Pour la première fois en Europe, le Musée Guimet, à Paris, consacre une exposition d'envergure au royaume de Silla, une civilisation méconnue qui fut pourtant l'une des plus brillantes d'Asie de l'Est. Fondé en 57 avant J.-C., ce royaume a exercé une influence considérable sur les échanges culturels et artistiques de son époque.
Jusqu'au 31 août, les salles du Musée Guimet se parent d'or. Dagues, colliers pectoraux, ornements de selles de cheval, statues de Bouddha... Dans les trésors royaux du royaume de Silla, le métal précieux est omniprésent.
Un rayonnement bien au-delà de la Corée
Pendant près d'un millénaire, ce peuple du sud-est de la péninsule coréenne a développé un savoir-faire exceptionnel dans le travail de l'or. Bols, bijoux et boucles d'oreilles témoignent de cette maîtrise : larges anneaux pour les femmes, modèles plus fins pour les hommes.
Au début du XXe siècle, plusieurs couronnes d'or datant du Ve siècle ont été mises au jour. Surmontées de motifs évoquant des bois de cerf, ces tiares en or de 23 carats symbolisaient le lien entre le ciel et la terre, reflétant les croyances spirituelles de l'époque.
Situé au carrefour des influences japonaises, chinoises et nomades des steppes, le royaume de Silla a joué un rôle central dans les échanges en Asie orientale. Son alliance avec la célèbre dynastie Tang lui permit d'étendre son territoire et son influence. Son savoir-faire en orfèvrerie, notamment la technique du cloisonné à grenats — qui consiste à sertir des pierres dans de fines cloisons d'or —, s'est diffusé bien au-delà de la péninsule coréenne. Des objets réalisés selon cette technique ont ainsi été retrouvés dans les tombes mérovingiennes de Saint-Denis, témoignant de l'ampleur des échanges entre l'Orient et l'Occident.


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