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Mercredi matin dans «L’heure des pros», le journaliste a reproché au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur leur prise de position à la suite des accusations de racisme proférés contre un intervenant de CNews.
Passer la publicité Passer la publicitéLe 27 mars dernier sur CNews, le psychologue Jean Doridot était intervenu durant l’émission du soir « 100% Politique week-end » présentée par Olivier de Keranflec’h. À la suite d’un sujet consacré à la ville de Saint-Denis intitulé Un État dans l’État ? dénonçant une dérive séparatiste « après l’élection du maire Bally Bagayoko », le journaliste avait affirmé que « la France Insoumise fait de Saint-Denis la vitrine de son projet pour la France ».
Plusieurs intervenants avaient évoqué les premières décisions et intentions de Bally Bagayoko depuis son élection à la maire de Saint-Denis. « Il essaye de pousser les limites et voir jusqu’où il peut aller », avait lancé Olivier de Keranflec’h avant de donner la parole à Jean Doridot. « C’est important de rappeler que l’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux de la famille des grands singes. Par conséquent, dans toutes collectivités, dans toutes tribus, nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité », avait analysé le psychologue.
Et de poursuivre : « Là, ce qui se révèle avec l’élection de monsieur Bally Bagayoko à Saint-Denis, cela rappelle quand même qu’un maire dans une commune a énormément de pouvoir, cela est vrai depuis toujours. Je ne veux pas faire de procès d’intention, je ne connais pas ce monsieur, nous sommes dans une démocratie et un État de droit, on ne peut pas faire ce qu’on veut ».
Saisie de l’Arcom de Mathilde Panot et dépôt de plainte de Bally Bagayoko
Une heure plus tard, Olivier de Keranflec’h avait fait une mise au point en découvrant, sur les réseaux sociaux, que les propos de Jean Doridot avaient été « déformés ». « Vous auriez comparé le maire de Saint-Denis à un singe », avait relayé le présentateur avant de démentir et rappeler ce qui avait été dit. Le psychologue avait pris le temps de préciser que l’être humain est un mammifère et que sa conviction personnelle est que nous sommes tous des descendants de l’australopithèque Lucy. « J’ai voulu universaliser mon propos », avait-il conclu en rejetant toute idée raciste.
Mais ces explications n’avaient pas convaincu plusieurs parlementaires, dont la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot, de manifester leur intention de saisir l’Arcom. « Il y aura dépôt de plainte », a assuré Bally Bagayoko qui a également demandé la fermeture de la chaîne info. « J’ai trouvé ces attaques ignobles », a réagi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur RTL. Quant au Premier ministre Sébastien Lecornu, il a assuré qu’il demanderait « au préfet de Seine-Saint-Denis de se constituer partie civile » aux côtés du maire de Saint-Denis lorsqu’il aura déposé sa plainte.
« Messieurs Lecornu et Nuñez devraient s’excuser »
Pascal PraudMercredi matin dans « L’heure des pros » sur CNews et Europe 1, Pascal Praud est revenu sur ces propos de Jean Doridot « interprétés de manière scandaleuse » en diffusant un extrait d’une matinale de France Inter de mai 2017. Le paléoanthropologue Pascal Picq y avait été invité pour parler de son livre intitulé Qui va prendre le pouvoir ? Les grands singes, les hommes politiques ou les robots (éditions Odile Jacob). « Un livre où vous ne cessez de jeter des ponts entre le comportement des singes et celui des Hommes, en particulier celui des hommes politiques », avait souligné le présentateur Patrick Cohen.
Pascal Praud a fait remarquer que personne à l’époque ne s’était insurgé contre l’analyse faite par Pascal Picq à l’antenne de la station du service public. « Quand des gens vous attaquent au plus haut niveau de l’État et se permettent de dire que les propos qui ont été tenus sont ignobles, Messieurs Lecornu et Nuñez devraient s’excuser ! », s’est-il emporté en espérant que l’Arcom comme la justice étudieront cette ancienne séquence de France Inter comme celle de CNews.
« Cela s’appelle de l’instrumentalisation, il ne faut pas être dupe. Notre travail est de le dire, a poursuivi Pascal Praud. Quand il y a du racisme, notre travail est de le souligner parce que le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. [...] Mais tout ce cirque monté au plus haut niveau de l’État avec l’extrême centre et l’extrême gauche qui veulent faire fermer CNews, c’est juste un scandale. Pour moi, Sébastien Lecornu s’est discrédité à jamais. Et pareil pour Laurent Nuñez. »


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