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Le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or (CAAVD) s’inquiète des nouvelles mesures annoncées par la Ville de Val-d’Or pour sécuriser son centre-ville.
Les autorités municipales ont annoncé, la semaine dernière, la fin du moratoire sur les peines d’emprisonnement pour les infractions aux règlements municipaux.
La Ville a aussi annoncé vouloir revoir le programme Anwatan-PAJIC, géré en collaboration avec le Centre d'amitié autochtone, qui offre des mesures de justice alternatives pour les personnes itinérantes ou vulnérables.

À Val-d'Or, la population est confrontée à des enjeux de délinquance et d'itinérance au centre-ville. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry
Directrice générale du CAAVD, Édith Cloutier déplore que l’organisme n’ait pas été impliqué dans la décision de mettre en place ces deux mesures, qui représentent pour elle un pas en arrière.
On est surpris, lance-t-elle. Ça fait 10 ans qu’on coconstruit avec la Ville le modèle du PAJIC, pour déjudiciariser la question de l’itinérance et accompagner les personnes vulnérables pour leur apporter des solutions. Le Val-d’Or d’aujourd’hui n’est pas le far-west d’hier.
Ça mérite une bonne discussion avec le conseil et le maire, parce que les efforts investis ne peuvent pas être éclipsés par des mesures contre-productives qui coûtent cher et qui, au final, ne donnent pas le résultat final escompté.
Le programme Anwatan-PAJIC a accompagné 69 participants depuis 2019 vers des mesures de justice alternatives, des chiffres qui témoignent de son efficacité, selon Édith Cloutier.
On est curieux de savoir ce que la Ville pense qui doit être amélioré ou modernisé, ajoute-t-elle. Les mesures alternatives de justice, c’est une nouvelle porte qu’on offre à des gens qui ne sont pas des meurtriers ou des agresseurs. Ce sont des gens vulnérables, qui occupent l’espace public et qui, oui, peuvent commettre des méfaits. Il n’y a rien qu’on ne peut pas corriger ou amener les gens à corriger en leur offrant des services dans un esprit de globalité.
Rapport du coroner
Le Centre d’amitié autochtone a aussi réagi mercredi au rapport de la coroner Stéphanie Gamache sur le décès de Pasha Ekoomiak, une femme autochtone itinérante, en 2023, à l’urgence de l’Hôpital de Val-d’Or.
Édith Cloutier accueille favorablement les conclusions du rapport, qui met en lumière l’importance de renforcer les filets de sécurité sociale et d’ancrer les services dans une démarche de sécurisation culturelle.

La coroner a retenu trois des quatre recommandations formulées par le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, une nouvelle qui réjouit Édith Cloutier.
Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry
Oui, il y a une amélioration des services à Val-d'Or depuis 10 ans, avec une approche qui rejoint davantage les populations plus vulnérables, souligne-t-elle. On y contribue avec les autres partenaires. Mais il y a toujours place à l’amélioration et on déplore que ça prenne le décès tragique d’une femme vulnérable pour révéler ces éléments-là. On doit s’assurer que d’autres femmes comme Pasha soient entourées dans une approche globale de mieux-être.
Édith Cloutier se réjouit aussi que trois recommandations émises par le Centre d’amitié aient été retenues par la coroner, notamment la possibilité de mettre en place des lits de transition post-hospitaliers et la demande d’un financement suffisant et pérenne pour sa clinique de santé autochtone.
Ça fait écho à la Commission Viens qui recommandait qu’on soutienne financièrement des cliniques comme celle-là. On voit qu’il y a une réflexion qui est portée à l’échelle du gouvernement pour qu’il agisse concrètement en amont de l’itinérance, ajoute la directrice générale du CAAVD.


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