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Des six clubs anglais en 8es de finale de Ligue des champions, aucun n’a gagné son match aller. Chelsea, Tottenham et Manchester City sont même en grand danger. Une situation inattendue.
Pour la première fois depuis près de 10 ans et la saison 2014-15, les quarts de finale de la Ligue des champions pourraient se tenir sans un représentant anglais. Une hérésie, parce que la Premier League est unanimement perçue comme le meilleur championnat au monde. C’est celui où il y a le plus d’argent, avec des droits TV cédés pour 7,8 milliards d’euros sur la période 2025-29. Celui où les transferts sont les plus chers, où les salaires sont les plus élevés.
Selon le site spécialisé Capology, le revenu mensuel moyen brut d’un joueur de Premier League est de 311.000 euros, contre 234.000 en Liga (Espagne), 177.000 en Bundesliga (Allemagne), 165.000 en Serie A (Italie) et 143.000 en Ligue 1... où le chiffre tombe à 119.000 si on enlève le PSG. Niveau budget, d’après Sportune, cinq des neuf premiers de la Ligue des champions sont anglais. Mais on l’a vu la semaine dernière, l’argent ne fait pas tout.
L’Angleterre «redescend sur terre»
Arsenal, leader de son championnat, a été tenu en échec chez le Bayer Leverkusen (1-1) alors que Newcastle a résisté au FC Barcelone (1-1). Liverpool est tombé dans le piège à Galatasaray (1-0) et, surtout, Chelsea, Tottenham et Manchester City accusent chacun trois buts de retard après leur défaite respectivement chez le PSG (5-2), l’Atlético de Madrid (5-2) et le Real Madrid (3-0). «C’est un coup très dur pour le football anglais. On redescend sur terre», a constaté Michael Brown, ancien milieu de Tottenham et Manchester City, sur le plateau de Sky Sports.
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Les causes sont forcément multi-factorielles. Toutes les équipes n’ont pas le même style de jeu, les mêmes qualités et défauts, ne sont pas tombées sur les mêmes adversaires et ont chacune un contexte qui leur est propre. Tottenham, 16e de Premier League et empêtré dans une crise profonde, a été plombé par son gardien Antonin Kinsky. Chelsea «était vraiment bien pendant 75 minutes», a jugé son entraîneur Liam Rosenior, estimant qu’il «n’y a pas beaucoup de Barcola ou de Kvaratskhelia en Premier League».
Un argument difficilement audible. Mohamed Salah, l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de Liverpool, a été transparent à Istanbul. Erling Haaland, promis au Ballon d’Or un jour dans les pas de son coéquipier et lauréat 2024 Rodri, a été muselé par le Real Madrid. Et Bukayo Saka, attaquant vedette d’Arsenal, a livré une pâle copie à Leverkusen. De l’argent et des stars, ce n’est pas ce qui manque outre-Manche.
Un bilan à relativiser
Encore faut-il répondre présent le jour J, concrétiser ses temps forts et ne pas laisser filer le momentum quand on l’a, dans une compétition où l’irrationnel n’est jamais loin. C’est ce après quoi vont courir Chelsea, City et Tottenham, condamnés à l’exploit. Quoi qu’il advienne, le bilan restera à relativiser.
Placer six clubs en 8es de finale de Ligue des champions demeurera une performance qu’aucun autre pays ne peut envisager de reproduire. Ils étaient deux en quarts l’an dernier, alors même que la finale de Ligue Europa était 100% anglaise, et que Chelsea remportait la Ligue Conférence puis la Coupe du monde des clubs. De quoi mettre à l’abri l’Angleterre au coefficient UEFA. Rome ne s’est pas faite en un jour, et Londres ne s’écroulera pas en vingt-quatre heures.


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