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Dès son arrivée sur place, le président a réaffirmé la souveraineté française sur l’unique territoire d’outre-mer situé dans l’Atlantique Nord, où il doit recevoir, dimanche, le premier ministre canadien, Mark Carney.
Emmanuel Macron à son arrivée sur le territoire de Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Pierre, le 19 septembre 2026. Parfois, cela va mieux en le disant. Emmanuel Macron a martelé, dès son arrivée samedi 19 septembre soir à Saint-Pierre-et-Miquelon, en plein Atlantique Nord, que ce territoire était bien « français » et « attaché à la France », en réplique à une carte postée par Donald Trump qui couvre toute la région du drapeau des Etats-Unis.
« C’est une évidence », il n’y a « pas de discussion », a déclaré le président français. « On ne va pas [l’]affirmer tous les matins parce que des gens ont des idées étranges ou disent des choses étranges », a-t-il ajouté dans le petit archipel, à 4 300 kilomètres de Paris, pour une visite de deux jours à forte consonance géopolitique.
Le chef de l’Etat français accueillera, dimanche, le premier ministre canadien, Mark Carney, à Saint-Pierre, une première dans l’histoire locale, à quelques kilomètres des côtes canadiennes et quelques jours de mer du Groenland, nouvel enjeu stratégique autour de l’Arctique.
« Ça envoie un message fort », a-t-il souligné, face à un président américain tonitruant qui considère cette partie du monde comme sa chasse gardée et menace régulièrement d’annexer le Canada, auquel il livre une guerre commerciale sans merci. Donald Trump semble avoir au moins provisoirement mis un terme, vendredi, à ses visées sur le Groenland en concluant un accord avec le Danemark de « sécurité » sur ce territoire autonome du Royaume.
« La souveraineté danoise est respectée, le droit international est respecté (…) tout ce qui va dans le sens de l’apaisement est une bonne chose », a réagi Emmanuel Macron en se refusant à commenter une éventuelle « reculade » du président Trump.
Enjeux énergétiques et économiques
A la recherche d’autres sources d’approvisionnement en pétrole face à la flambée des prix provoquée par la guerre au Moyen-Orient, Emmanuel Macron espère aussi trouver auprès des Canadiens, gros producteurs, des solutions alternatives. Il a notamment souhaité que « plus de gaz liquéfié [canadien] aille vers la façade atlantique » et donc l’Europe et mis l’accent, plus largement, sur de nouvelles « perspectives de coopération » avec le Canada.
Mark Carney revient de son côté tout juste de Strasbourg où il a acté, jeudi, un rapprochement majeur entre son pays et l’Union européenne, déclenchant au passage une nouvelle colère du président américain qui a promis de riposter à coups de sanctions.
Emmanuel Macron va tenter aussi de répondre aux attentes de ce petit archipel de 5 800 habitants miné par la fin de l’âge d’or de la pêche à la morue, qui conjugue vie chère, déclin démographique et menace climatique. Cela devrait se traduire par des annonces sur plusieurs dossiers sensibles, du déplacement du village de Miquelon, menacé par la montée des eaux, à la réhabilitation du port de Saint-Pierre, dont certains quais menacent de s’effondrer.
Le déménagement de Miquelon, un chantier titanesque à l’échelle de l’archipel, s’apprête à entrer dans sa deuxième phase, qui nécessite 25 millions d’euros, selon les élus locaux. Pour l’heure, une douzaine de maisons ont été construites sur un nouveau site plus en hauteur, à 1,5 kilomètre de là, pour échapper à la montée des eaux. Mais le projet s’annonce long et il est loin de faire l’unanimité.
Le chef de l’Etat va aussi faire des « annonces » sur les moyens militaires de l’archipel, où seul un vieux patrouilleur est stationné et dont le remplacement tarde.
« Marquer une nouvelle page »
Les attentes restent grandes vis-à-vis du Canada sur les quotas de pêche, après la violente guerre de « la morue » dans les années 1980, sans compter le contentieux sur la délimitation du plateau continental de la France dans cette zone. « L’objectif de cette visite est de marquer une nouvelle page », a déclaré Emmanuel Macron, en rappelant « l’année très dure », en 1992, qui avait scellé le sort de la pêche à la morue dans l’archipel.
Unique territoire français d’outre-mer situé dans l’Atlantique Nord, Saint-Pierre-et-Miquelon, qui se cherche une nouvelle vocation économique, mise désormais sur le spatial, grâce à son positionnement géographique. L’archipel abrite déjà une station satellitaire au sol pour le compte du système de navigation européen Galileo et deux start-up françaises, Skynopy et Look up, vont faire des annonces dans ce domaine à l’occasion de la visite.
Saint-Pierre-et-Miquelon espère aussi se retrouver sur la route d’un projet de câble numérique qui doit relier la Bretagne à New York et qui lui permettrait de sécuriser des flux de données dans le domaine spatial. Autant d’investissements qui « montrent le caractère stratégique de l’île », s’est félicité Emmanuel Macron.
Le Monde avec AFP


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