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Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador refuse de rembourser les frais de déplacement d’une patiente qui a voyagé en Ontario et dont la chirurgie a été annulée à la dernière minute.
J’étais prête et je passais par les portes de la salle d’opération quand mon intervention a été annulée, raconte Natalie Warren. C’était déchirant.
Lors de l’intervention, programmée le 3 décembre, un neuroradiologue de l’Hôpital d’Ottawa aurait dû placer une endoprothèse dans son artère carotide gauche. La paroi interne de ses deux carotides est déchirée, formant un hématome qui bloque le flux sanguin et augmente de façon importante les risques d’AVC.
L’hôpital n’avait pas l’endoprothèse dont j’avais besoin, explique Natalie Warren, qui a subi six mini-AVC depuis l’été dernier et qui souligne que l'annulation de l'intervention n'était pas du tout de sa faute.
La province refuse de lui rembourser les coûts
De retour à Terre-Neuve, Natalie Warren a demandé au Programme d'aide au transport médical de rembourser des coûts de déplacement de 5000 $ pour elle et son conjoint.
Dans sa demande au ministère de la Santé et des Services communautaires, elle a inclus une lettre de sa neurologue indiquant que la chirurgie était nécessaire et qu’il fallait voyager à l’extérieur de la province pour la subir.
Toutefois, selon la réponse qu’elle a reçue du ministère de la Santé et des Services communautaires, le 3 février dernier, le déplacement n’était pas admissible au programme puisqu’il avait été entrepris pour obtenir un deuxième avis. Une décision qui a bouleversé Natalie Warren.
On ne me donne pas une endoprothèse pour le fun, souligne l'ancienne infirmière, qui ne peut pas travailler en raison de son état de santé et qui dépend de programmes d’assistance gouvernementaux pour payer ses factures.
Ce n’est pas une chirurgie esthétique, ce n’est pas une chirurgie non urgente, c’est une intervention dont j’ai besoin pour survivre.
Les dettes s’accumulent
Natalie Warren raconte que, le lendemain de la décision du ministère, elle a eu une rencontre virtuelle avec un autre médecin, celui-ci basé à Toronto, qui lui a suggéré de se rendre à l’hôpital St. Michael’s, dans la capitale ontarienne, le plus rapidement possible.
Natalie Warren explique qu’elle avait déjà de la difficulté à rembourser sa dette de carte de crédit et qu’au départ, elle avait hésité avant de programmer la chirurgie à Toronto.
Il a fallu que je choisisse entre ma santé et ma sécurité financière, explique celle qui a finalement réservé ses billets d’avion. Une endoprothèse a été placée dans son artère carotide gauche le 3 mars. Une deuxième endoprothèse sera insérée dans son artère carotide droite mardi.
Je me suis endettée énormément à cause de mes déplacements médicaux.
On est en train de la punir parce qu’elle est malade
Natalie Warren a porté la décision du ministère en appel et a demandé l'aide de son député provincial, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jim Dinn, qui a écrit directement à la ministre de la Santé et des Services communautaires, Lela Evans, le 24 février.
Trois jours après la lettre du leader néo-démocrate, le ministère est revenu sur sa décision et Natalie Warren a reçu un remboursement partiel. Si elle a dépensé 5000 $ pour voyager à Ottawa et subir une chirurgie urgente, le ministère lui a versé seulement 1400 $, précisant qu’il pouvait seulement rembourser trois jours de dépenses en raison de l’annulation de l’intervention.

Le chef du NPD de Terre-Neuve-et-Labrador, Jim Dinn, participe à une mêlée de presse le 28 janvier 2026 à Saint-Jean.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Natalie Warren explique cependant que son médecin lui avait recommandé de réserver une chambre d’hôtel pendant une semaine et qu'elle n’avait pas reprogrammé ses vols parce qu’elle ne savait pas si la province allait rembourser les frais de modification.
Même après mon intervention, ils ne veulent toujours pas lui donner tout le soutien financier dont elle a besoin, déplore Jim Dinn. Cette personne est fauchée parce qu’elle a dû voyager pour un traitement qui ne se fait pas ici.
On est en train de la punir parce qu’elle est malade.
Le programme fonctionne comme il faut, selon la ministre
La ministre Evans rappelle néanmoins que les patients qui dépendent du Programme d'aide au transport médical doivent lire attentivement les politiques encadrant le remboursement des dépenses. Elle soutient que le programme répond aux besoins des patients mais doit aussi être responsable sur le plan fiscal.
Le programme fonctionne comme il faut, estime Lela Evans, qui dit ne pas vouloir commenter directement la situation de Natalie Warren, mais qui ajoute toutefois qu'un remboursement de 1400 $ pour un voyage [lui] paraît normal.

La ministre de la Santé et des Services communautaires de Terre-Neuve-et-Labrador, Lela Evans, répond à une question devant la Chambre d'assemblée à Saint-Jean, le 11 mars 2026.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Elle rappelle que le gouvernement progressiste-conservateur promet de bonifier le programme pour que la province paie complètement les coûts qui sont remboursés à moins de 100 % à l'heure actuelle.
Appel à la réforme
Jim Dinn et Natalie Warren réclament une réforme du Programme d’aide au transport médical pour que les patients puissent se faire rembourser plus facilement les coûts de déplacements pour des services médicaux spécialisés.
Est-ce que tout ça, c'était nécessaire? remarque Natalie Warren. Pas du tout.


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