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Une fois de plus, ce sont les voyageurs qui paieront l'addition. Du 26 au 30 janvier, le rail devrait être paralysé pendant cinq jours. Cinq jours de trop pour des centaines de milliers de travailleurs, d'étudiants, de patients, de citoyens qui n'ont pourtant rien demandé. Une grève d'une semaine, en plein hiver, annoncée froidement comme une évidence. Comme si le pays devait s'y faire.
Les syndicats du rail invoquent la fin programmée des engagements statutaires à la SNCB et chez Infrabel. Ils redoutent un affaiblissement de l'équité entre travailleurs, une contractualisation généralisée qui, selon eux, dénaturerait le service public ferroviaire. À cela s'ajoutent une modification des règles de concertation sociale, une baisse des dotations à la SNCB et des incertitudes persistantes sur les pensions.
Tout cela mérite débat. Tout cela mérite dialogue. Mais tout cela justifie-t-il de bloquer le pays pendant une semaine entière ? À l'évidence, non. D'autant que cette action s'ajoute à d'autres grèves annoncées et qu'elle intervient après plusieurs mouvements menés en novembre, déjà très perturbants. Elle frappe un service public vital, dans un contexte où la mobilité durable est érigée – à juste titre – en priorité collective. Elle touche d'abord ceux qui n'ont ni voiture, ni possibilité de télétravailler, ni plan B.
La grève est un droit. Personne ne le conteste. Mais à force d'en faire un réflexe pavlovien, elle finit par perdre de sa force symbolique, voire de sa légitimité. Le préavis est déposé début janvier, le conflit est présenté comme inévitable, et les voyageurs sont priés de s'organiser. Traduction : débrouillez-vous.
Les nouvelles gares de la SNCB envoient un message clair : "Si on avait voulu exprimer que c'est bon marché, on n'aurait pas fait mieux"Ce qui frappe, dans ce dossier, c'est le déséquilibre croissant entre ceux qui décident et ceux qui subissent. Les syndicats disent ne plus croire à la négociation, évoquent des marges de manœuvre inexistantes, des discussions stériles avec le ministre fédéral de la Mobilité. Peut-être. Mais en désertant le terrain du compromis pour investir celui du blocage, la colère change de camp. Car à force de défendre des statuts sans jamais parler du service rendu, à force de dénoncer les réformes sans jamais reconnaître les contraintes budgétaires, à force de menacer sans convaincre, le message se brouille.
La modernisation du rail est un chantier sensible et complexe. Elle exige du courage et du sens des responsabilités, tant du côté gouvernemental que syndical. Une semaine de grève, ce n'est pas un signal. C'est une rupture.
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