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L’archevêque d’York a déclaré que « l’opportunité avait été donnée aux opposants » à cette nomination d’exprimer leurs objections mais qu’aucun ne s’était alors manifesté.

JEFF MOORE / AFP
Sarah Mullally nouvelle cheffe des anglicans, cette protestation n’a pas empêché sa confirmation
Sarah Mullally a été confirmée ce mercredi 28 janvier dans son rôle d’archevêque de Canterbury lors d’une cérémonie à la cathédrale Saint-Paul à Londres, devenant officiellement la première femme cheffe spirituelle des anglicans.
Cette femme de 63 ans, une ancienne infirmière mariée et mère de deux enfants, est désormais la plus haute responsable religieuse de l’Église d’Angleterre et cheffe spirituelle de la communion anglicane, qui compte des fidèles à travers 165 pays.
La cérémonie à Saint-Paul a été brièvement perturbée par les cris d’un homme dans l’assistance qui a été escorté hors de la cathédrale. L’archevêque d’York, Stephen Cottrell, assurant l’intérim à la tête de l’Église d’Angleterre, a déclaré que « l’opportunité avait été donnée aux opposants » à cette nomination d’exprimer leurs objections mais qu’aucun ne s’était alors manifesté.
« L’expérience de la misogynie »
Sarah Mullally a exprimé mercredi dans une interview à des médias britanniques sa gratitude pour le « large soutien, y compris d’hommes » qu’elle a reçu. Mais « il est juste de dire que j’ai, tant dans mes fonctions séculières qu’au sein de l’Église, parfois fait l’expérience de la misogynie », a-t-elle ajouté. Avant la cérémonie, elle a déclaré à la BBC qu’elle comptait s’exprimer publiquement contre la misogynie.
Elle a par ailleurs promis de diriger l’Église anglicane avec « calme et compassion » dans une période « de division et d’incertitude », dans un communiqué. Elle va devoir affronter de profondes divisions au sein des anglicans.
Sa nomination en octobre en tant qu’archevêque de Canterbury a été saluée par beaucoup comme une première historique mais aussi vivement condamnée par plusieurs archevêques en Afrique. Elle a été qualifiée de « dévastatrice » par l’archevêque Henry Ndukuba de l’Église du Nigeria, estimant que « la majorité des anglicans » ne souhaitaient pas d’une femme à la tête de leur Église.
Éclaboussée pour sa gestion d’une affaire d’agression sexuelle
Ordonnée prêtre en 2002, elle est devenue la première femme évêque de Londres en 2018, quatre ans après l’autorisation faite aux femmes d’accéder à la charge d’évêque, après de vifs débats internes au sein de l’Église d’Angleterre.
Elle succède à Justin Welby, qui avait été contraint à la démission en novembre 2024, après avoir été mis en cause pour sa gestion d’un scandale d’agressions physiques et sexuelles.
Elle-même a été éclaboussée pour sa gestion d’une affaire d’agression remontant à plusieurs années. Mais la plainte a été classée sans suite début janvier par le responsable par intérim de l’Église d’Angleterre.
Sarah Mullally prononcera son premier sermon en tant qu’archevêque de Canterbury lors d’une cérémonie en mars dans la cathédrale de cette ville du sud-est de l’Angleterre. Elle devrait occuper ce poste jusqu’à ses 70 ans, âge de départ à la retraite de tous les évêques de l’Église d’Angleterre. L’archevêque de Canterbury officie notamment lors des grands événements royaux, comme les couronnements, mariages et obsèques.


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