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  • « L’exclusion ne construit jamais un enfant » : une experte alerte sur la prise en ...

Christine Gétin, directrice de l’association HyperSupers TDAH France, répond à nos questions sur la prise en charge des adolescents TDAH en France. Un entretien sans détour, dans lequel elle dénonce un système qui à tendance à exclure où il devrait accompagner.

Propos recueillis par Juan Tendero-Tourné - Aujourd'hui à 06:15 | mis à jour aujourd'hui à 09:42 - Temps de lecture :

« Un enfant TDAH peut réagir de manière impulsive [...] Sans le diagnostic, on ne comprend pas ce qu’on voit », explique Christine Gétin, directrice de l’association HyperSupers TDAH France. Photo d'illustration Sipa/imageBROKER.com « Un enfant TDAH peut réagir de manière impulsive [...] Sans le diagnostic, on ne comprend pas ce qu’on voit », explique Christine Gétin, directrice de l’association HyperSupers TDAH France. Photo d'illustration Sipa/imageBROKER.com
La stratégie nationale concernant les troubles du neurodéveloppement (TND) 2023-2027 prévoit de dépister les enfants placés sans bilan ? Où en est-on ?

Christine Gétin, directrice de l’association HyperSupers TDAH France : « Nous avons demandé cette mesure depuis longtemps, mais sur le terrain, ce n’est pas encore le cas. C’est pourtant vital. Le dépistage n’est pas accessoire, il est indispensable pour apporter la bonne réponse. Un enfant TDAH peut réagir de manière impulsive, ce n’est pas exactement la même chose qu’un enfant autiste. Sans le diagnostic, on ne comprend pas ce qu’on voit. On punit là où il faudrait adapter. J’ai entendu le témoignage d’un enfant convoqué en conseil de discipline, qui retournait les arguments du proviseur contre lui. Tout le monde pensait qu’il provoquait. En réalité, il ne comprenait tout simplement pas ce qu’on lui reprochait. »

Après 16 ans, quelles alternatives existent pour un adolescent TDAH dont la famille ne peut plus assurer la prise en charge ?

« Quasiment aucune. Après l’ITEP, il n’y a plus grand-chose. Les services de psychiatrie adulte peuvent prendre le relais, mais rien n’est vraiment adapté, par manque de place (quand il y en a).

« La violence entre jeunes que l’on voit aujourd’hui, c’est le résultat des difficultés de la psychiatrie »

La violence entre jeunes que l’on voit aujourd’hui, c’est aussi le résultat du mal-être de ces jeunes et des difficultés de la psychiatrie aujourd’hui. Ce sont des vies brisées, pour les victimes comme pour les auteurs. »

Que faudrait-il changer en priorité pour qu’un enfant comme Louis ne finisse plus dans un foyer par défaut ?

« Arrêter d’exclure. C’est aussi simple et aussi fondamental que ça. La société a mis en place un système d’exclusion progressive : d’abord l’école, ensuite les structures spécialisées, puis le foyer. Avoir également des soins accessibles pour les familles.

« Le placement n’est pas une solution, c’est un constat d'échec »

L’exclusion ne construit jamais un enfant. Il faut changer de regard, mettre des moyens en amont, accompagner les familles plutôt que de les dessaisir de leurs enfants. Il est bien moins cher d’accompagner les familles que de placer les enfants. Le placement n’est pas une solution, c’est un constat d‘échec. Je crois tout de même qu’on progresse. Le handicap est mieux accepté, les mentalités bougent. Mais le chemin reste long. »

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