Le riz-poulet “crousty”, qui s’impose comme la nouvelle star du fast-food, est très calorique et gras, selon la médecin nutritionniste Laurence Plumey. Elle nous explique.

Ysé Rieffel - Aujourd'hui à 07:00 - Temps de lecture :

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Barquette débordante, poulet pané, riz blanc nappé d’une sauce épaisse et surmonté d’oignons frits : le “crousty” s’est imposé en moins de deux ans comme le nouveau totem du fast-food, au point que de grandes enseignes comme KFC ou Quick en ont récemment repris les codes. Derrière l’engouement, la question nutritionnelle se pose. Du riz et du poulet, sur le papier, cela sonne comme un plat classique plutôt sain. Mais dans l’assiette, c’est une autre histoire. « Sur le plan nutritionnel, c’est catastrophique : c’est trop gras et trop calorique », tranche Laurence Plumey, médecin nutritionniste.

Les portions sont très généreuses. « La plus petite portion est de 500 ou 600 grammes et on peut monter jusqu’à pratiquement un kilo », explique la nutritionniste, qui a fondé une approche baptisée "napso-thérapie". Et l’apport énergétique du plat est très élevé : « 600 à 700 calories pour la plus petite portion et plus de 1 000 calories pour la plus grosse ». « Entre la friture, la crème, la mayonnaise, et les oignons frits, le gras constitue à peu près la moitié des calories de ce plat », précise-t-elle. Et la comparaison est sans appel : selon l’experte, une portion moyenne, proche de 800 grammes, équivaut à manger trois à quatre petites plaquettes de beurre de 10 grammes.

« Ne pas en faire une habitude »

En plus de cela, la recette fait totalement l’impasse sur les légumes. À rebours des idées reçues, ces barquettes ne font pas mieux que les chaînes de restauration rapide classiques. « Vous pouvez faire un repas plus équilibré au fast-food, en complétant avec une salade par exemple », rappelle Laurence Plumey. Ici, au contraire, « vous êtes piégé par ce qu’on vous propose ».

Pourquoi ce type de plats plaît autant ? « On exploite une attirance innée du corps pour le croustillant et le gras, comme les gâteaux de l’apéro », illustre-t-elle. Le prix joue également un rôle central. « Les jeunes veulent être vite calés pour pas cher », souligne la spécialiste. Comptez neuf euros pour une barquette. "Ingrédients XXL", "plats ultra-gourmands"… La quantité et la générosité de la portion sont des arguments marketing à part entière : « C’est fait pour rassasier », constate Laurence Plumey.

Faut-il pour autant les bannir ? « Ça doit être épisodique et il ne faut ni en faire sa cantine, ni en faire une habitude », tempère la médecin. Ses recommandations sont simples : il faut « prendre la plus petite portion », « l’accompagner de légumes », par exemple des tomates cerises, et « terminer par un fruit ». L’essentiel se joue aussi après coup : « Le soir, il faut absolument équilibrer », avec un repas plus léger, riche en légumes. « Si on en mange très souvent, il y a un risque évident de prise de poids », prévient-elle.

« Il faut sensibiliser »

« La cible, elle est jeune et on les habitue à une façon de manger. On les éloigne de plus en plus des légumes, des fruits, de tout ce qui est sain », déplore Laurence Plumey, qui rêve de voir des campagnes valorisant un poulet non frit, accompagné de riz et de légumes. Pour elle, « le vrai challenge est là : parvenir à créer des plats nomades, accessibles et gourmands, mais aussi équilibrés. Le jour où on trouvera le moyen de faire cela, cela peut être tout aussi viral ».

En attendant, « il n’y a que les contre-feux », estime la nutritionniste. « On ne pourra jamais empêcher des fabricants et des restaurateurs de vendre ce type de nourriture. Mais il faut informer, sensibiliser ». C’est d’ailleurs ce qu’elle fait sur les réseaux sociaux. « Pourquoi vous devriez éviter de manger des tacos », « Est-il bon pour le corps de manger trop épicé »… Sur TikTok, Instagram ou encore Youtube, Laurence Plumey multiplie les contenus de prévention et de décryptage. En un an, elle a réuni près de 800 000 abonnés sur les réseaux sociaux, preuve que l’intérêt est là.

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