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La Ville de Québec n’aurait pas besoin d’étendre à l’ensemble de son territoire les interdictions temporaires d’utiliser tout appareil à combustible solide si elle bonifiait ses modèles de prédiction de la qualité de l’air, croit Respect citoyens.
L’opposition à l’hôtel de ville de Québec a présenté mercredi ses recommandations pour améliorer la gestion des particules fines (PM2,5) provenant du chauffage au bois.
La mesure phare de son plan consiste à augmenter le nombre de stations de mesure de la qualité de l’air sur le territoire de la municipalité.
Analyse
Cette proposition s’appuie sur une analyse produite par Éric Bauce, professeur titulaire au Département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval.
À la demande de Respect citoyens, M. Bauce a évalué la précision des outils utilisés par la Ville de Québec pour réaliser des prévisions sur la qualité de l’air.

Éric Bauce (à droite) a présenté les résultats de son analyse sous le regard attentif des trois élus de Respect citoyens.
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier
Selon l’expert, en fonction des modèles utilisés par l’administration Marchand, la probabilité de détecter localement un pic d’émission de particules fines égal ou supérieur à 30 microgrammes de particules fines par mètre cube (µg/m3) est de 1 %.
Éric Bauce attribue ce faible résultat au nombre relativement peu élevé de stations de mesure de la qualité de l’air qu’on retrouve sur le territoire de la ville de Québec. Les stations sont espacées de plusieurs kilomètres, ce qui réduit leur capacité à capter des émissions localement.
Agir localement
M. Bauce soutient qu’en installant 50 stations bien calibrées additionnelles placées à des endroits stratégiques, la probabilité de détecter un pic d’émission locale de 30 µg/m3 passerait à 80 %.
Là, on entre dans quelque chose qui nous permet d'envisager des mesures qui pourraient être faites par secteur plutôt que des mesures globales, fait valoir l’expert.

La Ville de Québec a adopté au cours des dernières années un règlement lui permettant d’interdire temporairement l’utilisation des appareils à combustible solide durant un épisode de smog. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc
Cette idée de pouvoir restreindre temporairement l’utilisation du chauffage au bois uniquement dans les zones où la qualité de l’air est mauvaise séduit le chef de Respect citoyens, Stéphane Lachance, réfractaire à l’imposition d’une solution globale à un problème local.
Peut-être qu'il y a des secteurs à Québec qui sont plus problématiques que d'autres. Pourquoi punir d'autres secteurs où ça va bien? [...] Il n'y a personne qui est contre la qualité de l'air. Tout le monde veut avoir une bonne qualité. Personne ne veut avoir des gens qui subissent les contrecoups de la mauvaise qualité de l'air, mais il faut que ce soit juste pour tout le monde, insiste le chef de Respect citoyens.
Basé sur la météo
Invitée à commenter la proposition de l’opposition, la vice-présidente du comité exécutif et responsable du dossier de la qualité de l’air à la Ville de Québec, Marie-Josée Asselin, a indiqué qu’elle ne s’opposait pas à l’ajout de capteurs sur le territoire de la municipalité.
Elle a toutefois précisé que les décisions d'interdire temporairement le chauffage au bois étaient prises en fonction des conditions météorologiques et non des données provenant des capteurs.

Depuis le début de l'hiver, la Ville de Québec a émis deux interdictions temporaires d'utiliser tout appareil à combustible solide. (Photo d'archives)
Photo : iStock
Même si on avait plus de stations, ça serait difficile de dire : il va venter à 8 km/h à Val-Bélair, puis à 6 km/h en ville. Les modèles sont vraiment basés sur les inversions thermiques, puis une inversion thermique, ce n’est pas à l’échelle d’un quartier, mais de toute la ville. Et quand il y a de faibles vents, c’est pas mal partout, a indiqué Mme Asselin.
Elle a néanmoins convenu que l’ajout de capteurs permettrait de vérifier si les pics de pollution prédits par les modèles prévisionnels s’étaient avérés.
Avec la collaboration de Marie-Pier Mercier


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