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Denis Desrosiers, coupable d'avoir causé la mort d’Adrien Allard en 1979 à Causapscal, prend le chemin du pénitencier. La peine de six ans dont il a écopé mardi met un terme à un dossier demeuré non résolu pendant près de 50 ans.
L'audience pour la détermination de la peine s'est déroulée au palais de justice d’Amqui devant le juge de la Cour du Québec Jérôme Simard.
Denis Desrosiers a admis sa culpabilité pour l’homicide involontaire d’Adrien Allard un peu plus tôt cette année, en plus des chefs d’entrée par effraction dans l’intention de commettre un acte criminel, de voies de fait ainsi que de possession et d’utilisation illégale d’une arme à feu lors du même événement.
La Couronne et la défense ont présenté une suggestion de peine commune pour l’homme de 69 ans et cette dernière a été entérinée par le juge Simard.
Le procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Simon Blanchette, a soulevé la préméditation du geste ainsi que le recours à une arme.

Le procureur Simon Blanchette, photographié mardi au palais de justice d'Amqui (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Me Blanchette considère tout de même le plaidoyer de culpabilité de l’accusé déposé des années plus tard, son absence d’antécédents judiciaires, l’introspection qu’il a faite ainsi que son faible risque de récidive.
On ne condamne pas une infraction, on condamne une personne […] alors c’est pour ça que, dans les circonstances, quand on regarde les fourchettes de peine établies par le passé pour ce type d’infraction, il y a un éventail de peines acceptables, explique le procureur. Ce dernier ajoute qu'il est raisonnable d’aller avec une peine dans le bas de la fourchette justement à cause des particularités de la personne, ajoute-t-il.
L’avocate de la défense, Me Claudie Gallant-Bergeron, a quant à elle souligné que son client n’était plus la même personne que lorsqu’il a commis ses crimes, en 1979.
Elle a aussi soulevé le faible risque de récidive de M. Desrosiers et a affirmé que ce dernier éprouvait des remords. Ç’a été une libération de faire ses aveux, a mentionné Me Gallant-Bergeron en cour.

Denis Desrosiers et son avocate, Me Claudie Gallant-Bergeron
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Le juge a par ailleurs dit considérer la peine comme clémente dans les circonstances.
J’espère que ce cas va démontrer que, même après plusieurs années, dans cette situation un délit qui a été commis il y a près de 50 ans, la justice peut être rendue même s’il y a un long délai, a déclaré le juge Simard, au moment de prononcer la peine.
Rappel des événements
En février 1979, Denis Desrosiers, alors âgé de 22 ans, et sa complice de l’époque, Linda Grenier, aujourd’hui décédée, se sont rendus en motoneige à la ferme des frères Adrien et d’André Allard à Causapscal pour les voler. Ils étaient cagoulés, portaient des habits de motoneige et étaient armés d’une carabine et d’un revolver.
Lors des événements, Adrien Allard, alors âgé de 59 ans, a tenté de se protéger en tentant de désarmer Denis Desrosiers. Les deux hommes se sont ensuite battus et la victime est parvenue à démasquer son assaillant. Craignant d’être reconnus, les agresseurs ont alors pris la fuite en motoneige sans rien emporter.
Bien qu’Adrien Allard n’ait pas succombé directement à ses blessures, le rapport du pathologiste judiciaire établit que son décès a été causé par une crise cardiaque. Cet incident cardiaque a été provoqué par l’effort physique soutenu et le stress extrême vécu durant l’agression.


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