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Quinze jours après une garde à vue controversée, l’eurodéputée LFI Rima Hassan saisit le Défenseur des droits. En cause : des « manquements » policiers, des fuites dans la presse et une qualification précipitée de faits finalement démentis.

Le 2 avril, Rima Hassan est placée en garde à vue par le 2ᵉ district de police judiciaire, convoquée à la suite d'une publication sur X rapidement effacée. Le parquet de Paris annonce qu'elle sera poursuivie pour apologie du terrorisme. Le lendemain, les rédactions bruissent d'une tout autre information : l'eurodéputée aurait eu de la drogue de synthèse dans son sac. Une "source proche du dossier" confirme à l'AFP la présence de "quelques grammes" de 3-MMC. L'affaire prend une tout autre dimension.
Des pratiques policières contestées et une enquête intrusive
Selon son avocat, Me Vincent Brengarth, la garde à vue a été marquée par une série d’irrégularités : placement en cellule sans nécessité avérée, interrogatoires portant sur la pratique religieuse et les « valeurs de la République ».
Affaire Rima Hassan: Darmanin accusé d’orchestrer son lynchage médiatique
Mercredi 8 avril 2026, Gérald Darmanin a saisi l’Inspection générale de la Justice après les révélations explosives du Canard enchaîné. Son porte-parole, Sacha Straub-Kahn, est soupçonné d’avoir alimenté en direct les médias pendant la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan. Une affaire qui met
Le Courrier des StratègesLalaina Andriamparany

La défense dénonce une surveillance dont l'ampleur dépasse largement le cadre d'un délit de presse : géolocalisation téléphonique sur trois mois, exploitation de l'agenda, recherches auprès d'Air France. Des investigations que Brengarth qualifie de "totalement disproportionnées", conduites sous l'autorité du parquet.
Autre point litigieux : la gestion des scellés. Les procès-verbaux mentionnent la présence de 3-MMC (une drogue de synthèse ) avant toute analyse en laboratoire. Or, Rima Hassan affirme avoir précisé immédiatement qu’il s’agissait de CBD légal. Cette déclaration ne figure pas dans le PV, qu’elle a refusé de signer, privant ainsi le parquet d’un élément contradictoire essentiel.
Fuites, emballement médiatique et revirement du parquet
En pleine garde à vue, plusieurs médias relaient la présence supposée de « quelques grammes de drogue de synthèse », information confirmée à l’époque par une source proche du dossier.
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Depuis lundi une certaine presse de droite se livre à des rituels de réjouissance en ayant appris que Rima Hassan
Le Courrier des StratègesCDS

Mais dès le 4 avril, les analyses toxicologiques se révèlent négatives. Le 9 avril, l’enquête pour détention de stupéfiants est classée sans suite. Entre-temps, l’image publique de l’élue est atteinte, dans un contexte politique déjà tendu.
L'enquête ne s'arrête pas au commissariat. Le Canard Enchaîné affirme que Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, a échangé avec plusieurs journalistes pendant l'audition, discutant en temps réel du contenu de la garde à vue. Straub-Kahn dément, porte plainte pour diffamation.

Gérald Darmanin, lui, saisit l'Inspection générale de la justice — geste d'apaisement ou opération de contrôle des dégâts ? Une enquête pour violation du secret de l'enquête avait déjà été ouverte dès le 3 avril, soit le lendemain des faits.
Dans cette affaire, les rapports de force sautent aux yeux : un parquet sous pression politique, une police prompte à qualifier sans preuve, des fuites qui discréditent avant tout jugement, et les médias alimentés par des sources anonymes. Au centre, une élue dont la présomption d’innocence apparaît fragilisée.



























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