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Se gouverner, gérer ses ressources : l’autonomie des Acadiens débattue à Edmundston

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La nation acadienne serait à la croisée des chemins, croit le sociologue Joseph Yvon Thériault. Aux états généraux de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, qui se déroulaient au Centre Maillet, à Edmundston, des militants se sont rassemblés pour réfléchir à l’avenir.

La participation politique du peuple acadien et son implication dans sa propre gouvernance ont été évoquées durant toute la fin de semaine.

Un homme est debout sur une scène avec un micro et, à côté de lui, une définition du concept d'autonomie institutionnelle est projetée sur écran géant.

Le principe d'autonomie institutionnelle est expliqué au dernier des trois jours des états généraux de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, dimanche, au Centre Maillet, à Edmundston.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

À ce sujet, le politologue Roger Ouellette, nouvellement retraité de l’École des hautes études publiques, a lancé un signal aux élus pour qu’ils sortent de l’inertie perçue par une partie de la population.

Si les gens veulent une quête d’autonomie, c'est parce qu’on trouve que la députation acadienne ne joue pas pleinement son rôle pour défendre, a déclaré M. Ouellette, samedi.

Le concept a été décrit comme de l’autonomie institutionnelle.

Un document intitulé «Point 15, proposition 5» est projeté sur grand écran dans une salle de conférence.

La proposition d'autonomie constitutionnelle apparaît sur un écran du Centre Maillet.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

C'est un concept, quant à moi, qui est très englobant et qui répond un peu à mes plus grandes aspirations, en ce sens qu'on va enfin, peut-être, se donner [...] un outil politique qui s'occupe globalement du développement de l'Acadie, a expliqué en entrevue, dimanche, le militant Jean-Marie Nadeau.

La résolution qui porte précisément sur l’autonomie institutionnelle a toutefois été mise de côté en attendant au moins le travail du comité consultatif chargé de réviser les nombreuses propositions.

Qui est assis à cette table?

Les états généraux convient à discuter de l’avenir de tout un peuple, mais qui peuplent les tables du Centre Maillet pendant ces trois jours?

Ce sont souvent des représentants d’associations. Dans bien des cas, des militants de longue haleine. Où est l’Acadien moyen?

Le professeur émérite en droit Michel Doucet, spécialiste des droits linguistiques des francophones, a refusé de participer aux états généraux. Les organismes, très souvent, sont détachés du citoyen, a-t-il affirmé en entrevue vendredi à l’émission L’heure de pointe Acadie.

Le juriste a signé une lettre ouverte le 29 mai dans l’Acadie Nouvelle (nouvelle fenêtre), où il dit ne pas être convaincu que les véritables enjeux auxquels fait face aujourd’hui la communauté acadienne soient réellement au cœur de ces états généraux.

J’ai l’impression que nous continuons trop souvent à débattre de notre identité, alors que la question centrale est désormais celle de notre capacité collective d’agir efficacement avec les outils que nous possédons déjà, écrivait-il.

On a plutôt l'impression que tout va bien, parce que les droits sont là, qu'on est protégés, a renchéri M. Doucet au micro de L’heure de pointe. Mais [...] si les droits ne sont pas utilisés, s'ils ne sont pas exercés, si les gens ne revendiquent pas des services dans leur langue, que ces droits-là ne veulent absolument rien dire en bout de ligne.

En entrevue samedi à Edmundston, Nicole Arseneau-Sluyter, la présidente sortante de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), a exprimé un point de vue qui rejoint en partie la pensée de M. Doucet.

Une femme se positionne pour une entrevue à la caméra tandis qu’un homme s’empiffre à l’arrière.

Nicole Arseneau-Sluyter aux états généraux de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, samedi, à Edmundston.

Photo : Radio-Canada

Je suis très impressionnée du nombre de gens, d'organismes, de jeunes qui sont ici. On a beaucoup de gens, ici, qui sont très impliqués, qu'on voit ça fait longtemps, a-t-elle dit, avant d’ajouter : Je trouve qu'il manque de citoyens.

Les vrais citoyens qui vivent les vraies affaires partout dans la province. Je trouve qu'il y a manque de représentation. J'aurais aimé en avoir plus, confie Mme Arseneau-Sluyter.

Un homme portant une cravate aux motifs du drapeau acadien est debout et regarde sa main.

Les états généraux de l'Acadie du Nouveau-Brunswick ont eu lieu du 12 au 14 juin au Centre Maillet, à Edmundston.

Photo : Radio-Canada

C'est pas seulement les chercheurs qui vont décider. C'est pas seulement les organismes qui sont en place. On veut vraiment entendre la population. Pourquoi on est où est-ce qu'on est, puis comment qu'on veut continuer, résume-t-elle.

La SANB a un nouveau président

Dimanche, Gérald Arseneault, de Petit-Rocher, éducateur et ancien président de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB), est devenu président de la SANB par acclamation.

Debout à l'extérieur devant un bâtiment, Gérald Arseneault sourit en regardant vers la caméra.

Gérald Arseneault, président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, dimanche à Edmundston.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

M. Arseneault a été la seule personne à s’être porté candidat avant la clôture du processus d’appel, le 13 juin. Il succède à Mme Arseneau-Sluyter.

En entrevue au Téléjournal Acadie, dimanche, le nouveau président a dit qu'il croit possible de demander plus d'autonomie institutionnelle pour les Acadiens, d'une manière qui ne chatouille pas trop de mauvaise façon nos bailleurs de fonds, comme la province et le fédéral.

Gérald Arseneault voit aussi d'un bon œil la création d'un nouveau poste au conseil d'administration de la SANB pour les jeunes de 19 à 25 ans.

D’après le reportage de Frédéric Cammarano et avec des renseignements de Janic Godin

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