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L'enseignant Roger M’bahia a été acquitté de tous les chefs d’accusation qui pesaient contre lui, jeudi, devant la Cour provinciale de l'Île-du-Prince-Édouard à Summerside.
Au terme du dernier jour du procès, le 16 janvier, l’avocate de la défense, Alison Ménard, avait soumis une requête de non-lieu pour insuffisance de preuve. Elle avait fait valoir que les éléments présentés par la Couronne étaient trop faibles pour soutenir les accusations et avait demandé leur rejet.
La juge Nicole Angers a acquiescé jeudi à cette requête, ce qui a mis fin aux procédures.

Alison Ménard, avocate de la défense de Roger M’bahia.
Photo : Radio-Canada / Raphael Caron
Roger M’bahia avait plaidé non coupable à un chef d’accusation d’agression sexuelle et à un chef de contacts sexuels. Il enseignait à l’école Pierre-Chiasson, dans la région de Tignish, depuis environ trois semaines au moment de son arrestation le 29 septembre dernier.
Alison Ménard souligne qu’il s’agit seulement de la deuxième fois en 30 ans de carrière qu’elle obtient un acquittement de cette nature. Elle ajoute que son client est épuisé, mais soulagé par l’issue du procès.
Il est très satisfait du fait que la justice soit faite ici aujourd’hui et puis qu’il puisse reprendre sa vie .
L'avocate précise que son client a dû porter un bracelet électronique pendant environ six mois. L’homme de 49 ans, originaire de la Côte d’Ivoire, était venu travailler dans la province en vertu d'un permis de travail, loin de ses proches.
Il est pris à l’Île-du-Prince-Édouard tout seul, sans logement, sans revenu, et sa famille est outremer, une famille de quatre enfants et une conjointe, explique-t-elle. Dans les circonstances, il s’est senti très isolé et a eu des moments très difficiles ici.
Alison Ménard indique que Roger M’bahia prendra du temps pour réfléchir à son avenir. Elle précise qu’il ne prévoit pas demeurer à l’Île-du-Prince-Édouard.
Une question de langue
Roger M’bahia, qui est unilingue francophone, avait exigé que ses procédures se déroulent entièrement en français, un droit constitutionnel au Canada. Selon Alison Ménard, son client a éprouvé des difficultés à obtenir ces services.
Ce n’est pas tout simplement des droits spéciaux pour des personnes spéciales, ce sont des droits importants, dit-elle. Dans une situation où quelqu’un est accusé d’un crime sérieux, il doit comprendre les procédures et pouvoir instruire son avocat.
Elle souligne notamment que son client n’a jamais reçu de copie de la preuve en français, bien qu’il l’ait demandée.
La juge, le procureur de la Couronne et l’avocate de la défense se sont tous déplacés du Nouveau-Brunswick afin de permettre la tenue du procès en français. Bien que la directrice de l’école ait témoigné en français, les élèves et un policier se sont tous exprimés en anglais, et leurs propos ont été traduits par une interprète.


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