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Par Le Figaro avec AFP
Le 25 mars 2026 à 07h03
Une élue PS de Saint-Denis, Oriane Filhol, a démissionné en dénonçant des liens présumés entre le maire LFI Bally Bagayoko et Mouloud Bezzouh, le commanditaire de son agression, récemment condamné.
Passer la publicité Passer la publicitéUne élue PS a annoncé sa démission du conseil municipal de Saint-Denis en dénonçant des liens entre le nouveau maire LFI et le commanditaire de son agression, condamné mardi en appel pour ces violences et que l'édile affirme ne pas connaître «personnellement». Au bord des larmes à la sortie de la salle d'audience, Oriane Filhol, 34 ans, a indiqué qu'elle ne se sentait «pas en sécurité dans ce conseil municipal, sachant justement les relations entre le nouveau maire et le commanditaire de mon agression».
Le 16 mars, au lendemain de l'élection perdue par la liste socialiste, Oriane Filhol avait, depuis son bureau qu'elle était en train de vider, pris en photo le nouveau maire Bally Bagayoko et le commanditaire de son agression Mouloud Bezzouh ayant, selon elle, «une discussion qui a duré de nombreuses minutes et qui s'est terminée par une poignée de main très chaleureuse».
«Une élue qui a toujours été digne»
Sur les images consultées par l'AFP, on peut voir les deux hommes discuter seuls sur le parvis de l'hôtel de ville. Le nouveau maire LFI a réagi à cette annonce de démission en disant «apporte(r) tout (s)on soutien» à Oriane Filhol, pour qui il témoigne avoir «un profond respect», mais s'est déclaré «consterné par cette faute politique grave».
«Pour la grandeur de ce qu'elle est, c'est-à-dire une élue qui a toujours été digne», Bally Bagayoko juge «extrêmement grave» et «totalement irresponsable», le fait «qu'elle démissionne au regard des supposées accointances que j'aurais avec l'auteur des faits». Dans un entretien téléphonique avec l'AFP, le maire de la deuxième ville d'Île-de-France après Paris a affirmé qu'il ne «connai(ssait) pas personnellement ce M. Bezzouh», n'ayant avec lui qu'un lien «purement de relations publiques».
Trois habitants condamnés début 2024 pour ces violences
La bataille électorale qui vient de s'achever à Saint-Denis-Pierrefitte a été d'une rare âpreté, les entourages des deux candidats (PS et LFI) multipliant les polémiques et accusations. Mouloud Bezzouh, 59 ans, a été reconnu mardi par la cour d'appel de Paris coupable d'avoir envoyé trois jeunes en décembre 2023, contre la promesse de rémunération, passer à tabac la jeune femme, alors adjointe en charge des questions de solidarité et de droits des femmes.
Il a été condamné à quatre ans de prison assortis d'un sursis probatoire de deux ans, une peine inférieure aux cinq années dont trois ferme infligée en première instance. Lors de l'audience en appel, l'entrepreneur avait nié les faits, se bornant à répéter à la barre qu'il n'avait «rien à voir dans cette histoire». Trois habitants de Saint-Denis, âgés de 18 à 22 ans, condamnés début 2024 pour ces violences, avaient expliqué s'être vu promettre 2.500 euros chacun par un mystérieux commanditaire, pour frapper une personne qu'ils ne connaissaient pas.


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