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Après avoir révélé avoir eu recours à cet examen en Belgique, la candidate écologiste à la présidentielle Marine Tondelier soutient une proposition de loi visant à autoriser le DPI-A en France. Ce test permet de détecter certaines anomalies chromosomiques des embryons avant leur implantation, mais son efficacité et ses implications éthiques font débat.
A.A. - Aujourd'hui à 17:31 | mis à jour aujourd'hui à 17:34 - Temps de lecture :
Le débat sur le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A) revient sur le devant de la scène. Après avoir révélé avoir eu recours à cet examen en Belgique, la candidate des Écologistes à l'élection présidentielle, Marine Tondelier, a apporté son soutien à une proposition de loi transpartisane visant à autoriser cette pratique en France.
Déposée le 13 octobre à l'Assemblée nationale, à l'initiative de la députée Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) Constance de Pélichy, cette proposition entend permettre aux couples engagés dans un parcours de procréation médicalement assistée (PMA) de bénéficier de cet examen génétique. Réalisé sur des embryons conçus par fécondation in vitro, il consiste à analyser quelques cellules et vérifier que l'embryon possède bien le nombre habituel de chromosomes.
Le test permet notamment de repérer les aneuploïdies, c'est-à-dire la présence d'un chromosome supplémentaire ou, au contraire, l'absence d'un chromosome. Certaines de ces anomalies peuvent provoquer un échec de l'implantation, une fausse couche ou des maladies chromosomiques, comme la trisomie 21. En fonction des résultats, les médecins peuvent ainsi privilégier le transfert d'un embryon au profil chromosomique considéré comme normal. Le DPI-A vise donc à éviter de transférer des embryons qui ont peu de chances d'aboutir à une grossesse.
Des craintes d'eugénisme
C'est précisément ce qu'a recherché Marine Tondelier. Après trois années de parcours de PMA infructueux et plusieurs fausses couches, la responsable écologiste explique avoir fait analyser cinq embryons en Belgique. Trois présentaient des anomalies chromosomiques et deux étaient considérés comme viables. « C'est un examen très cher, qui coûte au moins 10 000 euros [...]. Et qui n’est donc pas remboursé car fait à l’étranger », a-t-elle expliqué, estimant que son interdiction crée une inégalité entre les femmes qui ont les moyens de se rendre à l'étranger et les autres.
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Si le DPI-A peut permettre d'écarter certains embryons présentant des anomalies chromosomiques, son efficacité réelle sur les chances de naissance fait encore débat dans la communauté scientifique. L'examen ne garantit ni l'implantation de l'embryon ni la naissance d'un enfant en bonne santé. Il existe également des risques d'erreur d'interprétation, notamment lorsque certaines cellules d'un même embryon présentent des anomalies chromosomiques et d'autres non.
DPI-A et DPI, quelle est la différence ?
Le DPI-A ne doit pas être confondu avec le diagnostic préimplantatoire (DPI), déjà autorisé en France dans certaines situations médicales. Ce dernier permet de rechercher, chez les embryons issus d'une fécondation in vitro (FIV), une maladie génétique grave et précisément identifiée dont les futurs parents présentent un risque de transmission. Tandis que le DPI-A va plus loin et examine l'ensemble des chromosomes de l'embryon, même lorsqu'aucun risque génétique particulier n'a été identifié dans la famille.
En France, cet examen généralisé n'est pas autorisé dans le cadre habituel de la PMA. Les couples qui souhaitent y recourir doivent donc se tourner vers des pays où il est légal, notamment la Belgique ou l'Espagne. La députée Liot Constance de Pélichy rappelle qu'environ 88 000 FIV sont réalisées chaque année en France, dont 65 000 ne débouchent sur aucune naissance.
Au-delà des interrogations médicales, la légalisation du DPI-A soulève également des questions éthiques. Ses opposants redoutent qu'une sélection des embryons selon leurs caractéristiques chromosomiques ouvre progressivement la voie à des pratiques eugénistes. Ils craignent une société dans laquelle les embryons seraient sélectionnés en fonction de leur patrimoine génétique et, à plus long terme, que cela ouvre la voie à des choix sur d'autres caractéristiques génétiques, comme le sexe ou l'apparence physique de l'enfant.
Une première lecture espérée dès décembre
Pour répondre à ces réserves, les auteurs de la proposition de loi entendent encadrer strictement l'examen. Dans l'exposé des motifs, ils précisent que celui-ci aurait pour seul objet de déterminer le nombre de chromosomes de l'embryon. Il ne pourrait être utilisé ni pour choisir le sexe de l'enfant à naître ni pour rechercher d'autres caractéristiques génétiques.
Pour éviter que le sujet ne soit repoussé à une prochaine loi de bioéthique, dont l'examen pourrait prendre plusieurs années, Constance de Pélichy souhaite obtenir une première lecture rapide de son texte à l'Assemblée nationale. La députée plaide ainsi pour que la proposition de loi soit inscrite à l'ordre du jour de la semaine transpartisane de l'Assemblée nationale, prévue lors de la première semaine de décembre.


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