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Saint-Valentin ratée? Des animaux s’en occupent

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Février n’est pas seulement le mois des amours à cause de la Saint-Valentin, c’est aussi la période de reproduction de plusieurs animaux. Alors, pourquoi ne pas parler de leurs relations, loin des clichés et des cœurs en chocolat?

Entre unions durables, rituels, coopération, rivalités et tactiques mortelles, certains comportements ressemblent aux nôtres, et d’autres, heureusement, pas.

De l’amour dans le ciel

Les oiseaux sont généralement monogames et fidèles. C’est notamment le cas des grues du Canada, des sternes arctiques, des cygnes trompettes et des pygargues à tête blanche.

Le champion local des couples durables? Le cygne trompette, selon Tara Stehelin, professeure adjointe en biologie à l’Université du Yukon.

Des cygnes trompettes volent au-dessus d'une étendue d'eau partiellement gelée.

Des cygnes trompettes, au Yukon. (Photo d'archives)

Photo : Fournie par le Gouvernement du Yukon

Ils s’accouplent pour la vie, ce qui peut durer jusqu’à 20 ans, et il arrive souvent qu’ils ne trouvent pas un nouveau partenaire si leur compagnon meurt, dit-elle.

Près de nous, les grands corbeaux, faciles à observer, forment généralement aussi des couples à vie.

Le mâle séduit la femelle avec des vocalisations, des outils ou des cadeaux, et ils réalisent des vols acrobatiques en duo, dit Rebecca Carter, interprète principale à la Réserve faunique du Yukon.

Comme ils sont actuellement en pleine saison de reproduction, elle conseille de les observer au-dessus des falaises d’argile du centre-ville, de l’hôpital à Riverdale et du belvédère de Whistle Bend.

Certains pygargues à tête blanche, eux, se soumettent à un test avant de s’engager : la spirale mortelle.

Un pygargue à tête blanche est installé sur une branche dans un arbre.

Un pygargue à tête blanche, près du lac Wellesley, au Yukon. (Photo d'archives)

Photo : Fournie par le Gouvernement du Yukon / Martin Founds

Il s’agit d’une parade nuptiale où un couple s’élève à haute altitude, se saisit par les serres et tombe en spirale pour se détacher juste avant de s’écraser, explique Rebecca Carter. De quoi évaluer la force, l’agilité et leur compatibilité.

Quant aux stéréotypes, le phalarope à bec étroit les brise : ici, c’est la femelle qui est la plus colorée et la plus grande. Elle attire un mâle, s’accouple et passe au suivant. Chaque mâle s’occupe de la couvée seul, dit Tara Stehelin.

Loup gris : un couple et une famille unis

Dans la plupart des meutes de loups gris, un seul couple se reproduit et il reste fidèle. Les loups reproducteurs ne sont pas toujours les plus dominants, mais plutôt ceux qui ont le plus d’expérience et de sagesse, précise Sadie Parr, qui étudie les loups au Canada depuis une vingtaine d’années.

Deux bébés loups gris.

Deux bébés loups gris. (Photo d'archives)

Photo : Discovery Wildlife Park

Le couple est en lune de miel environ deux mois : il dort plus près, se frotte, se touche, se lèche et se mordille davantage.

La reproduction a lieu en février ou en mars et toute la meute élève les petits. Les loups sont très sociaux, dévoués, loyaux et affectueux, rappelle l’experte.

9 mois à la fois chez les renards roux

Les renards roux, eux, s’associent pour environ neuf mois. La saison des amours s’étire de décembre à mars et, à Whitehorse, on peut même la sentir ces temps-ci, selon l’interprète Rebecca Carter.

Un renard roux devant des clôtures.

Un renard roux à la Réserve faunique du Yukon. (Photo d'archives)

Photo : Fournie par Rebecca Carter

Les mâles marquent leur territoire avec leur urine, très forte et musquée, et attirent ainsi les femelles, dit-elle. Cette eau de Cologne, poursuit-elle, sent la mouffette, un animal qu’on ne trouve pas au Yukon.

Une fois en couple, les renards creusent un terrier. La mère reste avec les petits, tandis que le père chasse et rapporte de la nourriture.

Le père et la mère restent ensemble et élèvent les jeunes de manière coopérative jusqu’à l’automne. Leur histoire prend fin lorsque les petits deviennent autonomes.

Courte monogamie ou harem, cela dépend des ongulés!

De nombreux ongulés forment des paires temporaires, qui durent quelques jours tout au plus, pour s’accoupler. C’est le cas notamment des caribous des bois, des chèvres de montagne, des cerfs-mulets et des bisons.

À l’automne, les mâles paradent avec leurs grands bois et vocalisent pour séduire. Selon Rebecca Carter, le mâle dominant attire les femelles, en choisit une fertile, reste près d’elle et repousse les rivaux le temps de s’accoupler. Le lien se dissout ensuite et il trouve une autre partenaire.

D’autres ongulés préfèrent en général la vie de harem. Chez les wapitis et les bœufs musqués, le mâle dominant contrôle et protège un groupe de femelles et s’accouple avec elles sans se fixer sur une seule à la fois.

L'orignal, quant à lui, adapte sa stratégie à son habitat, dit Rebecca Carter. En forêt dense, où les femelles sont dissipées, il en courtise une à la fois. En terrain dégagé, comme dans la toundra, il peut se faire le roi d’un harem.

Un orignal dans un paysage enneigé.

Un orignal, au Yukon.

Photo : Fournie par Rebecca Carter

Une femelle orignal peut crier pour protester lorsqu'elle est harcelée par un mâle peu vigoureux, souligne Rebecca Carter. Elle alerte ainsi le mâle dominant, qui chasse l’importun et peut s’accoupler ensuite.

Quand le mâle s’en prend aux petits

Chez les grizzlis, les ours noirs et polaires, le mâle reste avec la femelle pour s’accoupler et s’éclipse après. La mère élève seule ses petits d’environ 18 mois (ours noir) à plus de 3 ans (grizzli).

Comme l’allaitement l’empêche d’être fertile, certains mâles vont tuer ses oursons pour qu’elle redevienne réceptive et porte sa lignée, sauf s’ils se rappellent avoir déjà copulé avec elle.

Les femelles ours ont ainsi développé une stratégie : s’accoupler avec un maximum de mâles pour réduire le risque d’infanticide.

Un ours noir photographié dans un arbre.

Un ours noir, au Yukon. (Photo d'archives)

Photo : Fournie par le Gouvernement du Yukon

On appelle ça la confusion de paternité, dit Kathreen Ruckstuhl, professeure spécialiste en comportement animal à l’Université de Calgary.

On retrouve cette stratégie chez d’autres espèces du Yukon, dit-elle, comme le spermophile arctique.

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