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L’hantavirus des Andes - qui a provoqué la mort de trois passagers du navire MV Hondius - est une souche du « Nouveau monde ». En Europe circulent des souches du virus dites « de l’Ancien monde », transmises directement par les rongeurs.
Élodie Bécu - Aujourd'hui à 08:42 | mis à jour aujourd'hui à 08:42 - Temps de lecture :
Un virus aux multiples visages. Plus de 20 espèces d’hantavirus circulent dans le monde, toutes transmises par des animaux. Dans la famille des hantavirus, on distingue deux grandes branches : celle du « Nouveau monde » - dont le virus des Andes qui ravive l’inquiétude d’une épidémie mondiale depuis le foyer d’infection découvert à bord du navire MV Hondius - et celle de « l’Ancien monde », qui circule en Europe.
La souche des Andes est la seule transmissible d’homme à homme. Les hantavirus européens se transmettent directement de l’animal à l’homme. Ils provoquent plus généralement des fièvres hémorragiques à syndrome rénal (quand les virus sud-américains provoquent davantage des syndromes pulmonaires). Les infections à syndrome rénal ont un taux de létalité beaucoup plus faible (de 0,4 à 10 %) que les fièvres à syndrome pulmonaire (de l’ordre de 30 à 60 %), selon l’Institut Pasteur.
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Les hantavirus circulent chaque année dans l’Hexagone, sans créer d’alerte particulière. Ils sont surveillés de près par le Centre national de référence (CNR) des Hantavirus de l’Institut Pasteur. En France hexagonale, de 2005 à 2024, 2 046 cas de fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR) ont été diagnostiqués, selon Santé publique France. Les infections restent limitées, avec un maximum en 2021 (320 cas) et un minimum en 2013 (14 cas). « C’est une maladie relativement rare […] une centaine de cas hospitalisés détectés en moyenne en France annuellement », précise l’Institut Pasteur. « Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence des Hantavirus, intégré à l’Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d’infection récente par un hantavirus. Le nombre de cas détectés se trouve dans la moyenne mensuelle française », selon l’Anrs MIE (agence des maladies infectieuses émergentes).
L'est de la France en première ligne
Cinq hantavirus ont été détectés en France métropolitaine. Le principal est le virus Puumala, identifié pour la première fois dans les années 1980. Son réservoir est le campagnol roussâtre, qui vit en bordure de forêts. Il peut être à l’origine d'épidémies localisées. « La répartition géographique des cas est globalement stable depuis 2005, avec la majorité des cas exposés dans la zone d’endémie constituée par le quart nord-est de la France hexagonale, même si une extension vers le sud et l’ouest de la zone d’endémie du virus Puumala est observée depuis quelques années », note Santé publique France. « Traditionnellement, le pic de détection de cas est observé, chaque année, à la fin du printemps, période à laquelle les jeunes rongeurs nés au début du printemps s’infectent au contact de leurs congénères et libèrent une grande quantité de virus dans l’environnement », observe l’agence.
Un autre, le virus de Séoul, a causé, depuis 2012, 15 cas humains d’infections, dont 13 associés à des rats sauvages. Parmi eux, deux cas en Côte-d’Or, un cas en Saône-et-Loire, cinq cas dans l’Ain et un cas dans le Rhône. Autre membre de la famille : le virus Tula, détecté chez le campagnol commun (Microtus arvalis), a été identifié dans le massif du Jura, le Bas-Rhin et l’Aveyron. Enfin, deux autres virus ont été identifiés, sans que l’on connaisse leur pathogénicité pour l’homme : le virus Nova a été détecté chez la taupe européenne et le virus Landiras a été identifié chez la taupe d’Aquitaine dans le sud-ouest de la France.


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