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Depuis le début du mouvement des lycéens et de la mobilisation sociale en France, les internautes se montrent de plus en plus critiques envers les influenceurs et attendent d’eux qu’ils prennent position.
Audrey Vermorel - Aujourd'hui à 08:30 | mis à jour aujourd'hui à 08:43 - Temps de lecture :
Ils sont suivis par des milliers d’internautes pour leurs contenus beauté, mode, lifestyle, cuisine ou encore voyage mais leurs vidéos ne suffisent plus à satisfaire leurs abonnés. Depuis le début de la mobilisation des lycéens et du mouvement social, les commentaires sous les publications des influenceurs se font de plus en plus critiques et virulents, notamment après la mobilisation générale du 17 octobre. « Ils préfèrent poster leurs collabs plutôt que de s’intéresser aux vrais problèmes », « “Pensez aux petits commerçants” pendant qu’eux font des collabs avec de grandes marques et jamais gratuitement », peut-on lire sous des vidéos publiées sur Instagram et TikTok.
Le décalage entre un train de vie fastueux, composé de cadeaux, de voyages et d’invitations en tout genre pour les créateurs les plus connus et les revendications contre la vie chère ne passe plus. Leur déconnexion vis-à-vis des préoccupations quotidiennes de leur communauté commence à faire grincer des dents. « On observe un fossé qui se creuse entre les influenceurs, les créateurs de contenus dus à leur mode de vie et leur public. La crise économique et sociale en est un amplificateur : ils n’ont pas le même quotidien, les mêmes préoccupations. Leur modèle économique est aussi mis à mal, notamment avec le placement de produits, puisque beaucoup de Français ont un pouvoir d’achat faible », développe Stéphanie Lukasik, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication. Après le 17 octobre, certains créateurs de contenus ont même fait une pause dans leurs publications ou ont décalé des partages de collaboration commerciale et d’événements qui paraissaient bien malvenus dans ce contexte.
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Ces critiques envers les influenceurs, notamment les plus connus, ne sont pas nouvelles. Cet été, alors que les incendies ravageaient une partie de la France et que les vagues de chaleur n’ont cessé de s’enchaîner, Léna Situations, dans ses « vlogs d’août », confiait à sa caméra ne pas « suffisamment profiter de la vie », tout en affichant un train de vie doré, qui lui a valu une vague de critiques. « Ce sont des personnes en qui ils réussissaient à s’identifier, délaissant les médias traditionnels pour les influenceurs, plus proches d’eux. Mais aujourd’hui, le quotidien que mènent certains grâce à l’influence est trop loin de ce qu’attend le public », poursuit Stéphanie Lukasik.
Plus de transparence et d’engagement
Les influenceurs doivent-ils sortir de leur zone de confort et utiliser leur notoriété pour prendre position ? C’est en tout cas ce que réclament de nombreux internautes, même si « cette communication peut être à double tranchant », signale la spécialiste en sciences de l’information et de la communication. « Cela entraîne souvent une polarisation au sein de la communauté, certains peuvent ne pas comprendre où à l’inverse, trouver ça trop timide. » Si Squeezie ou Léna Situations ont apporté leur soutien aux lycéens et étudiants sur leurs réseaux, d’autres vont plus loin en affichant leur couleur politique, comme le créateur de contenus spécialisé dans le cinéma Regelegorila, marqué à gauche.
Prendre parti et afficher sa prise de position, c’est aussi un risque pour les influenceurs vis-à-vis de leur contrat avec les marques, qui sont l’une de leurs plus importantes sources de revenus. « L’un des arguments économiques principaux quand on travaille dans le marketing d’influence et dans la création de contenu, c’est le nombre d’abonnés », poursuit Stéphanie Lukasik. « Les influenceurs sont dépendants de leur audience, qui reste très volubile. »
Alors, y a-t-il une bonne façon de faire ? S’exposer sur internet entraîne forcément son lot de critiques. « Il faut bien connaître son public et ses attentes pour être en adéquation avec lui, comprendre sa responsabilité vis-à-vis de son influence et appliquer une certaine éthique et une déontologie envers les partenariats que l’on peut accepter », suggère la spécialiste. Les internautes sont plus que jamais en attente de cohérence, de transparence et de plus d’authenticité dans la pratique de l’influence, notamment dans le contexte actuel.


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