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À Bathurst, l’annonce de l’ouverture prochaine de la mine à ciel ouvert de Murray Brook et la réouverture des installations de la mine Caribou motivent toute une communauté. L'entreprise à la tête du projet se prépare à un début de production à la fin de 2028.
Simon Quick, le PDG de Canadian Copper, accueille quelques dizaines de personnes dans la salle du conseil de l’hôtel de ville de Bathurst mercredi pour présenter son projet.
Il est à peine 9 h, mais une trentaine de personnes sont déjà sur place, impatientes d’en apprendre davantage.
Le PDG pointe l’un de ses employés et explique qu’il faut s’adresser à lui pour obtenir de l’information sur les offres d’emploi éventuelles.

Simon Quick, PDG de Canadian Copper, s'adresse aux personnes venues à la rencontre publique.
Photo : Radio-Canada
Le geste peut paraître prématuré. Après tout, il ne s’est même pas écoulé 24 heures depuis l’annonce officielle du projet, faite en compagnie de représentants du gouvernement provincial.
Pourtant, certains futurs employés sont peut-être déjà sur place.
Jeff Cormier espère d’ailleurs pouvoir déposer son curriculum vitae bientôt.
J’ai été dans l’industrie depuis que j'ai 19 ans. Aujourd’hui, j’ai 51 ans. J’ai passé les trois quarts de ma vie à m’enfuir en avion pour travailler. Aujourd’hui, je me cherche de l’emploi pour rester à la maison, passer plus de temps avec la famille, explique celui qui sera grand-père sous peu.
Jeff Cormier a travaillé dans toutes les mines ouvertes dans la région ces 30 dernières années, tout en voyageant pour le travail pendant les périodes creuses.

Jeff Cormier espère que la reprise des activités va lui permettre de rester dans la région.
Photo : Radio-Canada
Il connaît donc très bien le camp minier de Bathurst, qui abrite le gisement de Murray Brook et la mine Caribou, notamment.
Mais, son métier, par sa nature axé sur la découverte, n’est pour autant pas redondant à ses yeux.
Je trouve que c'est excitant, parce que je ne suis pas assis dans un bâtiment. Il y a toujours de nouvelles choses excitantes, dit-il.
Des occasions alléchantes pour des entreprises
À cette rencontre publique, il n’y avait pas que des travailleurs, mais des entreprises aussi.
Leur domaine d’activité est bien varié, de l’équipement minier aux services médicaux. Toutes celles présentes espèrent pouvoir décrocher un contrat.
Dans la foule, il y a aussi Megan Chamberlain, la directrice générale de la Chambre de commerce Chaleur.
C’est sûr que ça va amener le monde dans la région, puis ils vont venir ici pour acheter, magasiner, les restaurants, n’importe quoi, se réjouit-elle, en soulignant les 115 emplois que doit créer l’ouverture de la mine et les dizaines de postes nécessaires pour la construction.

Megan Chamberlain est la directrice générale de la Chambre de commerce Chaleur.
Photo : Radio-Canada
Parmi ses membres, certains pourraient aussi profiter d’un approvisionnement en matières premières de proximité.
Ça va aider à travailler avec les entreprises qui fait de la batterie, les éoliennes, mais aussi les panneaux solaires, dit Megan Chamberlain.
La composition du sol
Canadian Copper estime que le gisement de Murray Brook est riche en zinc, en argent, en or et en plomb. Mais, la composition exacte et même l’exploitation première doivent encore être déterminées.

La foreuse de Geominex
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Sur le terrain, sous un soleil plombant, des employés de Geominex retirent un cylindre qui se trouvait à plus de 100 mètres de profondeur, grâce à leur foreuse.
Pour l'œil amateur, ça ne semble être qu’un cylindre bien taillé, fait de roches.
Pour le connaisseur, c’est plutôt un échantillon, une carotte pour utiliser le terme précis, sur lequel il est possible de distinguer les minéraux qui composent le sol.

Des carottes extraites du sol de Murray Brook
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Simon Quick, le PDG de Canadian Copper, veut attendre ces résultats avant de retenir des acheteurs pour son produit final. Le type de minéraux extrait permettra de faire une meilleure sélection des acheteurs potentiels.
Des facteurs économiques
Le plan de l’entreprise consiste à extraire de larges roches du gisement de Murray Brook pour les transporter aux installations de la mine Caribou, où les minéraux seront séparés.
Canadian Copper s’est porté acquéreur de la mine Caribou, non pas pour l’exploiter pour l’instant, mais pour ses installations.
L’entreprise compte d'ailleurs faire construire une route de 17 kilomètres pour relier les deux sites du camp minier de Bathurst.

Jim Walker est un ex-géologue du gouvernement du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada
Jim Walker, un ex-géologue du gouvernement du Nouveau-Brunswick qui a habité 36 ans à Bathurst, estime qu’en procédant ainsi, l’entreprise simplifie grandement les étapes pour débuter sa production.
Vous pouvez acheter les composantes une fois que vous connaissez le modèle de l’usine. Et, les ingénieurs de procédés et ingénieurs métallurgistes doivent en faire le design. Il n’y en a pas deux identiques, parce que chaque minerai est un peu différent selon le produit que vous voulez extraire, dit-il en soulignant qu’il faut au moins 100 millions de dollars pour un tel projet.
Canadian Copper indique qu’il lui faudra seulement 70 millions de dollars pour relancer l’usine de la mine Caribou.
Une telle économie pourrait être d’importance, selon Jim Walker.
Le géologue retraité depuis peu explique que de nombreux facteurs économiques, comme le prix de l’essence et le prix des minéraux, peuvent rapidement rendre un projet rentable ou déficitaire.
Vous ne savez jamais. Si vous mettez une mine en activité aujourd’hui, et les prix doubles, le prix des minéraux double, il y a des ressources autour qui n’étaient pas viables économiquement, mais qui le sont aujourd’hui, explique-t-il. Nous avons des ressources dans le sol au Nouveau-Brunswick qui pourraient être exploitées s’il y avait des conditions économiques favorables.
La baisse d’activités minières au Camp minier de Bathurst ces dernières décennies, y compris leur absence plus récemment, n’est attribuable à ses yeux qu’aux facteurs économiques. Les ressources naturelles sont toujours nombreuses, selon lui.
La formation de futurs employés
À côté des bureaux du ministère des Ressources naturelles à Bathurst, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé officiellement le transfert de la mine Caribou à l’entreprise.
Fredericton s’en chargeait depuis 2023 après que l’ancien propriétaire se fut placé à l’abri de ses créanciers.

Le ministre des Ressources naturelles, John Herron, lors de l'annonce
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Sur place, les élus présentent tous le projet de Canadian Copper comme étant le premier de la relance du secteur minier dans la région, mais aussi, dans une certaine mesure, de la province.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick s’est doté d’une stratégie minière plus tôt cette année.
Dans la foule devant les politiciens se trouve Nancy Savoie, doyenne associée au développement sectoriel à l'École des Pêches et Ressources naturelles du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB).
Comme les autres personnes à l’annonce, elle est ravie de constater ce vent d’espoir pour ce secteur presque réduit à néant dans la province.
Le CCNB offre à son campus de Bathurst l’unique programme en technologies minières de la province.
D’avoir un projet minier sur la table actuellement, c’est certain que ça va apporter quelque chose de positif pour le programme, dit-elle.

Nancy Savoie, du CCNB
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Nancy Savoie dit qu’il est plus facile d’attirer de futurs étudiants lorsqu’il y a une occasion d’emploi dans la province, qui ne se résume pas qu'à de l’exploration minière.
D’ailleurs, elle n’était pas à l’annonce que pour constater l’engouement des personnes présentes, mais elle en a aussi profité pour serrer la main de Simon Quick, le PDG de Canadian Copper.
Certain qu’on va se parler dans les prochaines semaines. Certain qu’on peut offrir plusieurs services de notre côté. C’est certain qu’on a les étudiants, mais on a aussi de la formation continue qu’on peut mettre sur pied selon les besoins de l’employeur, explique Nancy Savoie.
Entre-temps, elle espère que l’annonce permettra de combler les quelques places encore vides pour le programme qui débute en septembre.
De son côté, l’entreprise espère pouvoir conclure l’étude d'impact environnemental et faire des embauches pour lancer une exploitation minière vers la fin de 2028.


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