NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le Centre Mamik souhaite développer de nouveaux services spécifiques pour aider les femmes autochtones victimes de violence conjugale. L’organisme songe à ouvrir une maison d’hébergement de six chambres qui répondrait aux besoins de sécurisation culturelle des femmes des Premières Nations.
Pour le Centre Mamik, la mort d'Ève Chachai en août 2024 a causé un choc. La femme est morte après une agression au bar de l’hôtel Le Montagnais dans un contexte de violence conjugale.
Sans formuler de critique, la directrice du Centre Mamik fait un triste constat.
Elle a cogné à plusieurs portes, je parle pour notre organisation aussi. On n’avait rien de plus à lui offrir pour assurer sa sécurité physique.
Offrir des ressources spécialisées et sécurisantes culturellement
Le Centre Mamik aimerait en faire davantage en embauchant des intervenants spécialisés en violence conjugale.
C’est surtout tout le travail qu’il y a à faire avant que cette violence-là survienne. Souvent, elle est déjà présente, elle est déjà survenue, mais elle continue de progresser, constate Mélanie Boivin.
Faute de financement pour embaucher de nouvelles ressources, une quinzaine d’intervenants des Centres Mamik du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont à compléter une formation au Certificat en psychoéducation offerte par l’Université de Montréal. Le Centre Mamik veut aussi travailler avec les partenaires violents.

Mélanie Boivin est la directrice générale du Centre Mamik. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil
On va souvent les mettre en milieu carcéral, sans toutefois être en mesure de leur offrir le support dont ils ont besoin pour modifier des comportements, ajoute la directrice. Avoir la chance de comprendre ses émotions, savoir comment les gérer et changer son comportement.
Le Centre Mamik planche aussi sur un projet de maison d'hébergement spécifique pour les femmes autochtones victimes de violence à Saguenay. Elle pourrait comporter six chambres.
On se l'est fait dire par plusieurs femmes que, dans le contexte économique actuel, elles n'ont pas la liberté de quitter pour un autre logement qu'elles vont payer toutes seules, c'est très clair, déplore Mélanie Boivin.
Il manque de place de toute façon
Vérification faite, les centres d’hébergement de la région sont très sollicités, affirme la coordonnatrice des services au Centre féminin du Saguenay.
Juste l'an passé, moi, j'ai fait 275 refus par manque de place.
Le Centre féminin du Saguenay possède 13 lits pour venir en aide aux femmes victimes de violence conjugale et à leurs enfants. L’espace est aussi ouvert aux femmes qui vivent des difficultés économiques. Il est ouvert à toutes les femmes, mais Jeanne Palardy constate que les femmes autochtones ne restent pas aussi longtemps que les allochtones.
C’est de les garder auprès de nous. Parce qu’il y a plusieurs réalités, a-t-elle souligné. Une maison allochtone ne répondra pas nécessairement à ses besoins. Ce sont des angles morts des fois aussi. Si on n’a pas de collaboration avec les organismes autochtones, on risque d’en échapper.

La coordonnatrice du Centre féminin du Saguenay, Jeanne Palardy, affirme que la responsabilité d'aller rejoindre les femmes autochtones repose sur les épaules des centres d'hébergement.
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
À Jonquière, l’organisme La Chambrée possède 12 chambres. La maison tend aussi la main aux femmes autochtones. Sa directrice générale concède que les services offerts dans son organisation ne parviennent pas à joindre toutes les femmes autochtones qui en auraient besoin.
Les femmes autochtones viennent en hébergement, mais ce n’est pas un nombre considérable. On se dit que la problématique est équivalente, j’imagine, dans les communautés, donc on devrait avoir un ratio qui soit le même, mais ce n’est pas le cas, admet Annie Laviolette.

Annie Laviolette est la directrice générale de La Chambrée. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis
Elle soutient que les embûches sont nombreuses pour les femmes qui veulent changer de vie lorsqu’elles sont confrontées à de la violence. Plusieurs femmes autochtones doivent composer en plus avec une barrière de langue et de culture.
Plus on met d’embûches devant la femme, moins ses chances sont bonnes de réussir à se sortir de son milieu, soutient la directrice générale.
Comme à Chicoutimi, La Chambrée est presque toujours pleine. Mais Annie Laviolette insiste.
On ne laisse jamais une femme dans une situation où sa sécurité est compromise. Jamais.
Si un centre d’hébergement est plein, les intervenantes peuvent se tourner vers les ressources des autres municipalités pour vérifier si de l’espace est disponible. Dans certains cas, des nuitées à l’hôtel peuvent être payées pour assurer la sécurité d’une femme à court terme. Dans d’autres cas, des suivis avec des intervenantes sans hébergement peuvent être envisagés.
Violence coloniale
Pour Jeanne Palardy du Centre féminin Saguenay, il importe de reconnaître que la violence faite contre les femmes autochtones s’inscrit dans un cercle de violence lié à l’histoire du colonialisme en Amérique du Nord.
La violence faite envers les femmes autochtones, c'est une violence qui est spécifique, c'est une violence qui est coloniale aussi. Elles ont besoin de services qui sont conscients de ces notions-là, observe-t-elle.
Sécuriser culturellement quelqu'un, ça signifie qu'il soit en sécurité avec son identité. Tout ce qui a un lien avec lui, il faut valoriser sa langue, ses savoirs, ses traditions, propose la directrice générale du Centre Mamik Mélanie Boivin. À partir de là, on crée le lien de confiance et ensuite on peut commencer à agir en intervention.

Selon une enquête de Statistique Canada de 2022, près de 6 femmes autochtones sur 10 ont été victimes d'agressions physiques au cours de leur vie.
Photo : Radio-Canada
Les centres d'hébergement interrogés affirment travailler en collaboration avec les organismes autochtones pour adapter leurs pratiques et faciliter les séjours des femmes et des enfants autochtones.
Même malgré notre manque de place, j'appelle les femmes à nous appeler, lance Jeanne Palardy du Centre féminin du Saguenay aux femmes des Premières Nations. On est ouverts, on est prêts à discuter ensemble et on est prêts à adapter nos services pour réussir à répondre à tout le monde.
Si cette femme-là, dans son parcours, a envie de venir dans une ressource comme la nôtre, tant mieux. On est ouvert à ça. Si elle a envie d'aller dans une ressource qui est plus culturellement adaptée à sa réalité, si elle a le choix, je pense que ce serait gagnant pour tout le monde, poursuit-elle.
Il manque de place de toute façon, conclut la directrice générale de La Chambrée, Annie Laviolette.
Séjours plus longs
Avec une crise du logement qui ne prend pas de répit, les séjours s’allongent pour les femmes qui sont en hébergement. En quelques années, ils sont passés de six à huit semaines à plusieurs mois.
Parfois six mois, sept mois. Au bout de la ligne, j’ai un taux d’hébergement qui est similaire à près de 100 %, un peu plus, un peu moins. Sauf qu’il y a moins de femmes qu’on héberge puisqu’elles restent plus longtemps, témoigne Annie Laviolette.
Le plus récent taux d'inoccupation à Saguenay est estimé à 1,3 %.

Le Centre Mamik oeuvre autant au Saguenay qu'au Lac-Saint-Jean. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
La directrice du Centre Mamik croit que la solution passera par différentes actions pour aider les femmes autochtones qui vivent de la violence. En plus du projet de maison d’hébergement qui reste à définir, elle planche sur un projet de logements et cherche un terrain à Saguenay pour l’établir.
Selon une enquête de Statistique Canada de 2022, près de 6 femmes autochtones sur 10 ont été victimes d'agressions physiques au cours de leur vie. Chez les allochtones, c’est une femme sur trois. La même étude spécifie que la moitié (46%) des femmes issues des Premières Nations ont subi des agressions à caractère sexuel.
Des maisons 2e étape
Les intervenantes questionnées ont aussi précisé qu’il manque de places en hébergement deuxième étape au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce type d’hébergement permet une transition pour les femmes et leurs enfants une fois la crise passée.
Appelé à commenter les projets du Centre Mamik, le ministère de l’Habitation précise que deux maisons du genre ont ouvert leurs portes au cours des dernières années spécifiquement pour les femmes autochtones : les maisons Miyoskamin à Montréal et la Mitshuap Nish à Québec.
Il n’y a pas de maisons d’hébergement en milieu autochtone à venir dans le cadre de la Stratégie gouvernementale intégrée pour contrer la violence sexuelle, la violence conjugale et Rebâtir la confiance 2022-2027, écrit l’attachée de presse de la ministre responsable de l’Habitation et ministre responsable de la Condition féminine, Emmanuelle Proulx.Elle précise par ailleurs que la phase 2 du Programme habitation abordable du Québec s’adresse à l’ensemble des clientèles vulnérables, incluant les communautés autochtones, et permet le dépôt de projets en continu par les organismes admissibles.
Un programme fédéral
Un programme existe aussi au fédéral, soit le Programme de prévention de la violence familiale (PPVF). Il est géré par le ministère des Services aux Autochtones Canada (SAC). La ministre, Mandy Gull-Masty, est la députée d'Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou.
Le programme finance des refuges d’urgence et des maisons de deuxième étape (maisons de transition) qui desservent les communautés des Premières Nations, inuites, métisses, urbaines et nordiques à travers le pays, et qui offrent des services essentiels aux femmes, aux enfants, aux familles et aux personnes 2SLGBTQI+ autochtones confrontées à la violence familiale, a fait savoir Pascal Laplante, porte-parole de Services aux Autochtones Canada.
Il a précisé qu'au Québec, les allocations de SAC pour le logement autochtone en milieu urbain, rural et du nord sont gérées par l’Assemblée des Premières Nations Québec–Labrador en collaboration avec la Société immobilière du Regroupement des centres d’amitié du Québec (SIRCAAQ), qui établissent les priorités régionales.


5 month_ago
101



























.jpg)






French (CA)