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C'est sur la côte nord-ouest de Mumbai que transite 95% de la bande passante internationale de l'Inde vers l'Europe, l'Afrique et l'Asie occidentale. Sur les dix-huit câbles sous-marins intercontinentaux que possède le pays, treize sont installés sur une bande de six kilomètres en bordure marine de la capitale commerciale du pays.
S'ils venaient à être coupés simultanément, la panne générale pourrait être évitée grâce à un système de réacheminement du trafic vers d'autres points d'atterrissage, mais une grande partie de la bande passante internationale transitant par l'Inde serait néanmoins affectée.
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Avec plus d'un milliard d'abonnés au haut débit fin 2025, le pays est aujourd'hui l'un des plus grands marchés de l'Internet au monde grâce à ses données bon marché. L'économie numérique, en pleine croissance, dépend de plus en plus de ces câbles, dont la maintenance est pourtant à un stade de vulnérabilité critique.
Une demande galopante
Si l'Inde représente environ 20% de la consommation mondiale de données, elle n'est connectée qu'à environ 3% des câbles sous-marins de la planète: un écart criant et de plus en plus contraignant entre les capacités du pays à fournir des données, et ses infrastructures physiques.
Selon le centre de recherche Takshashila Institution, sur les dix-huit câbles internationaux indiens, onze ont déjà plus de 20 ans, alors même que la durée de vie d'un câble sous-marin est de 25 ans.
Si le risque d'un sabotage à grande échelle reste limité, c'est en réalité le risque de dégradation des câbles qui fait peser sur le système la plus grande menace. Comme le rappelle la BBC, on estime qu'il y a entre 150 et 200 pannes de câbles par an dans le monde, la plupart causées par la pêche, les ancres de navires, les risques naturels et les défaillances matérielles.
Des infrastructures vieillissantes
Or l'Inde ne dispose pas de navires de réparation de câbles sous-marins pour réagir rapidement en cas d'accident. Elle doit faire appel à des navires étrangers, qui doivent eux-mêmes obtenir l'autorisation d'opérer dans les eaux indiennes, ce qui allonge considérablement les délais et provoque souvent un imbroglio administratif.
De même, la planification de nouveaux câbles sous-marins prend entre trois et quatre ans, et la pose jusqu'à deux ans, en fonction de la longueur du câble installé. Alors que les différentes étapes du processus sont gérées à travers seize agences différentes relevant des télécommunications, de la défense, des affaires intérieures, du transport maritime, des ports, de l'environnement et des autorités de l'État, cette gouvernance fragmentée représente un obstacle majeur au huilage de la procédure.
«La connectivité s'est historiquement concentrée autour de Mumbai parce que l'écosystème, les infrastructures et la demande y étaient déjà concentrés. Mais cette concentration représente précisément le risque que l'industrie doit éviter», explique Amajit Gupta, PDG de Lightstorm, une société d'infrastructures numériques.
La question aujourd'hui est moins de savoir si l'Inde est en capacité de remplacer ses anciens câbles, que de savoir si les nouvelles capacités terrestres et sous-marines peuvent suivre le rythme de la demande induite par l'IA, qui ne fait que grandir. Entre 2020 et aujourd'hui, la capacité installée des centres de données est passée de 375MW à environ 1.575MW. Une augmentation colossale qui risque à moyen terme d'aggraver encore le décalage entre la demande mondiale et les infrastructures indiennes.





























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