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«Seule l’envie de gagner nous fait tenir» : que devient Thibault Belanger, vainqueur de «Koh-Lanta, la tribu maudite» ?

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ENTRETIEN - Un an et demi après sa victoire dans le jeu d’aventures animé par Denis Brogniart, l’agriculteur corse se confie sur cette expérience qui lui a permis de tourner une page importante de son existence.

Le 3 décembre 2024 sur TF1, Thibault Belanger avait été déclaré vainqueur de « Koh-Lanta, la tribu maudite » et avait remporté un chèque d’un montant de 100.000 euros. Une saison du jeu d’aventures animé par Denis Brogniart et tournée aux Philippines durant laquelle l’agriculteur corse âgé de 34 ans à l’époque avait obtenu neuf voix du jury final en sa faveur contre quatre pour Charlotte Rasquin.

Alors que l’édition de « Koh-Lanta, les reliques du destin »  s’apprête à connaître son issue le 23 juin, Thibault Belanger est revenu sur son parcours dans l’émission et a partagé ses nombreux souvenirs. Une aventure que le passionné de rugby serait prêt à refaire avec une motivation intacte et de nouveaux objectifs.

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LE FIGARO. – Quel avait été le déclic de votre inscription à « Koh-Lanta » 
Thibault BELANGER. – C’est une émission qui me passionne depuis longtemps mais je n’avais jamais trouvé le temps de m’inscrire et encore moins d’y participer. Je sortais d’une période difficile de ma vie, je venais de me séparer de la maman de mes filles. C’était douloureux, j’avais du mal à me retrouver dans mon travail et dans mon quotidien. Donc j’avais décidé de m’accorder ce temps pour moi. Je me suis inscrit et ça a marché du premier coup.

Certains candidats tentent plusieurs fois le casting avant d’être retenus, comprenez-vous pourquoi la production a apprécié votre profil ? 
C’est difficile de le savoir. Chaque saison, on voit que le casting de « Koh-Lanta » est composé d’une diversité de profils avec des gens performants sur les épreuves, d’autres dans le domaine de la survie, des jeunes et des moins jeunes… J’avais peut-être ce côté un peu « corsé » qu’ils recherchaient, quelqu’un qui a la niaque. J’ai le sens du collectif et la volonté de gagner, cela m’a beaucoup aidé durant l’aventure.

Y avait-il une motivation qui vous dissuadait, quoi qu’il arrive, de baisser les bras ? 
C’est vrai que j’étais dans une situation personnelle où j’avais beaucoup souffert. J’allais là-bas pour me prouver quelque chose, pour prouver à mes filles que, dans la vie, on va passer par des moments compliqués mais qu’il faut s’accrocher et ne jamais lâcher. Je pense que la production a vu ce côté-là de moi en parlant de mes filles, de l’héritage et des valeurs que je voulais leur inculquer. Et il y a aussi ma passion pour le rugby que je pratique depuis petit. Un sport qui met en valeur l’entraide et la solidarité. Comme sur le terrain, j’allais dans « Koh-Lanta » pour m’engager pleinement.

« Mon honnêteté a été payante et, surtout, ma volonté permanente de nourrir le camp »

Thibault Belanger

Qu’appréhendiez-vous le plus avant votre départ de la Corse pour les Philippines ? 
Lorsque nous regardons l’émission dans notre petit canapé avec des pop-corn et une boisson, ça semble assez simple. Mais de l’extérieur, on ne perçoit que le sommet de l’iceberg de la souffrance des aventuriers et du manque de nourriture. Mon appréhension, c’était la faim parce que je suis un gros mangeur. Le manque de mes proches également, surtout de mes filles. Et en dernier, la vie en collectivité parce que je craignais de tomber sur des gens trop grande gueule. J’ai horreur de ça. J’ai eu la chance de tomber sur une bonne promotion avec des aventuriers sympas et fair-play.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant vos 41 jours d’aventure ? 
C’est de réussir à vivre comme des Robinson au milieu d’une méga production télé où il y a des caméras partout et des journalistes qui, eux, mangent à leur faim et dorment comme il faut. Et nous, on vit comme s’ils n’étaient plus là, c’est quelque chose de très surprenant. On retrouve notre instinct primaire très rapidement face à la nature. Ces 41 jours, ce n’est pas si long mais cela nous paraît être une éternité. On compte les jours, on n’en peut plus. À la fin, on a tous envie d’arrêter. Il n’y a que l’envie de gagner qui nous fait tenir.

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Vous avez gagné « Koh-Lanta » sans jamais recevoir un seul bulletin de vote contre vous, comment l’expliquez-vous ? 
Il y a eu un bon combo avec cette promotion où les candidats ont su percevoir ma bienveillance et me le rendre positivement. Bien sûr, j’ai voté contre des gens pour les éliminer, comme tout le monde dans le jeu. Mais quand je construisais mon raisonnement pour voter contre eux, j’étais totalement transparent. Mon honnêteté a été payante et, surtout, ma volonté permanente de nourrir le camp. Je ne ménageais pas mes efforts pour ramener à manger, j’allais pêcher deux à trois heures par jour dans des eaux qui n’étaient pas forcément accueillantes, avec des marées fortes, du courant et des requins. Dans mon métier d’agriculteur, je nourris mon village et, là-bas, j’ai nourri ma tribu.

Votre prénom a fini par être inscrit neuf fois sur un bulletin mais en votre faveur. Saviez-vous que les membres du jury final allaient s’amuser à mal l’orthographier  ? 
J’avais eu vent de cette blague lancée par Sarah avec qui je m’entends très bien, qui aime bien rigoler et plaisanter. Je ne savais pas s’ils avaient vraiment osé et si les bulletins allaient être validés ! (Rires.) Ça m’avait fait sourire pendant le dépouillement de Denis Brogniart. Cette victoire a été forte en émotions. J’étais à la fois heureux pour moi et triste pour Charlotte qui était à mes côtés. C’est quelqu’un de très bienveillant que j’apprécie beaucoup.

Thibault Belanger découvre les votes lors de la finale de « Koh-Lanta, la tribu maudite » le 3 décembre 2024 Capture écran TF1

« Les gens ont du mal à se mettre à la place des aventuriers »

Thibault Belanger

La particularité de cette saison était le retour de deux anciens vainqueurs, Frédéric et Ugo . Comment avez-vous réagi en les découvrant ? 
J’avais un pressentiment parce qu’à notre arrivée sur la plage le premier jour, j’avais compté qu’il y avait deux hommes de moins que les femmes. C’était bizarre. C’était une fierté énorme de voir arriver deux aventuriers aussi redoutables. À l’instar de Teheiura, Ugo fait partie de mes candidats préférés dans « Koh-Lanta ». J’ai apprécié évoluer aux côtés de Frédéric, c’est un grand stratège. J’ai beaucoup appris à ses côtés.

Quand on évolue aux côtés de personnalités qu’on admire mais qui sont aussi des adversaires, la difficulté est de parvenir à les éliminer… 
Voter contre Ugo a été quelque chose de particulier. J’ai d’ailleurs subi énormément d’attaques là-dessus sur les réseaux sociaux. Les gens ont du mal à se mettre à la place des aventuriers. Ils vivent ça devant leur télé, ils idolâtrent les anciens ou même les nouveaux, mais ils jugent trop rapidement. À un moment donné, on appartient à une famille, on vote pour que notre tribu aille le plus loin possible. Et si on laissait Ugo sur la dernière ligne droite, c’était sûr qu’il allait écarter mes alliés des jaunes. Il est tellement intelligent qu’il a compris notre démarche. Il n’a pas mal réagi et il aurait fait la même chose comme il l’a dit.

Qu’avez-vous fait avec votre gain de 100.000 euros ? 
J’avais plusieurs projets et idées dans la tête. J’en ai concrétisé certains avec mes proches. J’ai notamment modernisé mon exploitation et je me suis fait une petite piscine sur mon terrain à côté de ma maison.

« Après “Koh-Lanta”, j’ai vu le bout du tunnel à la suite de ma rupture »

Thibault Belanger

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Vous êtes très attaché à votre métier d’agriculteur, est-ce une vocation personnelle ou un héritage familial ? 
C’était ma volonté, je suis passionné par l’agriculture. Je savais que je ferai ce métier. J’ai un peu baigné dans le milieu dans mon enfance. Déjà, la Corse, terre rurale et pastorale. Ensuite, mon oncle est agriculteur et mon père était enseignant dans les lycées agricoles. Depuis tout petit, élever des animaux, faire le jardin, ça a été mon dada alors que mon père et mon frère, pas plus que ça. C’est un métier passion qui n’est pas facile et où il faut savoir s’adapter en permanence.

Seriez-vous tenté par une deuxième expérience dans « Koh-Lanta » ? 
Oui, bien sûr. S’ils m’appellent, je fonce pour vivre des nouvelles émotions. Il y a des choses que je n’ai peut-être pas réussi à faire durant ma saison. Quand j’y suis allé, je voulais atteindre la réunification et battre le record du plus gros poisson jamais pêché sur « Koh-Lanta ». Je suis passionné de pêche sous-marine avec mon frère, nous avons des eaux poissonneuses au large de la Corse. Aux Philippines, nous avions des eaux surexploitées par les pêcheurs locaux et ils ratissaient tout chaque nuit. J’ai réussi à pêcher des belles loches et des beaux petits mérous, mais qui n’excédaient pas 30 centimètres. Le record est toujours détenu par Ugo qui avait pêché un poisson-lune géant en Polynésie.

Vos filles ont-elles été fières en découvrant leur papa dans les épisodes de « Koh-Lanta » ? 
Oui, totalement. C’est sûr que si j’avais été éliminé dans les premiers, j’aurais eu beaucoup d’appréhension et je pense qu’elles aussi auraient assez mal vécu la chose parce qu’elles sont encore petites. Mais j’ai vu de l’émerveillement et beaucoup de fierté. J’avais gardé le secret sur l’issue de mon aventure, elles ont tout découvert comme tout le monde.

Votre participation à « Koh-Lanta » a-t-elle apaisé vos tourments avec la mère de vos filles ? 
Oui, après « Koh-Lanta », j’ai vu le bout du tunnel à la suite de ma rupture. Mes relations sont apaisées avec la mère de mes filles et nous nous entendons très bien dorénavant.

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