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La route Douala-Bafoussam a son financement. Un accord de prêt de 212,35 millions d’euros, environ 139,2 milliards de FCFA, a été signé à Bangkok entre Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, et Muhammad Sulaiman Al Jasser, président de la Banque islamique de développement (BID). Il couvre 92 % du coût du projet. Sur la Nationale n°5, les usagers n’ont pas attendu cette signature pour réclamer du bitume.
Ce que prévoit l’accord
Le texte a été paraphé en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, qui se tiennent depuis mardi dans la capitale thaïlandaise. Il finance la réhabilitation du tronçon Douala-Bafoussam, long de 218,9 km, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030.
Le communiqué de la cérémonie parle d’un axe « stratégique pour les activités économiques au Cameroun et dans la sous-région ». Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, était présent aux côtés de la délégation camerounaise.
Côté calendrier, c’est le 2 octobre que Paul Biya a signé le décret habilitant le Minepat à conclure un accord de vente à tempérament avec la BID. Le financement est approuvé depuis mai 2025. Les procédures de pré-qualification des entreprises sont déjà lancées.
Les travaux sont découpés en deux composantes. La première prévoit la réhabilitation de l’axe Échangeur Bekoko, Pont du Nkam, Échangeur Bandjoun, et le prolongement de la pénétrante Ouest de Douala en 2×2 voies sur environ 5 km. Le traitement des points critiques identifiés sur la pénétrante actuelle est aussi au programme.
La seconde porte sur le bitumage de plusieurs axes secondaires :
- Batié, Bamendjou, Bameka, Bafoussam, puis Bameka, Bansoa, Inter R0606, soit environ 30 km pour 30 milliards de FCFA ;
- Bafang, Nkondjock, 54 km, pour 28 milliards ;
- Loum, Tombel, Kumba, 35 km, pour 35 milliards.
S’y ajoute la construction d’infrastructures socio-économiques censées accompagner les investissements routiers.
Le goulot d’étranglement de l’Ouest
La Nationale n°5 relie le port de Douala aux bassins agricoles de l’Ouest. Quand elle se dégrade, ce sont les prix des denrées qui montent à Douala, et les paysans de Bafoussam qui perdent une partie de leur récolte en route.
Le communiqué promet un transport fluidifié et un écoulement facilité des produits agricoles. Rien de neuf dans le discours. On attendait mieux qu’une signature de plus, franchement : le Cameroun a déjà vu passer des annonces sur cet axe.
Mais le décret du 2 octobre et la pré-qualification déjà engagée donnent cette fois un calendrier plus tangible. Le tronçon en piteux état, comme le dit le texte, pourrait enfin faire peau neuve.
Reste la question des délais. Aucune date de démarrage ni de livraison n’est annoncée à ce stade.
En attendant le déblocage des fonds, des travaux seront menés sur le terrain : reconstitution de la chaussée, recyclage des matériaux, couche de fondation en ballast, bouchage des nids-de-poule. Du palliatif, en somme.
Le prêt est signé, les entreprises sont en cours de pré-qualification. Le vrai test viendra de la date de lancement des travaux, que personne n’a encore donnée.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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