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- « La situation est très tendue » : au cœur du centre de crise européen contre les feux ...
Pour la troisième fois de la saison 2026, la France a fait appel à la solidarité européenne pour lutter contre les feux de forêt. Celle-ci est pilotée depuis un centre de crise à Bruxelles qui coordonne l’action des États et déploie des moyens supranationaux.
À Bruxelles, Théo Meunier - Aujourd'hui à 20:31 | mis à jour aujourd'hui à 21:13 - Temps de lecture :
Il était 2 h 07 dans la nuit de mercredi à jeudi lorsque la France a officiellement fait appel au mécanisme de protection civile de l’Union européenne (MPCU) pour lutter contre les feux de forêt qui sévissent en Gironde. Après les feux de Die (Drôme) et de Trévillach (Pyrénées-Orientales), c’est la troisième fois que la France sollicite la solidarité européenne. Lorsqu’un pays demande de l’aide, la Commission européenne est chargée d’évaluer les besoins depuis son centre de crise basé à Bruxelles (Belgique) pour ensuite envoyer au plus vite des moyens matériels et humains sur le terrain.
Dans ces bureaux vitrés branchés sur les fuseaux horaires du monde entier, 25 experts travaillent jour et nuit pour épauler les États dans la lutte contre les feux de forêt entre juin et septembre. « On a des météorologues et des experts nationaux qui sont un support important du fait de leurs contacts privilégiés avec les États membres », expose Robin Fichera, chargé de programme au sein du centre bruxellois. « La nouveauté cette année, c’est la présence d’un analyste comportemental des feux de forêt qui projette l’évolution des feux. Les États sont très en demande de ces informations », ajoute-t-il.
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À Bruxelles, 25 experts travaillent jour et nuit pour épauler les États européens dans la lutte contre les feux de forêt entre juin et septembre. Photo Pierre-Yves Jortay
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À Bruxelles, 25 experts travaillent jour et nuit pour épauler les États européens dans la lutte contre les feux de forêt entre juin et septembre. Photo Pierre-Yves Jortay
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À Bruxelles, 25 experts travaillent jour et nuit pour épauler les États européens dans la lutte contre les feux de forêt entre juin et septembre. Photo Pierre-Yves Jortay
Flotte mobilisable et pompiers prépositionnés
L’entraide européenne s’articule sur trois niveaux. Les 27 pays membres de l’UE et les 10 pays partenaires (*) peuvent d’abord proposer leur aide de façon spontanée. On pioche ensuite dans le pool européen de protection civile (ECPP) qui repose sur l’engagement volontaire des capacités étatiques. Enfin, pour remédier à une éventuelle saturation des moyens étatiques, l’UE s’est dotée depuis 2019 du mécanisme rescEU : une flotte supranationale prête à être déployée en fonction des besoins. Ce dispositif européen est une réserve stratégique mobilisable lorsque l’Europe doit faire face à de nombreux feux importants simultanément. Pour gagner du temps en cas d’intervention, l’UE a prépositionné 777 sapeurs-pompiers dans six pays à risque (France, Espagne, Portugal, Grèce, Malte, Chypre). Dans ce cadre, la France a accueilli cette année 146 pompiers grecs, italiens, roumains et slovaques.
Deux avions rescEU en provenance du Portugal, un hélicoptère venant de la Slovaquie et un autre de République tchèque doivent arriver vendredi en Gironde. Un avion en provenance de la Croatie doit aussi atterrir à Nîmes (Gard) pour intervenir sur d’autres feux. « Depuis ce matin, les requêtes changent en fonction de la situation, des conditions météo et des moyens disponibles », témoignait Robin Fichera au cœur de l’après-midi de ce jeudi. Le service de cartographie de Copernicus doit également fournir des images satellitaires pour aider les intervenants au sol. « Les 24 prochaines heures vont être critiques. À partir de samedi, on prévoit des vents de plus de 50 km/h en Gironde. Il se peut que les feux aillent trop vite pour des troupes terrestres », se projette-t-il.
« Établir un plan d’action »
L’intérêt du centre de crise est d’avoir une vue d’ensemble sur les risques au niveau continental pour coordonner la lutte. Le centre de crise s’appuie notamment sur 18 avions rescEU. « Tous les matins avant 10 heures, les États doivent nous dire si les avions sont disponibles ou non. À partir de là, on peut établir un plan d’action », détaille Robin Fichera.
Seule la France a actuellement activé le mécanisme d’aide européen. Mais la situation pourrait bien vite évoluer. « L’Espagne, l’Italie et le Portugal sont en pré-alerte. La situation actuelle est très tendue sur toute l’Europe. Certains pays ont besoin de leurs ressources pour eux et on sait qu’ils pourraient déclencher un mécanisme d’aide dans les prochains jours », craint le chargé d’affaires du centre de coordination de la réaction d’urgence. Durant la saison 2025, 17 pays ont demandé de l’assistance dont cinq activations simultanées. « Le problème des feux de forêt, c’est que ça ne prévient pas. Très vite, la situation peut dégénérer et tout peut s’embraser. En conséquence, les moyens sont moindres et les pays sont moins enclins à apporter leur aide pour ne pas mettre leur sécurité nationale à défaut », expose Robin Fichera.
(*) L’Islande, la Norvège, l’Ukraine, la Moldavie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, l’Albanie et la Turquie.


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