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L'organisation de défense des droits humains Amnesty International publie, ce mardi, son rapport annuel, dans lequel elle fustige la lâcheté des dirigeants internationaux face à Donald Trump, Vladimir Poutine ou Benjamin Netanyahou.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 11:43 | mis à jour aujourd'hui à 11:46 - Temps de lecture :
Face à des chefs d'État « prédateurs » comme Donald Trump, Vladimir Poutine ou Benjamin Netanyahou, de nombreux dirigeants ont fait preuve de « lâcheté » en 2025 alors qu'ils devraient « résister », affirme ce mardi l'organisation de défense des droits humains Amnesty International dans son rapport annuel. Selon l'ONG, ces chefs d'État agissent au mépris des règles et organisations internationales instituées après la Seconde Guerre mondiale, dessinant un monde dans lequel « la guerre remplace la diplomatie ».
« En 2025, Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou, pour ne citer qu'eux, ont poursuivi une stratégie de domination économique et politique passant par la destruction, la répression et des violences mondiales à grande échelle », a déclaré la secrétaire générale d'Amnesty International, Agnès Callamard, lors d'une présentation du rapport à Londres.
Les États-Unis se sont livrés « à des homicides extrajudiciaires au-delà de leurs frontières », ont attaqué « en toute illégalité le Venezuela et l'Iran » et menacé le Groenland, dénonce le texte.
Pires attaques depuis 1948
En parallèle, l'administration Trump « a fait tout ce qu'elle pouvait pour saper des années, des décennies d'efforts » pour défendre les droits des femmes, a indiqué Agnès Callamard, soulignant que les présidents américain et russe partagent une vision du monde « profondément raciste et patriarcale ». Quant au gouvernement israélien, il « a poursuivi son génocide contre la population palestinienne de Gaza, malgré l'accord de cessez-le-feu d'octobre », sans que la communauté internationale ne prenne de « mesures significatives », accuse le rapport.
Face à « ces brutes et ces pillards », presque tous les dirigeants internationaux « ont fait preuve de lâcheté », notamment en Europe, déplore Agnès Callamard. « Les États, les organismes internationaux et la société civile doivent rejeter la politique de conciliation à tout prix et résister collectivement à ces attaques », exhorte l'ONG. Selon Amnesty, les institutions internationales ont subi les « pires » attaques depuis 1948, avec les sanctions américaines contre certains magistrats et procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) ou le retrait des États-Unis de dizaines de conventions comme celle du Giec sur le climat.
Amnesty alerte sur la « virulence » des discours contre les droits humains en France
Amnesty International alerte sur la banalisation et la montée de discours en France qui rejettent les droits humains par leur « virulence » et fragilisent l'État de droit, à un an de la présidentielle. « La virulence du débat politique et médiatique, en particulier les attaques racistes et les invectives contre l'Etat de droit, sont (...) extrêmement inquiétantes pour l'année pré-électorale à venir », avertit la présidente d'Amnesty International France (AIF), Anne Savinel-Barras, dans un communiqué.
Elle déplore que des « marqueurs » relevant de « pratiques autoritaires » (ciblage systématique des étrangers et des minorités, voix critiques discréditées...) ancrées à l'étranger, comme aux États-Unis, se multiplient aujourd'hui aussi en France.
En 2025, l'Etat de droit en France a été fragilisé par l'utilisation croissante de technologies de surveillance, selon AIF. L'Etat de droit a été aussi mis en cause par des responsables politiques qui, relève AIF, ont souvent dénoncé avec véhémence une « supposée tyrannie des juges » pour contester des décisions judiciaires.
Pour la secrétaire générale de l'ONG, l'actuel conflit au Moyen-Orient illustre le « glissement vers le mépris de la loi » - des « premières attaques illégales menées par les États-Unis et Israël » aux « représailles aveugles » de l'Iran. Un conflit survenu après que les autorités iraniennes « ont massacré des manifestants en janvier 2026, dans ce qui a probablement été la répression de ce type la plus meurtrière depuis des décennies », ajoute l'ONG.
« Tout peut basculer »
Le rapport détaille également les atteintes aux droits humains dans des pays comme la Birmanie, déchirée par la guerre civile depuis 2021, où l'armée a « utilisé des parapentes motorisés pour larguer des munitions explosives sur des villages, tuant des dizaines de civils ». Il cite aussi le Soudan, où les Forces de soutien rapide (FSR) ont notamment « commis des massacres de civils et des violences sexuelles » pendant le siège d'El-Facher, qui a duré 18 mois avant la prise de la ville en octobre.
Rares lueurs d'espoir dans ce sombre tableau, selon Amnesty : la création d'un tribunal spécial pour la guerre en Ukraine ou la remise de l'ex-président philippin Rodrigo Duterte, inculpé de crimes contre l'humanité, à la CPI. L'ONG se félicite aussi des actions de dockers en Espagne, en France ou au Maroc pour « perturber l'acheminement d'armes vers Israël », ou de l'engagement des citoyens américains qui se sont opposés aux opérations de la police de l'immigration ICE - parfois au péril de leur vie.
Agnès Callamard espère aussi que le refus de certains pays européens de se joindre aux attaques lancées contre l'Iran par les États-Unis et Israël annonce le début d'un « grand sursaut ». Et de prévenir : « Nous sommes au moment même où tout peut basculer, où tout ce qui a été construit au cours des 80 dernières années risque d'être anéanti ».


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