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Après avoir renversé le Rise 3-0 à Vancouver, les Roses de Montréal pourraient se contenter d’un plate 0-0, dimanche, au Stade Boréale, pour se qualifier pour la finale de la Super Ligue du Nord (SLN).
Ce n’est pas dans notre personnalité de nous asseoir là-dessus. Ce n’est pas dans notre mentalité, dans la culture de notre équipe.
Message reçu, Maryse Bard-Martel. L’entraîneuse-chef par intérim des Roses aborde ce match retour pour le gagner, comme si c’était 0-0.
Oui, d’un côté, il y a moins de risques à prendre, poursuit-elle. Mais de l’autre, on veut dominer, on veut s’imposer, on veut continuer de s’améliorer. On veut continuer de montrer une version de nous-mêmes qui est constamment en progression. On l’aborde avec confiance, mais aussi avec l’humilité de savoir qu’il faudra travailler.
Une des qualités qui nous permet d’avoir du succès, c’est qu’on est des guerrières. On joue avec beaucoup d’intensité. On ne veut pas que ça change.
Les Roses n’ont toujours pas perdu de match depuis que Bard-Martel a pris la tête de l’équipe, à la mi-août. Au fil de matchs souvent gagnés par un seul but ou conclus par un résultat nul, elles ont tranquillement remis leurs idées en place après quelques écueils frappés au cours de l’été, notamment en Championnat canadien contre les semi-professionnelles de Simcoe County.
Puis, tout a semblé cliquer dans le match aller de la demi-finale. Trois buts avec cinq tirs cadrés, une superbe maîtrise du ballon, des caviars dans le dos de la défense vancouvéroise, des intentions claires.
Mais même à 3-0, tout n’a pas été parfait, avertit Charlotte Bilbault. Sa quête de l’amélioration constante ne se dément pas après 350 matchs au niveau professionnel, un plateau qui sera souligné dimanche.
Vancouver viendra avec beaucoup de détermination, beaucoup d’envie, beaucoup de rage, souligne encore Bilbault. C’est le dernier match à domicile. On doit rendre les partisans fiers, leur donner des émotions. C’est aussi notre travail. On a à cœur de faire un bon match, d’être disciplinées, de réaliser le plan de match parfait — il ne sera pas forcément parfait parce qu’il y a toujours des erreurs, mais respecter, au moins, le plan de jeu et donner une bonne image du club.

L'attaquante Lise Pechersky (10) a inscrit le troisième but des Roses contre le Rise, le week-end dernier.
Photo : Gracieuseté Les Roses de Montréal
Déjà, l’image des Roses a été rehaussée entre les deux matchs de la demi-finale avec le dévoilement de certains prix individuels de la SLN. Bilbault, Elyse Bennett et Anna Karpenko ont toutes été nommées dans le meilleur XI de la saison, et la dernière, qui n’est qu’au début d’une longue convalescence pour une déchirure ligamentaire, a aussi reçu le prix de gardienne de l’année qui s’ajoute à son gant d’or reçu la semaine précédente.
La milieu de terrain française occupe un poste de l’ombre, devant la défense, qui cadre avec sa personnalité.
Quand on lui demande si une telle reconnaissance, dans le poste ingrat qu’est le sien, fait du bien, elle change un instant de sujet en laissant tomber que le Bouclier a fait du bien, avant de rendre hommage au collectif pour ce prix individuel. Elle est presque gênée d’en parler. Bard-Martel le fait pour elle, en soulignant combien elle apprécie qu’on ait reconnu, ailleurs dans la ligue, le travail moins remarqué de Bilbault.
Bennett, pourtant du genre exubérante sur le terrain, accepte l’honneur avec le même genre de gratitude prudente que Bilbault. C’est bien beau tout ça, mais l’attaquante américaine aux 12 réalisations est à la chasse au championnat, elle qui a directement participé aux trois buts des Roses le week-end dernier.
Nous savons qu’avec un retard de 0-3, elles vont tenter de nous presser davantage puisqu’elles ont besoin de marquer. Ça nous laissera probablement plus d’espace à l’occasion, analyse Bennett. Mais il faut surtout, comme équipe, être à la hauteur comme nous l’avons été la semaine dernière pour aller chercher le résultat voulu. Tout peut arriver. Une avance de 3-0, c’est bien, mais ce n’est pas fini.
En rafale
Charlotte Bilbault s’est entraîné à l’écart du groupe vendredi, tout comme Mimi Alidou. Gestion de la charge physique, assure-t-on.
Si, comme le soulignait Bilbault, le match de dimanche sera le dernier des Roses à domicile cette saison, c’est qu’il est déjà établi que la finale du 14 novembre aura lieu à Ottawa. En théorie, ça n’effraierait en rien l’équipe montréalaise, invaincue en 12 rencontres sur les pelouses adverses en 2026. Sa fiche à domicile : cinq victoires, quatre partages et quatre revers.
Dans l’autre demi-finale, l’AFC Toronto tentera samedi de se qualifier pour une deuxième finale de suite sur le terrain du CF Rapide d’Ottawa, qu’il a battu 4-2 dans le match aller. Mine de rien, depuis que Katrine Pedersen a annoncé que cette saison était sa dernière à la tête du CF Rapide, l’équipe ottavienne a perdu 8 de ses 14 matchs.
Puisque les honneurs individuels sont au goût du jour, le prix de la troll par excellence du jour revient à l’attaquante Tanya Boychuk. En fin de séance, la pauvre Lucy Cappadona a subi une de ces glorieuses chutes qui se produisent quand on marche sur le ballon au lieu de le maîtriser avec sa première touche. Pendant que Maryse Bard-Martel s’esclaffait, Boychuk s’est tournée vers la caméra de Radio-Canada en criant avez-vous capté ça?
Oui, Tanya. Bien sûr que c’est sur le ruban.

Tanya Boychuk s'est assurée que le caméraman de Radio-Canada faisait bien son travail.
Photo : Radio-Canada / Khaled Yeddes


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