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Mardi soir à la Tohu a eu lieu la première du spectacle St. art de la compagnie tchèque Cirk La Putyka, dans le cadre de Montréal complètement cirque. Ode au dépassement de soi et au pouvoir du corps, cette œuvre éblouit par des propositions fortes et poétiques, mais nous perd parfois à cause de moments trop redondants ou par manque de profondeur.
Le public, en grand nombre, était accueilli par un son constant de décompte et un monstre poilu et sympathique. Après un instant philosophique sur le sens de la vie, nous découvrons les interprètes qui, à travers des poses et des portées, dévoilent tout l’aspect chorégraphique de la pièce. Bien que le cirque et ses disciplines y soient bien présents, le mouvement à terre y est aussi très développé, donnant des séquences certes acrobatiques, mais aussi proches de la danse.
La thématique principale de l’œuvre prend ensuite sa place : le sport. Les tests physiques subis en tant que sportif de haut niveau démarrent la machine. Mais la séquence, finalement sans grand intérêt, s’arrête assez vite. Pas de crescendo, pas d’exploration plus poussée ; juste l’évocation d’un fait assez commun.
Une scène collective de sport s’installe ensuite, dominée par un coach « empereur ». Jusqu’où certaines personnes sont-elles prêtes à se dédier pour réussir ? Quelles place et représentation prennent ceux qui entraînent les athlètes ? Les questions qui émergent sont pertinentes, la scène nous montre l’endurance et la cohésion du groupe. Malheureusement, elle s’avère redondante et là encore, tombe un peu à plat.
Les contradictions intérieures, les combats avec soi et les autres dans le monde du sport olympique semblent être évoqués grâce à l’utilisation de certains personnages, plus sombres. Cependant, ce n’est pas vraiment clair. Ainsi, certains aspects autour de la discipline poussée à l’extrême sont parfois absents ou seulement effleurés, en surface.
De la poésie
Matyás Novák, champion tchèque de trampoline qui fait partie de la distribution, dévoile dans ce spectacle tous ces talents. Rien à redire quant à la première prouesse qui s’avère surtout technique. Dans un deuxième temps, l’athlète revient avec une proposition qui s’allie à la projection vidéo et qui nous permet d’aller plus en profondeur, plus dans le ressenti et l’émotion. La séquence crée une image magnifique, qui se retient. C’est beau à voir.
Plusieurs recherches chorégraphiques sont aussi à mentionner. L’une d’entre elles décortique les mouvements des sports. Élaborée, la partition physique est extrêmement bien effectuée, fluide et ludique. On s’amuse à identifier les disciplines incarnées dans les corps. Une autre propose l’exploration des techniques de combat. Là encore, les interprètes sont impeccables, en pleine maîtrise. Enfin, une des séquences, la plus marquante sans agrès, évoque les blessures et les douleurs liées à la vie de sportifs. Ici encore la recherche du mouvement, mais aussi le mariage avec la musique, sont à souligner. Côté scénographie, la compagnie offre aussi une belle utilisation de lumières cinématographiques. Un choix qui fonctionne et qui nous rapproche des corps et de l’interprétation.
Les numéros de roues Cyr sont aussi les plus intéressants en terme narratif et scénique. Les jeux de lumière apportent une touche de magie et les combinaisons corporelles sont impressionnantes et originales. Une interprète hors des roues se promène aussi à travers ces grands objets flottants et rajoute de la douceur à ce moment captivant. Le lyrisme est aussi au rendez-vous pendant un numéro de cerceaux aériens. La circassienne semble flotter dans des eaux claires. Elle défie la gravité avec une aisance folle et ne fait qu’un avec tous ces anneaux qui voyagent. Encore là, un beau moment suspendu et prenant.
Pour conclure, quelques passages auraient pu être poussés pour atteindre davantage d’extase, d’excitation pour les propositions dans St. art. Certains éléments semblent parfois manqués, comme l’aspect peut-être plus psychologique ou social du sport de haut niveau. Malgré cela, plusieurs séquences visuellement et techniquement fortes restent en mémoire.


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