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Sionisme et antisionisme : les regards croisés de la sociologue Sylvaine Bulle et du philosophe Michel Feher

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Olivier Dangla

Propos recueillis par Anne Dujin

Publié aujourd’hui à 11h00

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EntretienL’autrice d’« Israël après le 7-Octobre », qui critique les impasses d’un antisionisme militant, et l’auteur de « Redevenir juif. La fin d’un pacte de blanchiment réciproque », qui revendique une identité juive diasporique et antisioniste, ont accepté de confronter leurs points de vue dans un entretien au « Monde ».

Le 7-Octobre, la guerre à Gaza et l’embrasement régional qui s’est ensuivi ont exacerbé les débats, déjà intenses, autour des notions de sionisme et d’antisionisme, dont les significations et les usages ont évolué, jusqu’à délimiter de nouveaux clivages intellectuels et politiques. A gauche, en particulier, qu’il s’agisse de décrire la situation au Moyen-Orient ou d’interpréter les échos du conflit dans les sociétés occidentales, le rapport au sionisme, à la fois comme projet politique et comme idéologie, est devenu le lieu d’une fracture.

Deux ouvrages récents éclairent, avec des points de vue différents, les reconfigurations en cours. Dans Israël après le 7-Octobre (Presses universitaires de France, 196 pages, 17 euros), Sylvaine Bulle, professeure de sociologie rattachée à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, critique les impasses d’un antisionisme militant qui ignore la complexité des réalités autant israéliennes que palestiniennes. Contre les abstractions, elle défend l’importance de l’effort sociologique pour situer nos débats au plus près des sociétés en prise avec ce conflit.

Dans Redevenir juif. La fin d’un pacte de blanchiment réciproque (La Découverte, 224 pages, 16,50 euros), Michel Feher, philosophe, fondateur de la maison d’édition new-yorkaise Zone Books et du média en ligne Diagrammes, considère que la stratégie consistant à assimiler l’antisémitisme à l’antisionisme est au cœur du projet de l’internationale réactionnaire. Face à cela, il défend la condition diasporique comme antidote aux identités nationales.

Dans un débat public très vif sur le conflit israélo-palestinien, qu’avez-vous souhaité apporter ?

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