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Se « sucrer le bec » à la cabane et briser l’isolement des aînés

2 month_ago 21

         

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À Rimouski, l’organisme Les Petits Frères organisait un dîner à la cabane à sucre lundi, pour contrer l’isolement chez les aînés. Mais au-delà du bénévolat, ce sont des amitiés qui se nouent entre ces bénévoles et leurs « grands amis » du troisième âge.

Il y a sept ans, Mireille Bernier et Monelle Bujold ont fait connaissance grâce au jumelage des Petits Frères. Depuis, elles partagent une complicité manifeste.

Malgré que c’est une dame qui aime dormir le matin, elle s’est levée ce matin pour venir, dit Monelle Bujold, en lançant un regard taquin à son amie.

Ça me fait plaisir d’être là!, répond cette dernière, en ajoutant que Monelle est venue la chercher chez elle pour l’amener à l’érablière de la route du Bel-Air, puisqu’elle n’a plus de voiture.

C’est pas juste du bénévolat, c’est pas seulement une dame que je visite, atteste Suzanne Rajotte, qui termine sa soupe aux pois à en compagnie de sa grande amie, Marie-Berthe Noël, qu’elle visite régulièrement depuis trois ans. On se visite entre amies, insiste-t-elle, et c’est ça qui est la beauté de la chose.

Moi, je trouve que ça aide ta vie sociale et la vie sociale de l’autre.

Si le jumelage permet de créer des liens significatifs, et parfois sur des années, la création de liens entre les bénévoles et les aînés peut prendre différentes formes, y compris des appels téléphoniques plus ponctuels, explique le coordonnateur de l’organisme, Carl Desrosiers. On s’adapte aux besoins des aînés et des bénévoles, dit-il.

L’organisme compte actuellement environ 55 bénévoles, majoritairement des étudiants ou des personnes retraitées, et une soixantaine d'aînés accompagnés chez eux, en résidence ou en CHSLD.

Des personnes aînées assises autour de longues tables dans une salle chaleureuse.

L'activité pascale a rassemblé une trentaine de personnes à l'Érablière Gendreau à Rimouski.

Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent

Nouer des liens pour briser l’isolement

À la table voisine, Kim Ouellet et Thérèse Cimon terminent leur repas.

C'est ma troisième fille, mais elle est adoptée, dit en riant Mme Cimon, c'est mon petit rayon de soleil.

On s'est adoptées mutuellement, répond Kim, touchée par les paroles de sa grande amie qui a plus du double de son âge.

J’ai toujours eu une passion pour aider les autres, relate la jeune femme qui se rappelle leur première rencontre, il y a quelques mois.

Je suis allée chez madame Thérèse, on a parlé ensemble, on a appris à se connaître. Et j’ai rencontré son beau chat, Pompom. Et en résidant sur la même rue, c'est full facile de se voisiner quand on veut, dit-elle.

Je suis bien contente qu'elle fasse partie de ma vie, témoigne l’aînée.

De bénévoles… à grands amis

Les bénévoles sont souvent là pour plusieurs années, expose Carl Desrosiers, parce que c’est très flexible comme bénévolat, donc les gens peuvent facilement le joindre à leurs activités régulières.

Carl Desrosiers attablé avec d'autres personnes, souriant à sa voisine.

Le coordonnateur de l'organisme Les Petits Frères de Rimouski, Carl Desrosiers (au centre) a dîné en compagnie d'aînés et de bénévoles.

Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent

Le passage de bénévole à grand ami survient aussi parfois, témoigne le Carl Desrosiers. Les bénévoles retraités, j’en ai que ça fait assez longtemps qu’ils sont avec nous, ils font partie de la famille.

Gérald Henry en est l’exemple : longtemps bénévole au sein de l’organisme, l’homme de 86 ans se modère un peu aujourd’hui — de son propre dire — mais continue de participer aux activités activement. Il accompagne aujourd’hui sa grande amie, une dame de 94 ans.

Quand elle a des sorties à faire, c’est moi qui y vais, explique-t-il, en ajoutant l’avoir aidée à déménager la semaine précédente.

Selon M. Henry, il n’y a rien de plus important que ça dans le monde, que de venir à la cabane à sucre un lundi de Pâques.

C’est du social [...] c’est de l’amour, c’est tout simplement ça.

Le bénévolat est aussi une façon pour les aînés de briser leur isolement, en aidant d’autres aînés.

C’est se sentir utile, renchérit, Henriette Routhier, 84 ans, assise à sa droite. Même si je suis aînée, j’aime ça me sentir utile.

Henriette et Gérald, attablés dans une salle chaleureuse devant un repas traditionnel de cabane à sucre.

Henriette Routhier et Gérald Henry prennent part à l'activité des Petits Frères de Rimouski.

Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent

À l’âge où je suis rendu, c’est moi le grand ami, concède toutefois l’homme à la chemise à carreaux.

Grand ami ou bénévole , ce sont, tout compte fait, des étiquettes dont on n’a pas nécessairement besoin, affirme Carl Desrosiers, qui préfère parler d’une famille.

Le coordonnateur voit ainsi l’implication bénévole comme un investissement, pour ceux qui, un jour, à leur tour, pourraient avoir besoin d’une aide bienveillante.

La promesse des Petits Frères, dit Carl Desrosiers, c’est quand même d’accompagner les personnes jusqu’à leur mort et c’est rare que des organismes font cette promesse-là.

L’organisme Les Petits Frères à Rimouski soulignera son 20e anniversaire d’existence cet été et organisera un pique-nique pour l’occasion.

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