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Seconde Guerre mondiale. Il y a 82 ans les "souris grises " allemandes quittaient Menneval

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Quelque 250 allemandes travaillaient durant la Seconde Guerre mondiale au centre de transmission de Menneval (Eure). Voici leur histoire.

Sur le même thèmeHistoireLibérationSeconde Guerre mondiale

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une autre souris grise anonyme photographiée ddans le studio du photographe officielle de l'armée allemande installe ruee Thiers , l'actuelle studi Perdereau .

Une « souris grise » anonyme photographiée dans le studio du photographe officiel de l’armée allemande installé rue Thiers à Bernay, l’actuel studio Perdereau. ©Collection privée

Par Rédaction Bernay Publié le 26 août 2026 à 18h06

L’histoire de « la centrale », ce bunker situé à Menneval près de Bernay (Eure) servant de centre de transmission durant la Seconde Guerre mondiale, est assez peu connue. C’est là que travaillaient pour l’armée allemande quelque 250 « souris grises », qui à la libération de Bernay, il y a 82 ans, se sont enfuies. Certaines ont péri lors de l’attaque d’un avion allié. Ci-dessous l’histoire du lieu et de ces dames.

Samedi 15 juin 1940 16 h 50, les premiers éléments de reconnaissance allemands entrent dans la ville. Peu de temps après l’armistice était signé apportant à Bernay son lot de malheurs.

Pourtant, la ville de Bernay a été relativement préservée des combats. Ceci malgré la présence de : trois terrains d’aviation (Barville, Beaumont, Bernay) ; six bases de lancement de V1 – Brionne ; Aclou ; Boissy-Lamberville ; Giverville ; Drucourt ; Bournainville-Faverolles – qui n’ont jamais heureusement été opérationnelles ; trois bases radars importantes : Saint-Mards-de-Fresne, Bazoques et la moderne station de Menneval, dont le personnel, les fameuses « souris grises », était surtout féminin.

De toutes ces installations, l’une resta longtemps mystérieuse : le central téléphonique dit « la centrale » situé allée des châteaux à Menneval. Nous avons il y a quelque temps eu l’opportunité d’aller la visiter.

l'un des batiments annexe du central téléphonique allemand sous le couvert du bois

L’un des bâtiments annexe du central téléphonique allemand, camouflé dans le bois de l’allée des châteaux. ©Philippe Wirton

Les origines de « la centrale »

Avant la guerre de 1939, le réseau téléphonique comprenait beaucoup d’artères aériennes, nappes de fils courant le long des routes et des voies ferrées. Il existait des câbles souterrains interurbains, mais posés seulement sur les grandes liaisons.

Dans notre région, il s’agissait de Paris-Rouen-Le Havre (1928) et Rouen-Caen via Pont-l’Evêque (1932). Après l’invasion des troupes d’Hitler, ce réseau passa sous le contrôle de l’occupant, mais il ne suffisait pas. Lors de la construction du Mur de l’Atlantique, afin de s’assurer des transmissions rapides entre les blockhaus côtiers et son État-Major, l’armée d’occupation fit poser un câble téléphonique le long de la côte depuis la Belgique jusqu’à Pont-l’Évêque.

Les cables allemand de

Les cables allemand de « la centrale » servirent juqu’au début des années 2010, tres bons conducteurs ,ils servaienbt entre autres pour les trascaction pour les cartes bancaires. La fibre a sonné la fin de l’ulutilisation de ces cables dont plus personne aujourdhhui ne sait les raccorder !!!! ©Philippe Wirton

Ce câble était relié au réseau PTT partout où c’était possible. Puis, en arrière de celui-ci, un second utilisait le réseau PTT existant de Lille à Rouen, prolongé ensuite par un câble allemand via Bernay, Falaise, Saint-Lô. Ces deux câbles étant reliés entre eux par des bretelles : Bernay-Pont-l’Évêque, Dieppe-Neufchatel-en-Bray, Caen-Falaise.

Un site repris par les PTT

C’est à ce moment que l’occupant installa dans les châteaux de Menneval le centre téléphonique principal du Mur de l’Atlantique.

Réparti entre plusieurs bâtiments (châteaux-blockhaus et baraquements), exploité par des « souris grises », surnom donné aux troupes féminines d’occupation, il fonctionna mal et peu de temps jusqu’à la Libération, car les coupures opérées sur les câbles par la Résistance, les rendaient pratiquement inexploitables. Ses installations furent détruites entièrement en 1944. Les PTT récupèrent alors les câbles à des fins civiles et implantèrent tout naturellement leur centre là où ils arrivaient, c’est-à-dire à Menneval.

L'interiur de

L’intérieur de « La centrale » dont les traces de l’incendie sont encore visibles ©Philippe Wirton

Une liaison fut établie avec le central de Bernay. Après s’être installée provisoirement dans le plus important des blockhaus, l’administration des PTT fit construire un bâtiment sur celui-ci, avec un pavillon pour le Chef de Centre responsable. Cet ensemble fut vite baptisé par les habitants de Menneval « la centrale » (source : bulletin municipal de Menneval).

Un élément central de la chasse allemande

Après des recherches établies par Jacques Delamare, ce site longtemps attribué à la Kriesgmarine (marine de guerre allemande) s’avéra être en fait un élément central de la chasse de nuit allemande pour la région Ouest, en charge de piloter un réseau de 19 radars installés dans les départements normands, dont les deux bases radars les plus proches étaient celles de Bazoques et Saint-Mard-de-Fresne.

Il abritait en fait l’État-major du 53ᵉ Régiment de transmissions aériennes (Luftnarchisten-Regiment 53) créé en avril 1942 à Compiègne, près de Paris. En avril 1943, le régiment fut porté à quatre bataillons, placés sous le commandement de l’état-major. En décembre 1943, ce dernier fut transféré à Bernay. Après la retraite de France, il fut dissous en septembre 1944.

Le personnel de ce régiment était principalement composé de personnel féminin, les fameuses « souris grises » au nombre de 250 à Menneval.

Pourquoi les « souris grises » ?

Les « souris grises » (Graue Mäuse en allemand) était le surnom populaire donné par les populations locales aux auxiliaires féminines de l’armée allemande (Wehrmachthelferinnen), en raison de la couleur gris-vert de leur uniforme.

Ces femmes allemandes n’étaient pas des combattantes, mais elles occupaient des postes administratifs et techniques essentiels pour faire tourner la machine de guerre de la Luftwaffe.

Dans la région de Bernay, elles étaient essentiellement affectées aux transmissions et télécommunications (opératrices radio, standardistes téléphoniques, écoute). Certaines ont été affectées aussi à La détection radar à quelques kilomètres de là, sur la base radar de Bazoques (très liée à la base de Bernay), qui abritait des installations de détection de la Luftwaffe où travaillaient ces auxiliaires. Elles assuraient aussi le secrétariat et la gestion administrative des états-majors logés dans les communes limitrophes comme Menneval.

Sur cette carte postale il est écrit : Noël de guerre 1944. Ma chère petite Régine, en souvenir des moments passés ensemble à Bernay, de la part de Maria. ©Collection Xavier Huard

Elles logeaient «  chez les Pères  »

Beaucoup logeaient dans les dortoirs du petit séminaire «  Chez les pères  », aujourd’hui l’école Saint-Anselme. Elles montaient par le petit chemin de la cavée près de la Croix Coquet pour rejoindre les installations de «  La centrale  » qui se situait dans l’actuelle allée des châteaux. Le site était d’ailleurs défendu par quelques ouvrages bétonnés ou Tobrouck encore visibles.

Le central téléphonique construit par les Allemands était un bunker sous-terrain à deux étages normalisé selon les références allemandes et du même type que la base radar de Douvres la Délivrance.

les Portes blindées sont encore presentes dans les sous-sols à 2 niveaux du Bunker de la

les Portes blindées sont encore presentes dans les sous-sols à 2 niveaux du Bunker de la « centrale » ©Philippe Wirton

Vidé aujourd’hui de tous les câbles (dont certains serviront jusqu’au début des années 2010) et installations, le site est très bien conservé malgré les destructions dues au feu qui dura plusieurs jours. Il appartient aujourd’hui à TDF.

Le 6 juin 1944, une partie du personnel quittait le site et le 24 août 1944 à 5h45, les dernières occupantes mettaient le feu au site, qui brûla plusieurs jours durant. Lors de leur retraite vers Saint-André de l’Eure, l‘un des bus les transportant fut pris pour cible par un chasseur allié. Nombreuses de ces Souris Grises furent tuées et carbonisées et sont enterrées au cimetière allemand de Saint-André de L’Eure.

En début d’après midi les premiers blindés canadiens rentraient dans Bernay ; ne restaient que le souvenir de ces femmes élégantes dans leur uniforme et les petites histoires ou rumeurs d’idylles entre ces Allemandes et quelques Français…

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