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Élus sur la liste d’union de la gauche, 9 conseillers municipaux insoumis «de combat» vont former dès cette semaine un groupe d’opposition pour «pousser les curseurs à gauche toute» dans la cité des ducs.
Passer la publicité Passer la publicitéIl ne fallait pas les rater. Dimanche soir, à l’hôtel de ville de Nantes, quelques têtes insoumises se sont hissées, de justesse, à l’extrémité du podium sur lequel la maire socialiste, Johanna Rolland, célébrait sa réélection à la tête de la sixième ville de France. Repartie pour un troisième mandat, l’édile a veillé à s’entourer, pour les caméras et la postérité, de ses plus proches alliés écologistes et communistes. Johanna Rolland n’a pas oublié pour autant de remercier - à rebours de la direction nationale du Parti socialiste, dont elle est la numéro 2 - le rôle décisif joué dans sa réélection par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Situation cocasse. Les bouchons de champagne n’avaient pas encore sauté que l’élue rendait ainsi hommage à sa nouvelle opposition de gauche.
Aucune surprise néanmoins là-dessus : les termes de «l’union technique» négociée entre Johanna Rolland et La France insoumise prévoyaient bel et bien une fusion de leurs listes respectives au second tour des municipales, mais sans le moindre accord programmatique. Alors que, sans union, la liste LFI portée par William Aucant n’aurait obtenu qu’une poignée d’élus au sein du conseil municipal, les Insoumis en décrochent neuf et défendront, au bout du compte, leur propre vision pour la cité des ducs depuis les rangs d’une opposition désormais gonflée à 25 conseillers municipaux (sur 69 sièges) - contre 13 au cours de la précédente mandature. Un bilan des courses avantageux pour le mouvement, trop content d’avoir été convié dans la bergerie… par le berger en chef.
Se faire «le relais des colères»
«Johanna Rolland aura désormais un sacré caillou dans sa chaussure : mes camarades insoumis élus pour la ramener vers sa gauche !», a promis, dimanche soir, le député insoumis nantais Andy Kerbrat, sur ses réseaux sociaux, en précisant que les nouveaux conseillers municipaux se feront désormais «le relais des colères et des mobilisations populaires», «face à une majorité socialiste coupée des luttes». Ils pourront également compter sur les élus écologistes de la majorité pour faire pression sur quelques sujets clés, notamment sur les questions de sécurité. Le dialogue entre les deux groupes devrait être aisé : William Aucant est un ancien d’Europe Écologie Les Verts, et Marie Vitoux, la cheffe de file écologiste à Nantes, a été codirectrice de campagne d’Andy Kerbrat.
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«Nous terminons cette élection avec le sentiment du devoir accompli. Les Nantaises et les Nantais peuvent compter sur nos élus de combat pour pousser les curseurs à gauche toute», se réjouit William Aucant, heureux d’avoir su se montrer incontournable pour sécuriser le maintien à gauche de la cité des ducs et la réélection d’une Johanna Rolland apeurée par les résultats du premier tour. L’ex-tête de file de la campagne LFI se satisfait également de la rupture manifeste de l’édile avec les directives du PS qui mettaient en garde les élus contre tout accord avec La France insoumise.
À droite, le candidat défait de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe, n’a pas manqué de souligner le risque de «bordelisation» de l’hôtel de ville. «Je ne félicite pas Johanna Rolland de faire entrer massivement LFI au conseil municipal de la ville de Nantes. C’est un moment triste pour Nantes. Pour sauver son poste, elle a trahi les valeurs de la République», a-t-il lancé dimanche soir, devant ses militants. Par communiqué, le Rassemblement national - éliminé dès le premier tour, avec 4,57% des voix - a également relayé, lundi matin, ses préoccupations sur l’irruption des insoumis au sein du conseil municipal. «En ayant permis l’arrivée massive d’élus d’un mouvement antisémite, communautariste, adepte de la violence et profondément antirépublicain, par un clientélisme abject, Johanna Rolland se vautre dans l’indécence et l’impuissance minable», a fait savoir le parti à la flamme. L’installation du nouveau conseil municipal nantais est attendue vendredi.


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