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Lors d’un échange avec l’Alliance des Etats du Sahel, qui regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso, le chef de la diplomatie russe et les leaders putschistes se sont accordés pour poursuivre « leur coopération dans les domaines politique, diplomatique, sécuritaire, économique et social ».

Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, et le général Abdourahamane Tiani, le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, à Niamey (Niger), le 8 juillet 2026. Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, et le général Abdourahamane Tiani, le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, à Niamey (Niger), le 8 juillet 2026.

La Russie renforce son soutien aux régimes putschistes du Sahel. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, s’est rendu, mercredi 8 juillet, à Niamey, capitale du Niger, où il a participé à la deuxième session de consultations entre la Russie et les chefs de la diplomatie du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunis dans l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

La Russie « a confirmé sa volonté de poursuivre son soutien » militaire aux Etats membres de l’AES, ont déclaré les deux parties dans un communiqué conjoint publié mercredi soir. Le Mali, le Niger et le Burkina sont dirigés par des régimes militaires, arrivés au pouvoir par des putschs entre 2020 et 2023, qui ont tourné le dos à l’ex-puissance coloniale française pour se rapprocher de la Russie. Les trois pays sahéliens ont quitté la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qu’ils estiment notamment inféodée à la France, et ont formé l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

M. Lavrov et ses homologues des trois pays de la confédération ont tenu une deuxième session de consultations de « haut niveau » à Niamey, selon le communiqué conjoint. Celle-ci intervient plus d’un an après la première, organisée le 1ᵉʳ avril 2025 à Moscou. Elle « avait pour objectifs de consolider davantage les excellentes relations d’amitié, de solidarité et de coopération qui unissent l’AES et la Russie », dit le communiqué.

Les violences djihadistes se poursuivent

Lors de la rencontre, les deux parties ont « réaffirmé leur volonté commune de poursuivre le renforcement de leur coopération dans les domaines politique, diplomatique, sécuritaire, économique et social ». Elles ont exprimé leur satisfaction concernant « l’intensification de leur coopération militaire et militaro-technique », poursuit le texte, ajoutant que la Russie « a confirmé sa volonté de poursuivre son soutien au renforcement des capacités opérationnelles des forces armées des Etats membres de l’AES ».

Moscou et ses alliés de l’AES ont également condamné « les attaques terroristes barbares et ignobles » survenues ces derniers mois dans la région, notamment celles contre le Mali fin avril, mais aussi l’assaut contre l’aéroport du Niger fin janvier.

M. Lavrov, qui s’est également rendu en Ethiopie mardi, a été reçu par le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, selon la télévision publique. Il s’est aussi entretenu en bilatéral avec le ministre des affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, et celui du Burkina, Karamoko Jean-Marie Traoré.

Le Niger et ses voisins du Mali et du Burkina sont confrontés depuis plusieurs années aux violences djihadistes de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique, qui ont fait des milliers de morts. La Russie et sa société de mercenaires privée Wagner, en train d’être regroupés au sein de l’Africa Corps, aident les pays de l’AES à lutter contre ces groupes djihadistes.

Les mercenaires russes ainsi que les armées des trois pays de la confédération sont toutefois régulièrement accusés de commettre des exactions sur les civils dans le Sahel. Moscou a également signé des accords de défense avec les trois pays à qui il a livré des matériels militaires. La Russie coopère aussi avec l’AES dans les domaines de l’énergie et des mines notamment.

Le Monde avec AFP