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Séries Mania 2026 : le vibrant message de la jurée iranienne, le truc en plumes de la directrice et la «péninsule» de Daphné Burki

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Les comédiennes de la série d’ouverture The Testaments Chase Infiniti, Ann Dowd et Lucy Halliday posent sur le tapis bleu lillois.

Les comédiennes de la série d’ouverture The Testaments Chase Infiniti, Ann Dowd et Lucy Halliday posent sur le tapis bleu lillois. Castel Franck/ABACA

NOUS Y ÉTIONS - Le festival s’est ouvert à Lille sous le signe de l’importance primordiale de la production audiovisuelle, et plus largement la culture, dans notre monde ravagé par les guerres et les divisions.

Il y a ceux qui en parlent avec sérieux et une urgence vitale. Et ceux qui vont chercher du côté des vieilles chansons à texte pour en causer avec humour. Ce vendredi soir démarrait à Lille l’édition 2026 du festival Séries Mania. Malgré l’atmosphère festive, de rigueur pour une cérémonie d’ouverture, le chaos du monde n’était jamais loin. Il est entré dans un grand fracas et une vague d’émotion viscérale à travers les mots de la réalisatrice et actrice iranienne Ida Panahandeh.

Membre du jury de la compétition internationale, à l’origine de la minisérie primée l’année dernière, At The End of The Night, elle est coincée à Téhéran en raison du conflit. «Mes chers amis, la guerre m’a empêchée de prendre part au jury. Je suis très heureuse de savoir que, quelque part dans le monde, il y a des gens comme vous, des gens qui tentent de faire de notre présent un monde meilleur. Si je ressors vivante des événements en cours, peut-être que je ferai une série qui racontera l’histoire de mon peuple, écrasé pendant des décennies sous le poids de discriminations sociales et politiques, de sanctions économiques, et qui vit maintenant sous les missiles». Et de plaider : «J’aimerais que tous les soldats restent dans leurs propres frontières et se reposent. Pour que les artistes puissent les franchir plus librement». Dans la salle du Nouveau Siècle, l’émotion était à son comble.

À lire aussi Séries Mania 2026 : des fictions pour « faire rire, pleurer mais aussi comprendre le monde »

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«Faites l’amour, pas la guerre»

Les gorges nouées, mais pas seulement, car il faut bien avancer, marquer son soutien et continuer de dire, justement au travers de l’objet sériel, ce réel à la fois si stimulant, si terrifiant, si drôle et si émouvant. Daphné Burki, plus en forme que jamais, est allé piocher du côté de Woodstock et de la chanson française pour répandre sa bonne parole, à savoir l’humour et le plaisir. Sur fond de «Faites l’amour, pas la guerre», elle a ouvert le bal par un délicat hommage à Colette Renard : «Ce soir, il va falloir tremper le biscuit, se désenclaver la péninsule, planter le javelot dans la moquette». On se demande comment le traducteur a retranscrit un discours aussi enflammé (il y avait aussi que les clins d’œil aux municipales, l’élection serrée qui se joue à Lille) aux vedettes anglophones présentes dans la salle.

Laurence Herszberg et Anne Bouverot, respectivement directrice et présidente de Séries Mania. Castel Franck/ABACA / Castel Franck

Jouant l’absolue transparence au sens littéral et vestimentaire du terme, Daphné Burki a laissé une impression mémorable dans une jupe en dentelle translucide brodée qui dévoilait une paire de collants tout aussi translucides. Le public, le truc en plumes - une énorme broche en forme d’anémone - de la directrice du Festival Laurence Herszberg, les équipes invitées et leurs stars, se sont gondolés de plaisir. Parmi elles, Thierry GodardNolwenn Leroy, Cécile de France, Hagai Levi, Bruno Solo, Yvan le Bolloch, Camélia Jordana, Billy Magnussen, Simon Helberg (Big Bang Theory), Constance Gay, Rachida Brakni, une brochette de créateurs de contenus et les talents, immenses, de la série d’ouverture The Testaments, retour dans l’univers dystopique de The Handmaid’s Tale . Un enfer vu cette fois du côté de l’élite de Gilead.

La série, que Disney + mettra en ligne le 8 avril, est incarnée par la révélation du film de Paul Thomas Anderson Une bataille après l’autre  Chase Infiniti, qui jouait la fille de Leonardo DiCaprio. Des Oscars à Lille, la comédienne de 25 ans a apporté la même élégance sur le tapis bleu de Séries Mania que sur le tapis rouge de Los Angeles. L’égérie Louis Vuitton était resplendissante dans une robe bleu électrique à crinoline volumineuse. Elle était accompagnée de ses partenaires la jeune actrice écossaise Lucy Halliday et de la vétéran Ann Dowd, la terrifiante tante Lydia ! Difficile d’en dire plus car dérogeant aux usages généralement en vigueur en festival, Disney + a maintenu jusqu’au 2 avril son embargo critique. Réduisant au silence aussi bien les journalistes que les spectateurs.

Une fausse note dans un océan de promesses. À l’image de l’excentrique mais franc président du jury. Faisant remarquer qu’il n’avait pas été récompensé l’an dernier pour sa comédie d’espionnage pourtant originale et irrésistible La voisine danoise, le scénariste et réalisateur islandais Benedikt Erlingsson a promis d’inclure dans son palmarès «les meilleures séries» en lice. Il pourra se mettre au travail dès aujourd’hui en découvrant la série carcérale britannique Waiting For The Out et la satire de la Silicon Valley The Audacity.

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