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La crise financière du groupe immobilier Simple Investor Real Estate Group (SIREG) plonge des milliers de propriétaires et de locataires dans l’incertitude en Ontario. À London, des résidents doivent notamment composer avec des problèmes de chauffage et d’ascenseur, tandis qu’un administrateur nommé par la cour a pris en charge la gestion de plusieurs immeubles, dont quatre copropriétés de la ville.
Après avoir annoncé qu’elle ne pouvait plus garantir les revenus locatifs versés aux investisseurs, plusieurs membres des conseils d’administration des copropriétés contrôlés par SIREG ont démissionné.
L’organisme ontarien chargé de réglementer les gestionnaires de copropriétés a depuis révoqué le permis d’exploitation de l’entreprise pour ne pas avoir respecté les règles exigeant que les frais de copropriété soient déposés dans les comptes d’exploitation et de réserve des immeubles.
La semaine dernière, un juge a nommé Brian Antman à titre d’administrateur pour assurer la gestion des immeubles. Selon des documents judiciaires, des créanciers craignaient que les comptes de SIREG ne disposent pas des fonds nécessaires pour couvrir les dépenses courantes.
Nous faisons face à une situation complexe et très délicate, affirme Amin Lalji, propriétaire d’un logement en copropriété à London auparavant géré par SIREG.
M. Lalji fait partie d’un groupe de propriétaires qui échangent des renseignements et collaborent avec l’administrateur nommé par la cour.
Il est question de la vie des gens, des locataires qui habitent ces immeubles et, dans certains cas, d’enjeux de santé et de sécurité.
Selon M. Lalji, les propriétaires demeurent préoccupés par leurs investissements, mais l’intervention de l’administrateur a jusqu’à présent permis de stabiliser les activités des immeubles.
Ce dernier peut notamment percevoir les loyers et utiliser les sommes recueillies pour assurer les services essentiels, en attendant l’élection de nouveaux conseils d’administration des copropriétés.
Des problèmes persistants
Les difficultés des locataires de certains immeubles autrefois gérés par SIREG ne sont pas nouvelles.
En août, des résidents du 756, promenade Kipps, à London, avaient été privés d'eau chaude pendant près de trois semaines, les obligeant notamment à faire bouillir de l'eau pour se laver et faire la vaisselle. La Ville avait alors indiqué avoir reçu des plaintes et travailler avec le gestionnaire de l'immeuble pour rétablir ce service essentiel.

Ryland Nisbet habite le complexe résidentiel de la promenade Kipps depuis près de 10 ans. Des problèmes liés aux services essentiels dans cet immeuble ont déjà fait l’objet de plaintes auprès des autorités municipales.
Photo : Radio-Canada / Andrew Lupton
Deux mois plus tard, les problèmes persistent. Ryland Nisbet, qui habite l'immeuble de 10 étages avec son épouse depuis 2017, affirme que les résidents sont désormais privés de chauffage, malgré la baisse des températures automnales.
C'est difficile d'imaginer pire. Les ordures s'accumulent, un de nos ascenseurs ne fonctionne pas. La nuit, il fait aussi froid dans nos chambres qu'à l'extérieur.
Selon lui, les résidents ont été informés que les réparations du système de chauffage pourraient prendre jusqu'à 90 jours. L'un des deux ascenseurs de l'immeuble est également hors service depuis mai.
Certains locataires ont choisi de déménager, mais M. Nisbet et son épouse préfèrent rester, leur loyer étant moins élevé que ceux actuellement proposés sur le marché.
J'espère que la situation va s'améliorer, mais pour le moment, je ne suis pas très optimiste, confie-t-il.
Des investisseurs inquiets
Les difficultés de SIREG touchent également les investisseurs qui ont acheté des logements en copropriété dans le cadre de son modèle d’affaires.

SIREG achetait des immeubles locatifs, les transformait en copropriétés et revendait les logements à des investisseurs. Elle se chargeait ensuite de percevoir les loyers, de gérer les locataires et de payer les services publics, avant de verser un revenu mensuel aux propriétaires.
Photo : Radio-Canada / Andrew Lupton
Selon M. Lalji, plusieurs de ces investisseurs comptaient sur ces revenus pour rembourser leur prêt hypothécaire ou compléter leur épargne-retraite.
La situation pourrait aussi entraîner une hausse des frais de copropriété. Selon M. Lalji, plusieurs immeubles gérés par SIREG ne disposaient pas de fonds de réserve suffisants pour couvrir les travaux d’entretien et les réparations.
Les factures impayées représentent un autre défi. Selon un document judiciaire, SIREG doit notamment 212 000 $ à London Hydro. La société d’électricité n’a pas confirmé ce montant, mais affirme être au courant de la situation et travailler à une solution pour éviter toute interruption de service aux clients.
Le conseiller municipal sortant du quartier 3, Peter Cuddy, qui a reçu plusieurs plaintes concernant les conditions de vie dans les immeubles de l’avenue Kipps, estime que la Ville devrait faire tout ce qu’elle peut pour venir en aide aux locataires, notamment en évitant les interruptions de service liées aux factures impayées.
Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour les aider, affirme-t-il. Ils ont déjà traversé deux années difficiles et ils ne sont pas responsables de cette situation.
Avec les informations de Andrew Lupton, de CBC


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