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Étant le neuvième chapitre d’une série qui souffle ses 30 bougies, Resident Evil Requiem se veut en quelque sorte une célébration des diverses histoires et propositions des jeux venus avant. Parfois, comme dans le premier du nom (1996) ou dans Resident Evil 7: Biohazard (2017), la frousse est au premier plan. Dans d’autres opus, comme Resident Evil 4 (2005), l’action est prédominante. Avec Requiem, Capcom tente, et réussit habilement, de fusionner les deux identités de la franchise.
C’est grâce aux deux protagonistes que le jeu réussit ce tour de force : le joueur contrôle d’abord la nouvelle venue, Grace Ashcroft, une analyste du FBI qui doit enquêter sur des morts suspectes liées au décès de sa mère.
Elle se retrouve contre son gré embourbée dans un récit plus grand que nature où elle doit, en premier lieu, s’échapper des mains du mystérieux Victor Gideon, qui l’enferme dans un centre de soins. L’évasion de ce manoir labyrinthique, où les morts-vivants retiennent des éléments de leur ancienne vie et où des humains mutés vous traquent sans répit dans les minces corridors, constitue l’une des meilleures séquences qu’a vues naître la série.
En même temps, le vétéran de la série, Leon S. Kennedy (Resident Evil 2, 4 et 6), enquête lui aussi sur Victor Gideon et tente de secourir Grace.
Il devra cependant faire face aux démons du passé — notamment liés à la ville (fictive) de Raccoon City, terrain de jeu des deuxième et troisième opus, qui racontaient l’une des premières épidémies du virus à l’origine des zombies.
Ces deux histoires évoluent en parallèle, le joueur contrôlant chaque personnage en alternance au fur et à mesure que le récit avance et que les chemins se croisent.
Tension et action
Pour les sections où Grace est en contrôle, c’est une tension à faire glacer le sang on ne peut plus maîtrisée qui règne. Chaque balle de pistolet compte, les ennemis et situations étant réellement terrifiants.
Plus axées sur des casse-tête, la discrétion et la gestion des (minces) ressources, ses séquences s’approchent des jeux plus classiques.
À cela s’ajoute un travail d’immersion impeccable tandis que Grace tremble en visant, trébuche en courant ou réagit fortement aux mésaventures irréelles qui lui arrivent. Exactement le même sentiment manette en main : à plus d’une reprise, on retient son souffle en même temps qu’elle et on pousse un soupir synchronisé avec celle qui est à l’écran quand on pense avoir échappé au danger.
Pour Leon, les mêmes ennemis qui frigorifiaient Grace ne sont qu’un obstacle de plus dont il devra se débarrasser à l’aide de son arsenal fourni. Avec des blagues délicieusement ringardes qui font le charme du personnage et des séquences d’action parfois exagérées, mais toujours assumées, comme une poursuite à moto dans les ruines d’une autoroute, l’horreur est moins présente, mais la jouabilité est réglée au quart de tour.
Balance
Si les changements de ton peuvent sembler radicaux — on a parfois l’impression de jouer à deux jeux distincts tant presque tout est différent —, l’équilibre entre les deux perspectives est ficelé d’une main de maître. Il suffit d’accepter que les deux coexistent pour apprécier les 30 ans d’expertise qui sont exposés dans Requiem.
D’autant plus que les transitions entre les deux perspectives sont assez espacées, comme la première moitié de l’aventure est plus centrée sur Grace et la deuxième sur Leon. Il est seulement dommage que cette première moitié soit plus solide que la deuxième en raison de quelques problèmes de rythme vers la fin.
Le récit, à saveur un peu plus personnelle cette fois-ci, aide également à améliorer l’expérience. Étant très ancré dans les (nombreux) jeux venus avant, il est un délice pour les amateurs de la franchise.
Il peut paraître intimidant pour ceux qui voudraient découvrir Resident Evil avec Requiem, mais le jeu se révèle être un excellent portrait de tout ce que peut offrir la série en raison de sa jouabilité et de son duo de protagonistes. Une excellente manière de savoir si les jeux d’horreur de ce type sont votre tasse de thé.
Si la saga Resident Evil est l’épouvante vidéoludique à son meilleur, ce neuvième opus est Resident Evil au plus haut de ce que la franchise peut offrir.


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