Un vaccin personnalisé à ARN messager pourrait-il changer la prise en charge du cancer ? Testée contre le mélanome, cette approche montre des résultats encourageants.

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  • En août dernier, Moderna et Merck avaient annoncé des résultats préliminaires positifs pour leur vaccin thérapeutique à ARN messager, dans le cadre d’une étude de phase 3 menée auprès de patients opérés d’un mélanome à haut risque. L’association du vaccin à l’immunothérapie Keytruda avait réduit significativement le risque de récidive et de métastases, par rapport à l’immunothérapie seule.Photo Adobe Stock

    En août dernier, Moderna et Merck avaient annoncé des résultats préliminaires positifs pour leur vaccin thérapeutique à ARN messager, dans le cadre d’une étude de phase 3 menée auprès de patients opérés d’un mélanome à haut risque. L’association du vaccin à l’immunothérapie Keytruda avait réduit significativement le risque de récidive et de métastases, par rapport à l’immunothérapie seule.

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  • Présentés à l’occasion du congrès annuel de l’European Society for Medical Oncology (ESMO), du 23 au 27 octobre à Madrid (Espagne), les résultats détaillés de l’étude montrent que le vaccin personnalisé à ARN messager – fabriqué sur-mesure à partir des caractéristiques de la tumeur de chaque patient – associé à Keytruda, réduit le risque de récidive du mélanome.Photo Adobe Stock

    Présentés à l’occasion du congrès annuel de l’European Society for Medical Oncology (ESMO), du 23 au 27 octobre à Madrid (Espagne), les résultats détaillés de l’étude montrent que le vaccin personnalisé à ARN messager – fabriqué sur-mesure à partir des caractéristiques de la tumeur de chaque patient – associé à Keytruda, réduit le risque de récidive du mélanome.

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  • Le bénéfice observé sur la prévention des métastases est toutefois moins important que ne le laissaient espérer les résultats précédents. L’étude se poursuit afin d’évaluer l’effet du traitement sur la survie globale des patients mais ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour les vaccins thérapeutiques contre le cancer.Photo Adobe Stock

    Le bénéfice observé sur la prévention des métastases est toutefois moins important que ne le laissaient espérer les résultats précédents. L’étude se poursuit afin d’évaluer l’effet du traitement sur la survie globale des patients mais ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour les vaccins thérapeutiques contre le cancer.

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En août dernier, Moderna et Merck avaient annoncé des résultats préliminaires positifs pour leur vaccin thérapeutique à ARN messager, dans le cadre d’une étude de phase 3 menée auprès de patients opérés d’un mélanome à haut risque. L’association du vaccin à l’immunothérapie Keytruda avait réduit significativement le risque de récidive et de métastases, par rapport à l’immunothérapie seule.

Présentés à l’occasion du congrès annuel de l’European Society for Medical Oncology (ESMO), du 23 au 27 octobre à Madrid (Espagne), les résultats détaillés de l’étude montrent que le vaccin personnalisé à ARN messager – fabriqué sur-mesure à partir des caractéristiques de la tumeur de chaque patient – associé à Keytruda, réduit le risque de récidive du mélanome.

Le bénéfice observé sur la prévention des métastases est toutefois moins important que ne le laissaient espérer les résultats précédents. L’étude se poursuit afin d’évaluer l’effet du traitement sur la survie globale des patients mais ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour les vaccins thérapeutiques contre le cancer.

Quelles différences avec des vaccins traditionnels ?

Le centre de lutte contre le cancer Gustave-Roussy a participé à ces travaux. Dans un communiqué de l’établissement, le Dr François-Xavier Danlos, oncologue médical au sein du département de l’Innovation thérapeutique et des essais précoces, revient sur la manière dont fonctionnent ces vaccins : « les vaccins thérapeutiques contre le cancer ne visent pas à empêcher l’apparition de la maladie. Ce sont des traitements prescrits à des personnes déjà malades. L’objectif est d’éduquer leur système immunitaire pour qu’il reconnaisse mieux les cellules cancéreuses et qu’il les attaque plus efficacement. Dans l’étude en question, il s’agissait d’éliminer d’éventuelles cellules cancéreuses toujours présentes après la chirurgie, tout en induisant une mémoire immunitaire capable de combattre une éventuelle récidive ».

Comment fonctionne l’ARN messager ?

L’ARN messager (ARNm) est une molécule qui transporte les instructions permettant à nos cellules de fabriquer des protéines, indispensables au fonctionnement de l’organisme. C’est cette caractéristique qu’exploitent les chercheurs pour mettre au point le vaccin personnalisé, élaboré à partir des protéines les plus à même de déclencher une forte réponse immunitaire.

Pour que l’ARN messager puisse éduquer le système immunitaire, « il faut identifier en amont des néoantigènes – des protéines exprimées par les cellules cancéreuses – dont la présence permet au système immunitaire de se mettre en ordre de marche. L’ARN messager correspond à la “recette” nécessaire pour fabriquer ces néoantigènes. Une fois le vaccin injecté au patient, son organisme va produire ces protéines d’intérêt. Cela entraîne une réponse immunitaire en stimulant les lymphocytes T du patient spécifiques de ces néoantigènes vaccinaux. »

Par la suite, lorsque le système immunitaire sera de nouveau confronté à ces néoantigènes exprimés par des cellules cancéreuses, il saura qu’il doit réagir.

Des vaccins pour un plus grand nombre ?

Les recherches actuelles portent également sur des stratégies vaccinales qui ne nécessiteraient pas de concevoir un vaccin personnalisé pour chaque patient. Cette approche pourrait être rendue possible par l’identification de mutations communes à un groupe de patients.

« C’est notamment le cas de certaines mutations de la protéine KRAS, que l’on retrouve dans plusieurs cancers, dont certaines tumeurs du pancréas. Des vaccins à ARN messager ciblant ces protéines mutées sont en cours d’évaluation. Contrairement aux vaccins personnalisés, qui doivent être conçus spécifiquement pour chaque patient, ces approches pourraient bénéficier à un plus grand nombre de malades et être développées plus rapidement », détaille le Dr Danlos.

D’autres approches sont également à l’étude, comme les vaccins peptidiques. « Ils reposent sur l’injection de petits fragments de protéines, appelés peptides, que le système immunitaire peut apprendre à reconnaître. L’objectif reste le même : entraîner les lymphocytes à identifier plus efficacement les cellules cancéreuses et à les éliminer. »

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