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Amiens a longtemps été un bastion socialiste jusqu’à ce que Gilles de Robien s’en empare en 1989. Depuis, la ville n’était que brièvement repassée à gauche, sous Gilles Demailly (PS) de 2008 à 2014.
Le candidat socialiste de l'union de la gauche hors LFI Frédéric Fauvet a gagné l'élection municipale à Amiens dimanche au terme d'une quadrangulaire, devançant le maire sortant Hubert de Jenlis (divers centre), qui était notamment soutenu par Horizons et LR. M. Fauvet l'a emporté avec 37,71% des suffrages, devant le maire sortant (35,71%), le candidat RN Damien Toumi (14,33%) et la candidate sans étiquette Julia Bellina (12,25%).
Amiens, ville de plus de 130.000 habitants, était une cible pour le PS qui s'est allié avant le premier tour avec le PCF, les écologistes et le mouvement Debout de François Ruffin. Arrivé deuxième à l'issue du premier tour, derrière M. de Jenlis, Frédéric Fauvet, conseiller départemental de la Somme âgé de 57 ans, avait refusé une fusion avec la liste LFI de Samy Olivier, qui avait fait 9,70%.
«J’ai toujours milité à gauche, en particulier au PS»
À Amiens, «la gauche s'est rassemblée, elle sait toujours le faire dans les grands moments», a déclaré à l'AFP M. Fauvet après sa victoire. Au QG de M. de Jenlis, les visages étaient fermés et fatigués. «Je suis surtout triste pour ma ville, triste pour les Amiénois», a réagi le maire sortant auprès de l'AFP. «Il y a eu de la division au premier tour, et la division est mortifère, surtout quand les diviseurs ne prennent pas le temps d'appeler à voter pour leur famille politique et pour éviter que notre ville ne bascule à gauche», a-t-il ajouté.
Amiens a longtemps été un bastion socialiste jusqu'à ce que Gilles de Robien s'en empare en 1989. Depuis, la ville n'était que brièvement repassée à gauche, sous Gilles Demailly (PS) de 2008 à 2014. «J'ai toujours milité à gauche, en particulier au PS», explique à l'AFP M. Fauvet, père de deux enfants, qui a été premier secrétaire fédéral du PS dans la Somme, ainsi que conseiller municipal et adjoint au maire dans une commune proche d'Amiens.
«Politiquement, ma boussole, c’est Olivier Faure»
Délégué général de l'ordre des architectes des Hauts-de-France, il est également engagé dans le monde associatif: il est notamment président de la branche Nord-Ile-de-France de la Fédération Léo-Lagrange. Cet «enfant d'une cité ouvrière, cheminote, d'Amiens» est arrivé à la politique par le syndicalisme étudiant, au sein de l'Unef quand il était étudiant à Amiens.
«Politiquement, ma boussole, c'est Olivier Faure», explique Frédéric Fauvet, qui salue «le pari qu'il a opéré de relever le PS après le quinquennat Hollande». Malgré son engagement au PS, il assure être descendu dans la rue à l'époque, contre la loi Travail et le projet de déchéance de nationalité, une période qui l'a «meurtri».


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