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À Pléchâtel, la famille Demy a présenté son système collectif d’irrigation, mis en place il y a 25 ans pour sécuriser les fourrages.
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Par Bertrand Dumarché Publié le 13 sept. 2026 à 18h10
À quelques jours de l’ouverture du SPACE, le thème de l’édition 2026 prend une résonance particulière. Les organisateurs ont choisi de lancer leur rendez-vous depuis l’exploitation de la famille Demy, qui a fait de la gestion collective de l’eau un levier pour sécuriser sa production fourragère.
Annie, Romain et Nicolas Demy exploitent 260 hectares en bio depuis 2019, avec une production de 800 000 litres de lait et un atelier viande en croisement Angus. Leur système comprend 180 hectares de prairies et une vingtaine d’hectares de maïs ensilage.
Sur cette ferme aux sols peu profonds, la réflexion sur l’irrigation remonte à un quart de siècle. Huit exploitations de la commune se sont alors organisées pour créer des réserves collinaires, alimentées par les eaux de fossés de drainage. Aujourd’hui, cinq réserves sont partagées au sein d’une structure collective, avec trois pompes électriques, trois pompes thermiques, un réseau enterré et sept enrouleurs.
Une sécurité pour les fourrages
« Ça a fonctionné parce que c’est un collectif et qu’il y avait vraiment cet esprit d’équipe », résume Jean-Pierre Demy, aujourd’hui retraité. Chaque début d’année, les utilisateurs se réunissent pour répartir les besoins et définir les secteurs à irriguer. Le matériel et l’eau sont gérés en commun.
L’exploitation irrigue ses 20 hectares de maïs. Quatre passages ont été effectués depuis le semis du 15 mai, avec une attention particulière à la floraison et au remplissage du grain. Le coût atteint 400 euros par hectare pour le maïs, hors main-d’œuvre. « C’est un super outil de valorisation, mais on bine notre maïs », précise Romain Demy, qui insiste aussi sur le travail du sol et les couverts végétaux.
Pour la famille Demy, l’objectif est d’abord de sécuriser la production. Elle envisage désormais d’étendre l’irrigation aux fourrages. Les 50 mm de pluie tombés fin août ont, par exemple, permis de relancer le pâturage de septembre. Dans ce système très dépendant de l’herbe, disposer d’une ressource en eau au bon moment peut faire la différence.
Le système permet aussi, souligne Didier Lucas, président du SPACE, de produire davantage avec moins d’hectares de maïs, en améliorant leur valorisation.
Du manque d’eau au partage
Cette expérience familiale et collective rejoint directement les questions que le SPACE veut mettre en débat. « L’eau, dans sa répartition et le cycle de l’eau, évolue, on a de forts contrastes », observe Charles Fossé, coordinateur de l’Espace pour Demain. Contrastes entre fermes, départements et régions, mais aussi alternance de périodes de sécheresse et d’épisodes de pluies abondantes : l’agriculture doit désormais composer avec une disponibilité plus incertaine.
« Le manque d’eau apporte une production moindre. Alors, comment demain on gère tout ça ? », interroge Charles Fossé. La réflexion portera à la fois sur l’économie de l’eau, la lutte contre le gaspillage, les milieux, les réserves et la redistribution de la ressource.
Dans le Grand Ouest, historiquement davantage centré sur la qualité de l’eau, l’enjeu de la quantité, de la disponibilité dans le temps et de la sécurisation devient désormais incontournable. Charles Fossé souligne la nécessité de préparer les systèmes agricoles à un contexte hydrique plus incertain, plutôt que de gérer uniquement les situations de crise.
Trois jours pour ouvrir le débat
Du 15 au 17 septembre, l’Espace pour Demain, installé dans le hall 6, proposera sur 250 m2 cinq animations par jour, 18 ateliers techniques et trois tables rondes. Les démonstrations et témoignages d’éleveurs seront complétés par des interventions d’experts des Chambres d’agriculture et des instituts techniques.
Pour Charles Fossé, le sujet ne peut cependant pas être traité par le seul monde agricole. « L’eau, c’est un partage entre agriculteurs, citoyens, tourisme, industrie. » Le SPACE veut donc en faire un sujet de débat avec l’ensemble de la société.
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