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La cour d’appel de Rouen (Seine-Maritime) a rendu son verdict, lundi 24 août 2026. 4 militants écologistes, dont 3 Ornais, ont été condamnés à des peines de prison avec sursis.
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Par Charles Martinet Publié le 9 sept. 2026 à 20h44
Le comité de soutien des condamnés de l’affaire Lafarge a organisé une conférence de presse mercredi 9 septembre 2026, à Alençon (Orne), afin de réagir au verdict prononcé par la cour d’appel de Rouen (Seine-Maritime), lundi 24 août 2026.
4 militants, dont 3 Ornais, ont écopé de peines de prison allant de six à dix mois de prison avec sursis, et à verser 5 000 € à Lafarge au titre des frais de justice. Cette condamnation peut permettre l’ouverture d’un procès civil, Lafarge réclamant par ailleurs 276 000 euros de dommages et intérêts aux prévenus.
« Une répression de plus en plus accrue »
Présents lors de la conférence de presse de 45 minutes, à laquelle assistait en visioconférence Camille Souleil-Balducci, l’avocate des prévenus, ainsi qu’une vingtaine de soutiens, Philippe Beaudouin, Joël Rivière et Christine Coulon ont souhaité prendre la parole face aux sanctions prononcées à leur encontre, et d’ores et déjà informer de leur pourvoi en cassation. « Je milite pour la transition écologique depuis plus de 50 ans. Je constate une très grande inertie des pouvoirs politiques, et une répression de plus en plus accrue face à tous ceux qui portent cette nécessité de transition écologique », a résumé Philippe Beaudouin.
« Un procès politique »
Joël Rivière n’attendait pas grand-chose de ce verdict. « La cour d’appel a rendu une décision plus politique que de droit ». Militante NPA-A (L’Anticapitaliste), Christine Coulon a vivement regretté le jugement rendu, voyant dans celui-ci une « opération politique ». « L’objectif est d’intimider, de museler afin de faire peur aux militants. Toute l’enquête réalisée à mon encontre l’a été sur la base d’une photo. J’ai été intégrée à ce dossier pour mes opinions politiques. C’est donc un procès politique », s’est indignée la militante d’extrême gauche.
Un verdict « déroutant »
L’avocate des prévenus, Camille Souleil-Balducci, déplorait l’utilisation des termes utilisés à l’encontre des prévenus. « L’association de malfaiteurs ne peut pas sanctionner la commission de fautes, mais des actes préparatoires bien en amont, ce qui n’est pas le cas dans ce dossier. Pour l’une des prévenues, la cour d’appel s’est référée au militantisme de cette dernière. L’engagement personnel a été pris en compte dans le verdict. C’est assez déroutant et inquiétant », s’est insurgée l’avocate au barreau de Paris.
La Cour de cassation va juger l’interprétation des lois
Le pourvoi en cassation va permettre à la Cour de cassation de pouvoir interpréter l’application des lois par la cour d’appel de Rouen. « Nous estimons qu’il y a eu de nombreux manquements. Le déploiement de la sous-direction antiterroriste, l’exploitation de fichiers personnels, le fait que Lafarge dresse un constat d’huissier plusieurs jours après les faits, etc. Aussi, la liberté d’expression doit permettre certains rassemblements », complète l’avocate. Le verdict est attendu d’ici 9 à 18 mois.
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