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  • Blocus des lycées : « goût pour la révolution », « anti-police »... la crise vue de ...

Les blocages de lycées en France et les violences qui en découlent font - aussi - la Une des médias étrangers. Certains traitent le sujet avec une certaine ironie, d'autres décrivent « un paradoxe français » ou rappellent « le goût pour la révolution » des Français.

La rédaction - Aujourd'hui à 14:30 | mis à jour aujourd'hui à 14:31 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

Barricades enflammées, images de violentes manifestations, vidéos de lycées dégradés... La crise des lycées français fait aussi la Une de la presse internationale. À quelques mois d'une élection présidentielle décisive, nombre de médias y décèlent une colère révélatrice des fragilités de l'enseignement public et d'un malaise social plus large.

Le mouvement lycéen lancé mi-septembre en région parisienne s'est depuis étendu à l'ensemble du territoire. Près de 900 établissements sur 3 700 restaient perturbés ce mardi. Les images les plus spectaculaires, si elles ne reflètent pas au mieux les revendications lycéennes, montrent des façades de lycées en feu ou de violents affrontements entre jeunes et forces de l'ordre. Hors de France, elles ont suscité peu de commentaires politiques - hormis quelques saillies isolées. Comme celle du fils du président américain, Donald Trump Jr, qui estime sur X que « Paris brûle à nouveau ». Sans surprise, il attribue la crise à une « immigration sans entraves » et des « frontières ouvertes ». Il dénonce également les violences commises contre les forces de l'ordre.

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L'Iran, comme le fait régulièrement la République islamique à l'encontre de ses rivaux, s'est autorisé à dénoncer une « violence disproportionnée » et « injustifiable » menée par la France contre les lycéens. Le tout quelques mois à peine après avoir réprimé dans le sang (avec jusqu'à 3 000 morts selon le gouvernement lui-même, cinq à 10 fois plus selon l'opposition) un vaste mouvement de contestation sociale. « La France se doit de respecter les droits et libertés fondamentaux de ses citoyens », assure pourtant Téhéran.

Vers « une éruption inquiétante au sein de la jeunesse française » ?

Un véritable « paradoxe français » apparaît dans la presse internationale : malgré un niveau de dépenses publiques parmi les plus élevés d'Europe, l'école est présentée comme un service public dégradé. Ainsi, le quotidien britannique The Guardian détaillait vendredi les diverses revendications des lycéens : « Manque d'investissements, classes surchargées, bâtiments délabrés et faibles rémunérations des enseignants... » De son côté, le New York Times insistait sur le ras-le-bol des élèves face au manque de professeurs et aux absences non remplacées, soulignant les inégalités entre des banlieues comme la Seine-Saint-Denis et des territoires mieux dotés. De l'autre côté du Pacifique, la télévision japonaise ANN insiste sur la tonalité « anti-police » des manifestants et pointe le « manque d'argent » comme la constante des revendications du mouvement de blocage des lycées en France.

De social, le mouvement aura-t-il de puissantes répercussions politiques ? Les souvenirs de mai-1968 voire de la Révolution française de 1789 sont parfois invoqués, comme dans la Süddeutsche Zeitung, qui rappelle le « goût pour la révolution » des Français. Le quotidien allemand rappelle que La France insoumise « tente désormais de récupérer le mouvement », mettant en avant la crainte d'une partie de la jeunesse de voir gagner la cheffe de file de l'extrême droite Marine Le Pen, donnée ultrafavorite au premier tour. À l'appui de cette analyse, les nombreuses pancartes comme « jeunesse fâchée mais pas facho » qui parsèment les manifestations. « Tous les éléments sont peut-être en place pour une éruption inquiétante au sein de la jeunesse française », entre peurs liées au climat, à l'intelligence artificielle ou au coût de la vie, renchérit le journal suisse Blick.

Les gilets jaunes en filigrane

L'échéance électorale est omniprésente : en Espagne, El Mundo estime que les manifestations sont en train de devenir « un sujet brûlant de la campagne », dans un contexte financier tendu.

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L'exécutif reste sans majorité à l'Assemblée nationale et sous pression pour boucler son budget 2027, avec des économies massives à la clé. Et, donc, sans marges de manoeuvre pour apaiser le mécontentement.

La chaîne qatarienne Al Jazeera relie la mobilisation lycéenne aux mouvements plus larges contre les projets de coupes budgétaires et le recul des services publics : les revendications scolaires « augmentent la pression sur le président Emmanuel Macron avant les élections », annonce-t-elle. En Russie, l'hebdomadaire populaire Argumenty i Fakty titre sur « Une révolte scolaire, insensée et impitoyable » et estime que « Macron pourrait être balayé par les adolescents » - en référence au livre du poète russe Alexandre Pouchkine La Fille du capitaine, dans lequel il était question d'une « révolte russe, insensée et impitoyable ». « Pour l'heure, les troubles n'ont pas atteint l'intensité des manifestations des gilets jaunes qui avaient secoué le pays » en 2018, écrit-il, estimant toutefois que la France est « confrontée au risque d'une nouvelle révolution de rue ».

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