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Depuis plusieurs décennies, une hausse des cancers apparaissant à un âge plus jeune est observée. Une étude publiée dans la revue Nature Medicine avance une explication : les générations récentes vieilliraient plus rapidement sur le plan biologique que les précédentes.
En partenariat avec Destination Santé - Hier à 07:00 | mis à jour hier à 07:58 - Temps de lecture :
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Depuis plusieurs décennies, les cancers diagnostiqués à un âge précoce (avant l’âge de 50 ans) sont en augmentation dans le monde. Ruiyi Tian, de la Washington University School of Medicine de Saint-Louis (États-Unis) et son équipe, qui viennent de publier une étude dans Nature Medicine, indiquent qu’entre 1990 et 2019, ces cancers précoces ont augmenté de 24 %.
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Par exemple, chez les personnes nées en 1990, les cancers colorectaux survenant tôt dans la vie sont quatre fois plus fréquents que chez celles nées en 1960. Tendance similaire pour les cancers de l’utérus : leur fréquence est deux fois plus élevée chez les personnes nées en 1985 comparé à celles nées en 1950. En France, une étude publiée en 2025 avait estimé à + 63 % la progression du cancer du sein chez les femmes âgées de 30 ans entre 1990 et 2023.
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Selon les chercheurs, ce phénomène pourrait s’expliquer par un vieillissement biologique plus rapide au sein de cette génération. Plusieurs éléments peuvent intervenir dans le processus, dont l’environnement (qualité de l’air), la situation individuelle (niveau socio-économique…), mais aussi l’alimentation ou la sédentarité. Leurs effets influencent des mécanismes biologiques (inflammation chronique, altérations génétiques et épigénétiques, modifications du micro-environnement, dérégulation du système immunitaire…) qui sont associés à la fois au vieillissement biologique et au risque de cancer.
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Depuis plusieurs décennies, les cancers diagnostiqués à un âge précoce (avant l’âge de 50 ans) sont en augmentation dans le monde. Ruiyi Tian, de la Washington University School of Medicine de Saint-Louis (États-Unis) et son équipe, qui viennent de publier une étude dans Nature Medicine, indiquent qu’entre 1990 et 2019, ces cancers précoces ont augmenté de 24 %.
Par exemple, chez les personnes nées en 1990, les cancers colorectaux survenant tôt dans la vie sont quatre fois plus fréquents que chez celles nées en 1960. Tendance similaire pour les cancers de l’utérus : leur fréquence est deux fois plus élevée chez les personnes nées en 1985 comparé à celles nées en 1950. En France, une étude publiée en 2025 avait estimé à + 63 % la progression du cancer du sein chez les femmes âgées de 30 ans entre 1990 et 2023.
Selon les chercheurs, ce phénomène pourrait s’expliquer par un vieillissement biologique plus rapide au sein de cette génération. Plusieurs éléments peuvent intervenir dans le processus, dont l’environnement (qualité de l’air), la situation individuelle (niveau socio-économique…), mais aussi l’alimentation ou la sédentarité. Leurs effets influencent des mécanismes biologiques (inflammation chronique, altérations génétiques et épigénétiques, modifications du micro-environnement, dérégulation du système immunitaire…) qui sont associés à la fois au vieillissement biologique et au risque de cancer.
Les plus jeunes auraient un âge biologique plus élevé
Pour explorer cette hypothèse, les chercheurs ont étudié des marqueurs du vieillissement biologique. L’analyse repose sur deux cohortes : 154 169 participants de la cohorte britannique UK Biobank (avec données cliniques et biologiques) et 10 262 individus issus du programme américain All of Us.
Les chercheurs ont d’abord utilisé le score PhenoAge, un indicateur de l’âge biologique fondé sur neuf paramètres : albumine, phosphatase alcaline, créatinine, protéine C-réactive, glucose, volume cellulaire moyen, vitesse de sédimentation, globules blancs et ratio des lymphocytes. Les résultats montrent une hausse de 23 % du score PhenoAge chez les personnes nées entre 1965 et 1974, comparé à celles nées entre 1950 et 1954.
Une seconde analyse a ensuite mis en évidence un lien entre âge biologique et risque de cancer. Pour cela, les auteurs ont classé les participants en trois groupes selon leur score PhenoAge : celui présentant les valeurs les plus élevées affiche un risque supérieur de 15 % de cancers d’apparition précoce par rapport au groupe aux valeurs les plus faibles. Cet excès de risque concerne plusieurs localisations, notamment les cancers du poumon (souvent observés chez des femmes non fumeuses, indiquent les auteurs), les cancers digestifs dont le cancer colorectal, ainsi que les cancers de l’utérus.
Pour vérifier leurs résultats, les chercheurs ont utilisé une autre « horloge du vieillissement », la Klemera-Doubal Method, qui a donné des résultats concordants. Ensuite, ces calculs appliqués cette fois-ci à la cohorte américaine ont confirmé ces constats : la comparaison entre les personnes nées entre 1965 et 1969 et celles nées entre 1990 et 1999 montre la même tendance que dans la cohorte britannique.
Un vieillissement accéléré de certains organes
Au-delà d’un score global du vieillissement, les chercheurs observent aussi des liens avec le vieillissement spécifique de certains organes. Dans une analyse (protéomique), le vieillissement immunitaire du poumon a été associé au risque de cancer pulmonaire précoce, tandis que le vieillissement du tissu adipeux a lui aussi été associé au risque de cancer colorectal précoce.
Ces résultats restent valables même en prenant en compte la longueur des télomères (extrémité des chromosomes) et les prédispositions génétiques. Ces deux facteurs, connus pour influencer le risque de cancer, ne suffisent donc pas à expliquer les différences. Les marqueurs du vieillissement biologique apportent ainsi une information complémentaire : ils reflètent d’autres mécanismes liés à l’état global des cellules et des tissus, qui peuvent aussi contribuer à l’apparition de cancers à un âge jeune.
Pour John Riches, spécialiste en immunométabolisme du cancer (Barts Cancer Institute, Londres) qui commentait cette étude, l’intérêt de ces nouveaux travaux, c’est qu’ils ne se concentrent pas uniquement sur les cellules cancéreuses isolées, mais sur l’ensemble des transformations qui touchent l’organisme avec le temps. L’environnement, les habitudes de vie et l’état de santé global peuvent influencer durablement les mécanismes biologiques du corps.


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