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Sommes-nous des Martiens ? Cette bactérie « immortelle » prouve que la vie peut voyager entre les mondes

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Et si le premier vol spatial n’avait pas été accompli par un humain, mais par un microbe niché dans une roche martienne il y a des milliards d’années ? C’est l’hypothèse vertigineuse que vient de renforcer une étude de l’université Johns Hopkins publiée dans PNAS Nexus. En tentant de « tuer » l’une des bactéries les plus résistantes de la Terre avec des pressions dignes d’une collision cosmique, des scientifiques ont découvert que la vie peut non seulement survivre à l’apocalypse d’un impact d’astéroïde, mais aussi être éjectée dans l’espace, prête à coloniser une nouvelle planète. Une révélation qui bouscule notre vision de la « protection planétaire » et l’origine même de la vie sur Terre.

Le test du canon à gaz : survivre à l’impossible

La théorie de la lithopanspermie (la propagation de la vie via des météorites) se heurtait jusqu’ici à une question de physique pure : comment un organisme vivant pourrait-il supporter le choc brutal nécessaire pour être propulsé hors de l’attraction d’une planète ? Pour le savoir, les chercheurs ont utilisé un canon à gaz pour tirer sur des échantillons de Deinococcus radiodurans, une bactérie célèbre pour résister aux radiations extrêmes et au vide spatial.

L’équipe a recréé des pressions de choc allant jusqu’à 3 gigapascals, soit trente fois la pression enregistrée au fond de la fosse des Mariannes. Les résultats ont stupéfié les scientifiques : à 1,4 gigapascal, la quasi-totalité des bactéries a survécu. Même à des niveaux de choc bien supérieurs, une grande partie des microbes restait viable, malgré des dommages structurels. « Nous avons essayé de la tuer, mais c’était extrêmement difficile », avoue Lily Zhao, auteure principale de l’étude.

Mars et la Terre : un échange de colis biologiques ?

Cette résilience suggère que si Mars a un jour abrité la vie (ou en abrite encore sous sa surface), des microbes dotés de capacités similaires pourraient avoir survécu à l’impact d’un astéroïde géant. Des fragments de roche martienne contenant des « passagers clandestins » biologiques auraient ainsi pu être projetés dans l’espace pour finir leur course sur une Terre primitive, alors plus hospitalière.

« Si la vie existe sur Mars, elle aura probablement des capacités similaires », explique KT Ramesh, co-auteur de l’étude. Cela signifie que la Terre et Mars pourraient partager un ancêtre biologique commun, faisant de nous, techniquement, des descendants de Martiens. Cette possibilité n’est plus de la science-fiction, mais une probabilité statistique que les agences spatiales doivent désormais intégrer dans leurs protocoles.

Le casse-tête de la protection planétaire

Ces découvertes obligent la NASA et l’ESA à repenser leurs règles de sécurité. Actuellement, des contrôles de contamination drastiques sont imposés pour éviter d’envoyer des microbes terrestres sur Mars (ou d’en ramener par accident). Mais si la nature transfère déjà des microbes entre les planètes via des météorites, ces barrières sont-elles suffisantes ?

Le risque s’étend aux lunes de Mars, comme Phobos. Étant plus proche, elle reçoit des débris martiens à des pressions bien plus faibles, ce qui augmente considérablement les chances de survie des microbes éjectés. Avant de poser le pied sur ces mondes, nous devons comprendre si nous risquons de polluer un écosystème extraterrestre ou d’être nous-mêmes « contaminés » par des organismes voyageurs. Les chercheurs prévoient maintenant de tester d’autres formes de vie, comme les champignons, pour voir si la galaxie est une immense pépinière où la vie saute de monde en monde.


L’essentiel à retenir :

  • Résistance extrême : La bactérie D. radiodurans survit à des chocs 30 fois supérieurs à la pression des abysses.

  • Lithopanspermie : La vie peut voyager entre les planètes, cachée à l’intérieur de fragments rocheux éjectés par des impacts.

  • Origine commune : Il est scientifiquement possible que la vie sur Terre provienne de Mars, ou inversement.

  • Risque spatial : Les protocoles de protection planétaire doivent être durcis face à cette capacité de survie inattendue.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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