one day) et pour la nostalgie qu’elle invoque dès ses premières notes.

Or la nostalgie, faut-il le rappeler, est au cœur de Stranger Things. Et c’est là qu’elle frappe, fort et bien, dans ses ultimes minutes comme dans tout son parcours étalé sur dix ans pour les spectateurs. Lesquels en attendaient la conclusion depuis trois ans et demi.

Pour installer cette saison 5, imaginons un entre-deux monde quelque part entre le monde à l’envers (horrifique) et le monde à l’endroit (idéal). C’est dans cet espace « médium saignant » qu’elle campe, divisée en trois « tomes » à la façon d’une trilogie.

La saison 5

Un premier mettant la table, se concluant sur l’un des meilleurs épisodes de la série, Sorcerer / Sorcellerie, où Will (Noah Schnapp) se révélait de façon inattendue. Tous les espoirs étaient permis. On prenait d’un pas sûr la route menant à l’anéantissement des plans de Vecna (Jamie Campbell Bowen), quels qu’ils soient.

Un deuxième (où Will se révélait encore, mais d’une autre façon) dans lequel pleuvaient les explications (roulement des yeux) et qui plaçait les (très) nombreux personnages aux endroits stratégiques en vue du combat final. Perdant en chemin plusieurs d’entre eux : Onze (Millie Bobby Brown), Hopper (David Harbour) et Joyce (Wynona Ryder) étaient relégués au troisième plan ; quant à la Dr Kay (Linda Hamilton), « grande méchante » de la saison, on se questionne toujours sur son utilité… à part permettre à une figure iconique de la science-fiction horrifique d’être de la distribution. Le résultat, en particulier l’épisode 7 réalisé par Shawn Levy, était bancal en rythme, en contenu et en réalisation.

Reprenant les rênes derrière la caméra pour l’ultime tour de piste, les Duffer font de leur mieux pour mettre de l’avant ce qu’ils ont appris de Steven Spielberg. L’influence du maître se sent entre autres dans la chorégraphie permettant de passer d’un lieu et d’un groupe de personnages aux autres. Il n’empêche que ces coupures continuelles au moment crucial finissent pas lasser. Et sentir la recette.

Une surprise, inattendue celle-là : la façon dont cet épisode de 128 minutes est divisé en deux, à peu près égaux en temps mais opposés en ton. D’abord, la confrontation avec Vecna et le Flagelleur mental, visuellement impressionnante, avec des moments cathartiques (oh yes !), des peurs fondées ou pas (qui meurt, qui meurt pas ? !) mais, aussi, décevante par la rapidité et la facilité relative avec laquelle elle se boucle. Puis, 18 mois plus tard, le retour à la normale pour les habitants de Hawkins, en couleurs vibrantes, en humour, en espoir, en amitié (essuyez quelques larmes). Et, bien que répondant à (presque) toutes les questions, en portes entrouvertes menant à des séries dérivées. Elles ne sauraient tarder.

La poule aux œufs d’or, elle, n’est pas tuable.

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