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CRITIQUE - La comédienne de Game of Thrones prête ses traits à une analyste financière prise en otage par des braqueurs. Faux semblants et adrénaline sont au programme.
Passer la publicité Passer la publicitéLa City londonienne est un univers impitoyable. Déjà muse de la série Industry, portrait cynique sur HBO de traders ambitieux prêts à toutes les trahisons et vices, le quartier financier est le théâtre du nouveau thriller trépidant de Prime Vidéo, Steal. Monarque rebelle de Game of Thrones, la comédienne Sophie Turner troque sa couronne et ses fourrures pour des chemisiers austères et des tailleurs mal ajustés.
Dans Steal, la Britannique de 29 ans prête ses traits à Zara, une analyste junior cantonnée à des tâches rébarbatives d’un fonds de pension. Arrivée là faute de mieux, Zara, qui a tourné le dos à une mère alcoolique et fauchée, subit un métier et des processus, vides de sens. Sa routine bascule quand elle et un collègue sont pris en otage par des braqueurs. Grimés avec des postiches et perruques dernier cri, les malfrats, équipés de fusils d’assaut, ne plaisantent pas et sont prompts à tabasser les récalcitrants et ceux tentés de jouer les héros. Tenus en joue, Zara et Luke sont sommés de transférer, en cryptomonnaie, sur le compte du commando les 4 milliards de livres sterling destinés à la retraite d’honnêtes citoyens que supervise l’entreprise. Les voleurs maîtrisent si bien le protocole que les enquêteurs soupçonnent des complicités internes. Zara fait partie des suspects.
Hargne et vergogne
Bien qu’elle soit rusée, Zara peine à avoir un coup d’avance à la fois sur la police, les services de renseignement, qui s’en mêlent et les bandits, qui continuent de la menacer à distance ! Sous cette triple pression, Luke s’écroule très vite. Plus tenace, Zara cherche à comprendre dans quel engrenage l’appât du gain l’a plongé. Elle entraîne dans le piège l’enquêteur de l’affaire. Rhys Kovac (Jacob Fortune-Lloyd, le Buckingham des films Les trois mousquetaires) sent très vite qu’on lui a confié l’enquête pour qu’il se plante. Il est comme Zara sur la corde raide. Joueur invétéré, il a contracté des dettes massives auprès de créanciers peu savoureux.
Thriller malin monté au cordeau, qui joue sur le contraste entre les gratte-ciels de la City et les quartiers plus populaires, Steal navigue dans un Londres froid, nocturne, austère. Voire hostile. Le projet assume sa double nature de conspiration cérébrale et de série d’action musclée. Ces six épisodes dressent le portrait d’une jeunesse écrasée par le capitalisme, forcée de se compromettre et de tirer le diable par la queue et mettent le doigt sur les arcanes les plus obscurs de la finance. Quand on manipule quotidiennement des sommes à six ou neuf zéros, quel en est le but ? Les conséquences morales ? Où commence la délinquance en col blanc ? Où se termine la cupidité ?
Sophie Turner émeut avec son impulsive et imparfaite héroïne. Rarement rationnelle, elle bouillonne de hargne et de vergogne. En quête de revanche sociale, elle est aux prises avec une mère indigne, qui cherche à la faire chanter. Leurs échanges ne jureraient pas dans un film de Ken Loach.


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