Des chercheurs français ont voulu savoir si une consommation excessive d’alcool chez les jeunes adultes, même moins d’une fois par mois, était associée à des troubles de l’usage de l’alcool. La réponse est oui, avec des risques huit fois plus élevés que ceux qui ne pratiquent jamais le binge drinking

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Même une consommation excessive épisodique d’alcool est associée à une consommation nocive pour la santé. Photo Siccoli Patrick/Sipa

Même une consommation excessive épisodique d’alcool est associée à une consommation nocive pour la santé. Photo Siccoli Patrick/Sipa

Le binge drinking est la consommation de six verres ou plus consécutifs, comportant au moins 10 g d’alcool pur, au cours d’une même occasion. Le cerveau des jeunes adulte (18 – 25 ans) étant encore en développement, il est plus sensible aux effets délétères de l’alcool. peut entraîner chez eux des conséquences sur les plans neurologiques et comportementaux, même à long terme.

Une équipe de l’Inserm, de l’Université Paris Cité et du GHU Paris Sainte-Anne a cherché « à savoir si même à faible fréquence (moins d’une fois par mois) le binge drinking pouvait être associé à une probabilité plus élevée de symptômes de l’alcoolisme (également appelé ‘trouble de l’usage d’alcool’) », explique un communiqué de l’Inserm publié mercredi 24 juin.

Les scientifiques ont recueilli les témoignages de 3 308 étudiants via un questionnaire qui s’intéressait principalement à cette question : « à quelle fréquence buvez-vous six verres ou plus au cours d’une même occasion ? »

Selon les réponses, les étudiants ont ensuite été divisés en 4 groupes : les non-binge drinkers (ceux qui ont répondu « jamais »), les binge drinkers à faible fréquence (au moins une fois dans la vie mais moins d’une fois par mois), les binge drinkers à moyenne fréquence (au moins une fois par mois mais moins d’une fois par semaine) et les binge drinkers à haute fréquence (au moins une fois par semaine). Le groupe le plus fourni était celui des binge drinkers à faible fréquence, regroupant 1 204 répondants.

Consommation à un niveau dangereux pour 36,5 % des binge drinkers à faible fréquence

Y compris pour les binge drinkers à faible fréquence, l’alcool est problématique, selon les résultats publiés dans la revue Journal of addictive Diseases. « Même une fréquence faible de consommation excessive épisodique était associée à des scores AUDIT plus élevés et à une prévalence accrue de consommation d’alcool à risque », écrivent les auteurs de l’étude. Pour rappel, le questionnaire AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test) est un test simple en 10 questions développé par l’Organisation Mondiale de la Santé pour déterminer si une personne présente un risque d’addiction à l’alcool.

36,5 % des binge drinkers à faible fréquence présentent une consommation d’alcool à un niveau considéré comme dangereux pour la santé contre seulement 4,8 % chez les non-binge drinkers. « Par rapport aux étudiants ne pratiquant pas ce type de consommation, ceux qui le pratiquaient à faible fréquence signalaient également des taux plus élevés de tabagisme, de recherche de sensations fortes et d’adhésion à des motivations liées à la recherche d’effets stimulants (enhancement) et à la socialisation », poursuivent les auteurs.

Episodique mais dangereux quand même 

Selon Philip Gorwood, chercheur Inserm, psychiatre addictologue au GHU Paris Sainte-Anne et chercheur à l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (Inserm/Université Paris Cité) : « les résultats semblent indiquer que les binge drinkers à faible fréquence boivent plus dans l’idée d’améliorer leurs performances et faciliter le lien social. Cependant, des motivations de ce genre amènent la personne à associer régulièrement alcool en forte quantité et contacts sociaux, expliquant le risque de cercle vicieux pouvant mener à l’addiction ».

Ainsi, selon cette étude, même une consommation excessive épisodique d’alcool est associée à une consommation nocive pour la santé. Des résultats qui soulignent l’importance de la prévention dans la mesure où une consommation excessive – même moins d’une fois par mois- et qui concerne tout de même un tiers des jeunes adultes participants à l’étude, est associé à une probabilité plus élevée de présenter un trouble de l’usage de l’alcool.

Source : Inserm, Journal of addictive Diseases

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