NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
« Paix, santé, prospérité » : les vœux habituels de la saison. Ne serait-ce pas formidable si des mots pareils avaient, un jour, le pouvoir d’engendrer les mondes apaisés qu’ils essaient de nommer ?
À l’heure où le soleil décline sur le monde entier, l’ombre du doute face à l’avenir s’étire de plus en plus. Comment se pencher sereinement sur l’abîme qui s’ouvre et contempler sans frémir le spectacle laissé par nos abandons et nos reculs ?
En 2025, Donald Trump inaugurait l’année en renommant d’un trait de plume le golfe du Mexique. La planète avait rigolé. Douze mois ont passé : le même homme proclame, de sa voix sinistre, que le continent entier relève de sa chasse gardée.
Sommes-nous à la veille de connaître le côté sanglant consécutif à nos aveuglements ? Personne en tout cas ne songe plus à rire.
Qu’arrivera-t-il ? Où sommes-nous rendus ? Pourquoi faut-il que certains, à l’évidence durs d’oreille, décident un jour de cesser d’écouter ce qui leur reste de bon sens ?
On se croirait, par moments, quelque part entre l’asile et l’abattoir. L’air est empuanti par les fumées de la guerre. Une révolution antidémocratique s’opère. Les professeurs de haine invitent partout au repli sur soi. Difficile de le nier : l’histoire de la violence humaine fait un bond en avant. Nous avons le nez collé sur une immense catastrophe en cours.
Le président Trump, roi autoproclamé des masses populaires, adepte de l’arbitraire, suprémaciste indifférent aux règles démocratiques, machiste multipliant les clins d’œil aux discours racistes, a su rallier une masse de partisans bien au-delà de ses frontières. Certains ont beau affirmer aujourd’hui pour la galerie n’avoir aucune sympathie pour ce personnage brutal et grotesque, leurs idées sont dans les faits alignées toute l’année sur les siennes. Ils ont beau clamer que Trump est un bouffon, ils n’en approuvent pas moins ses actions sur le fond. Comme lui, ils se soucient à peine de justice sociale, de culture, d’éducation, d’infrastructures, d’écologie, de transport et d’habitation, sinon à travers le prisme étroit de fantasmes identitaires.
Parce que Trump et ses sbires parlent sans cesse de frontières, ses partisans ignorent volontiers qu’il s’emploie surtout à bâtir un empire qui, lui, n’en a que faire. En agitant des hochets nationalistes, le président potentat dresse d’abord la table à un enrichissement privé sans précédent. L’impérialisme primaire est redevenu à cette fin un outil bien-aimé. Le voici manié de nouveau de la façon la plus décomplexée, au mépris des peuples eux-mêmes, au nom d’un « espace vital ».
Trump affirme sans gêne que les sommes tirées du pétrole vénézuélien seront entièrement « contrôlées par lui ». Il menace à nouveau le Groenland, Cuba, la Colombie, l’Iran, le Mexique, le Canada. Sommes-nous si loin de ce temps où le roi des Belges affirmait que le Congo était sa propriété privée ?
Le président américain se présente en figure royale, au bras d’une reine de beauté figée. Le doré badigeonné partout autour de lui se veut une allégorie de sa puissance. C’est sous les traits d’un roi grossier postmoderne qu’il se projette sur ses réseaux sociaux. Jusqu’à s’imaginer, en octobre dernier, aux commandes d’un avion de chasse virtuel, larguant à sa guise des tonnes de merde sur ceux qui osent défier son autorité.
Abrité derrière le mot « terroriste », cet arriviste hors catégorie stigmatise n’importe qui selon ses envies pour son profit. En définitive, tout chez lui apparaît au service d’un hédonisme superficiel, clinquant, aux allures de faux châteaux à la Mar-a-Lago.
À mesure qu’un nouvel impérialisme s’organise, avec le Washington trumpiste comme centre nerveux, l’imposture du nationalisme promu par les extrêmes droites du monde entier se révèle au grand jour. Sous les oripeaux du conservatisme et d’une souveraineté de façade, la nouvelle internationale de droite dessine en réalité un cadre impérial unifié, où le capital est couronné comme jamais. Son projet ne restaure pas l’autonomie des nations : il les subordonne à un ordre entièrement au service de ceux qui font main basse sur les richesses.
Dans cet ordre nouveau, où le sens même des mots se voit sans cesse inversé, les petites nations n’existent plus que comme des organismes promis à finir dans des systèmes digestifs de grands carnivores.
Nous sommes loin du Printemps des peuples et des soulèvements nationaux du début du XIXᵉ siècle. Le principe du droit des peuples à l’autodétermination s’est rarement trouvé avec autant de plomb dans l’aile depuis son affirmation. Notre actualité s’assimile davantage à une nouvelle phase de découpage du monde, comparable à celles des entreprises coloniales du XIXe siècle, lorsque les frontières se traçaient à la règle, sans égard aux peuples.
Le nationalisme de droite, désormais entonné partout avec Donald Trump en soliste, n’est rien d’autre que le masque contemporain de vieilles visées expansionnistes, recyclées dans le lexique tragique de notre époque. Ce nationalisme-là ne s’oppose pas à l’empire : il en est la musique d’accompagnement, l’orchestre complaisant qui joue gaiement sa partition sur un bateau qui sombre, tout en prétendant que la mer est belle.
C’est au son de la mélodie de cette imposture planétaire que se rangent, avec un zèle variable, les Le Pen, Milei, Orbán, Farage, Meloni et tutti quanti. Tous claironnent la souveraineté à grand renfort de mots creux. Or la souveraineté n’est plus qu’un signifiant vide dès lors que l’empereur s’autorise à la bafouer à sa guise. Ceux qui ne font plus que se gargariser de mots au mépris des réalités consentent dans les faits à servir de tapis sur lesquels les puissances d’argent viennent s’essuyer les pieds à leur guise.
Lancée comme elle l’est, l’année nouvelle promet plus d’autoritarisme, de dérégulations, de privations et d’endettements forcés, tandis que tous les Mark Carney et les François Legault du monde nous parlent d’« opportunités d’affaires » du côté des armées.
Chausser des bottes militaires n’est pas une « opportunité » : c’est faire un pas de plus vers la guerre.


5 month_ago
12



























.jpg)






French (CA)