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REPORTAGE. "Mon violon n'avait plus que trois cordes" : à Gaza, la musique continue de résonner au milieu des ruines

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Le conservatoire Edward Saïd de Gaza a été détruit pendant la guerre, mais quelques professeurs continuent d’enseigner. Les cours se déroulent désormais sous des tentes, avec des instruments souvent endommagés ou difficiles à remplacer.

Publié le 19/09/2026 14:44

Temps de lecture : 1min

Des enfants palestiniens déplacés s'entraînent et jouent du violon sous des tentes du Conservatoire national de musique Edward Saïd, dans un camp de la ville de Gaza, le 20 mai 2026. (BASHAR TALEB / AFP) Des enfants palestiniens déplacés s'entraînent et jouent du violon sous des tentes du Conservatoire national de musique Edward Saïd, dans un camp de la ville de Gaza, le 20 mai 2026. (BASHAR TALEB / AFP)

Il n’y a plus de murs, mais il reste la musique. Le conservatoire Edward Saïd de Gaza a été détruit par les bombardements israéliens pendant la guerre, mais malgré le manque d’instruments et la mort de plusieurs élèves, une poignée de professeurs continuent d’enseigner la musique au milieu des ruines.

Dans les décombres de Gaza, quelques notes de musique s'échappent des fenêtres d'une maison délabrée. Sama est au violon. Un autre élève joue du oud, un instrument à cordes de la région. "Au début, c'était compliqué de jouer, raconte-t-elle. Mon instrument était abîmé et il était impossible de le faire réparer ou de trouver des cordes. Je ne pouvais plus m'entraîner, mon violon n'avait plus que trois cordes. J'ai continué mon apprentissage avec seulement ces trois cordes. Et puis j'ai trouvé un câble de frein de vélo que j'ai envoyé à mon professeur Ahmed Abu Amsha. Il a réparé l'instrument et grâce à ça, j'ai pu continuer à jouer."

Ahmed Abu Amsha, c'est l'homme qui a composé, il y a un peu plus d'un an, une chanson qui a ému au-delà des frontières de Gaza. Elle s'appelle La chanson des drones et est interprétée par des enfants qui tentent, avec leur voix, de faire oublier l'incessant vrombissement des projectiles de surveillance israéliens.

"L'objectif était très simple : il fallait changer la réalité, transformer quelque chose de mauvais en quelque chose de magnifique, explique-t-il. J'ai pris mon téléphone et j'ai dit aux élèves de chanter. C'était magnifique. Les enfants ont adoré. J'ai enregistré une vidéo, je l'ai postée sur Instagram. Le lendemain, elle avait été vue des millions de fois. L'idée consistait à intégrer ce bruit lié à la guerre, parce que mes élèves ne pouvaient de toute façon pas y échapper. J'ai donc trouvé un moyen de combiner le son des drones et celui de leur voix pour en faire quelque chose de magnifique. Les élèves ne sont désormais plus effrayés par le son des drones. C'était le but de cette chanson."

Les professeurs et les élèves du conservatoire ont tous été déplacés à plusieurs reprises, et les cours se tiennent désormais sous des tentes, au milieu des gravats.

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